Pinard
conseil, et monsieur Bigres, conseiller du roi, receveur et payeur des gages de messieurs les officiers du grand conseil, demandèrent à la communauté de leur permettre à chacun de placer un banc dans le chœur, dans un lieu près du clocher où cela ne devait causer aucune incommodité. Ils promettaient de donner 100 livres l’un et l’autre*.
Deux ans plus tard (3o août 170G), madame Tranché de Trememont, fille de feu monsieur de Machault, conseiller au Parlement, demanda qu’on lui permît d’occuper le banc que son père avait jadis placé en l’église. En retour, elle s’engageait à donner 100 livres*.
Les religieux de Saint-Germain-des-prés accordèrent à Gilles-Edouard le Bouillier, curé de Yalenton, acceptant pour l’œuvre et fabrique de la paroisse, un terrain sis dans cette commune. 11 contenait deux perches et demie de superficie et tenait d’une part à la cour de la ferme seigneuriale, de l’autre au jardin du presbytère et à la nouvelle sacristie. Celte cession était faite moyennant un sol de cens et 2 sols de rente. La fabrique s’engageait à construire entre ce terrain et la cour seigneuriale un mur long de 8 à 9 toises1 * 3.
Il convient de relater ici un incident qui marqua la prise de possession de l’église par les religieux de Saint-Germain qui avaient la terre de Yalenton, antérieurement aliénée par l’abbaye. Le 22 mars i6(i3, Dom Lucien Godard, procureur, et Jean Barré, cellérier du monastère, accompagnés du prévôt et des autres officiers, entrèrent dans le temple saint, prièrent devant l’autel, s’assirent au banc seigneurial, en présence du sieur de Machault, conseiller du roi, et 3o ou [\ o personnes. Personne ne protesta. 11 n’en fut pas de même lorsque le i5 mai suivant, jour de la Pentecôte, l’huissier du roi voulut installer les officiers de Saint- Germain-des-Prés. Il trouva au banc seigneurial Jean Martin, procureur fiscal, et le sieur Challat, domestique de monsieur de Beauvais et de Marie Nourrisson, les anciens propriétaires. Le dernier avait des armes et portait une épée au côté. 11 saisit au col l’huissier et tenta de l’empêcher de publier les arrêts et ordonnances, ce qui causa tumulte et scandale. Ces circonstances témoignent que ceux qui détenaient les
1. Arch. nat. LL. io43, p. 137. Ghap. conv., Bib. nat., ms.fr. 16867, p. 378.
a. Ici., ms. fr. 16867, P- 4oa.