Fouillé de Versailles, abbé Gauthier
riots, — et au merrain nécessaire à tous leurs instruments aratoires qu’ils recevaient de la main du forestier. Ils pouvaient également prendre de l’herbe pour leurs animaux de trait en donnant, par année, deux journées de charroi par attelage. »
En outre, chaque maison, en donnant 6 gerbes par an, recevait un chartil1 tous les trois ans. En payant un setier de vin par arpent de vigne, on pouvait exiger tous les pieux et échalas qui étaient nécessaires.
Pour chaque vache envoyée au pâturage dans la forêt communale, on devait fournir un denier. Non loin du village se trouve un emplacement qui a conservé le nom de Trichoit,
Tricher, dans le langage du pays, signifie trier. Là, chaque soir, se faisait le triage des bestiaux à leur retour des pâturages communaux. Pour les fruits de la rase forêt, chacun donnait une poule ou deux deniers, à moins qu’il ne fût prouvé que le fruit avait manqué. Pour la ramée du bois, chaque maison payait trois œufs, à Pâques. Chaque pêcheur avait droit tous les ans à une fourche d’arbre pour laquelle, aux Rogations, il fournissait en échange six écus (nummatas) de poissons (?)*.
CRESPIERES
Nous l’avons déjà vu, les revenus de Crespières sont toujours affermés avec ceux de Bouafle. Nous avons peu de renseignements sur cette localité.
Une légende, transmise par la tradition, fait connaître l’origine du nom de Crespières. Lors de la peste noire qui ravagea la France, en i348, le village perdit la moitié de ses habitants, tandis que les communes environnantes étaient presque épargnées par le fléau. Les hommes valides, mus par un mouvement de charité, pour empêcher la terrible maladie contagieuse de se propager au loin, eurent
i. Chartel (longue charrette).
a. Monographie communale. Collection Février.
l’heureuse idée de planter, à de faibles distances les uns des autres, dans le périmètre de leur territoire, des crêpes en signe de deuil, afin d’éloigner les voyageurs du foyer de la contagion. De là, dit-on, vient le nom de Crespières, par corruption des mots : crêpes noires '.
L 'église date du XIIe siècle. Le prieur de Saint-Martin-des-Champs présentait à la cure \
On prélevait sur les revenus de Bouafle :
i° x sols pour l’anniversaire (Karoli imperatoris), probablement de Charlemagne, fixé au V des calendes de février ou le 28 janvier ;
20 xl sols pour l’anniversaire d’Emeline, mairesse de Cachant, fixé au XIII des calendes d’avril ou le 20 mars ;
3° xl sols, pour l’anniversaire de Louis (de Gasteneto), fixé au IV des calendes d’avril ou le 24 mars;
4° xxx sols pour l’anniversaire de Gilon de Nou, fixé au XII des calendes de mai ou le 20 avril ;
5° xxx sols pour l’octave de l’abbé Simon, fixée au VII des ides de juin, ou le 7 du même mois;
6° xl sols pour l’anniversaire du roi Philippe, fixé au II des ides de juillet, ou le 14 de ce mois ;
70 xx sols pour l’anniversaire de Philippe et Victor, fixé au IV des nones d’août ou au 2 de ce mois ;
8° xxx sols parisis pour l’anniversaire de Pierre de Thiais, fixé au III des ides de septembre ou le 1 1 du même mois ;
90 x sols parisis pour l’anniversaire de maître Albert, fixé au VIII des ides de novembre ou le 6 du même mois ;
io° xl sols pour l’anniversaire de Mathieu de Thesennes, fixé au II des ides de novembre ou le 1 2 du même mois ;
1 1° xl sols parisis pour l’anniversaire de Henri de Crone, fixé au VI des calendes de décembre ou le 26 novembre ;
i2° xxx sols parisis pour l’anniversaire de Robert de Moret, fixé au II des ides de décembre ou le 1 2 de ce mois ;
i3° xx sols pour la pitance du monastère, le XVII des calendes de janvier ou le iG décembre, jour où l’on chante l’antienne : O Sapientia 3.
x. Monographie de Seine-et-Oise.