MAULE
Maule était le clief-lieu d’un fisc important, comme nous l’indique le Polyptyque d’Irminon. L’abbaye de Saint-Germain-des-Prés y avait des possessions considérables ainsi que dans plusieurs localités environnantes. Dans l’étendue de Maule même elle comptait 3- manses ingénuiles et 14 manses serviles comprenant 42/4 bonniers de terres labourables, 42 arpents de vignes et 4o arpents de prés. A ces biens venaient encore s’ajouter une propriété de 16 bonniers, 1 hospice contenant 1 journal, et 1 manse seigneurial composé d’une chapelle, maison d'habitation et dépendances, de 270 bonniers de terres labourables, de 100 bonniers de bois et de 20 arpents de pré. Les trois moulins qui relevaient de ce dernier fief produisaient annuellement 3oo muids de mouturage. Si nous convertissons ces anciennes mesures en hectares, nous rappelant que le bonnier vaut 128 ares 32, l’arpent 12 ares 42, nous trouvons que les religieux Bénédictins possédaient, à Maide, envi-
1. Dubreul, Chronique, ms. lat. 12838, p. 137; Bouillart, p. 137; Lebeuf, t. III, p. 3o4.
2. Canton de Meulan, arrondissement de Versailles (Seine-et-Oise).
ron q3o hectares de terres labourables, 128 hectares de bois, 7 hectares de prés, 5 hectares de vignes et 3 moulins1.
Au XIe siècle, suivant M. Longnon "2, Manie avait des seigneurs laïques, qui tiraient leur origine d’un chevalier parisien, contemporain du roi Robert et nommé Ansoud le Riche. 11 est à présumer qu’ils tenaient, à l’origine, leur fief de l’abbaye de Sâint-Germain-des-Prés.
Ce qui nous porte à le croire, c’est que l’un d’eux, Pierre de Maule, figurait vers 1 180 au nombre des vassaux de ce monastère pour 5 sous qu’il recevait à la Saint-Germain et 5 autres qu’il touchait à la Saint-Remy 8.
A cette époque, un pou illé du diocèse de Chartres, rédigé au XIIIe siècle, nous atteste que Maule avait trois églises, dont deux portaient les noms de saint Germain et de saint Vincent. C’est une preuve (pie des liens intimes unissaient jadis ce village et le célèbre monastère parisien 4.
En 1233. Hugues Bouvenel et son fils, Guillaume, accordèrent, l’un, 10 sols, l’autre, 2 solsparisis de rente cà l’abbaye de Saint-Germain-des- Prés, pour le bien de leur âme. Cette redevance devait être payée tous les ans sur les cens qu’ils percevaient à Maule. Leur suzerain, Pierre de Maule, confirma cette donation5.
Nous lisons dans le cartulaire de la pitancerie, rédigé en 1270, ce qui suit : « X Ralendas aprilis (23 mars), anniversarium Idugonis dicti Bouvenel de xii solidis parisiis, quos percipimus apud Mauliam, in feslo cathedre sancti Pétri, in censu domini Guillelmi Bouvenel, militis6. »
En 1372, Jacques du Buat, chanoine de Saint-Paul et de Saint-Denis en France, donna sa maison du Buat7 au prieuré de Maule. Une rue de cette localité porte encore le nom de ce généreux bienfaiteur \
• 1. Polyptyque, p. 279.
2. Bulletin delà Société de l’histoire de Puris, 1879, p. 1 3 2 - 1 4 4 •