‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 3)Chapitre 200 sur 261 · Tanon, Justice de Paris, p · texte numérisé non relu

Tanon, Justice de Paris, p

dépassaient pas 60 sols, ainsi que les profits, amendes et émoluments s’élevant jusqu’à la dite somme, qui pouvaient échoir audit lieu. Un débat s’éleva à ce propos dans le siècle suivant, et une sentence fixa cette question définitive le 23 août 1 336. Jean de Villeparisis et Grégoire de Villy, choisis comme arbitres, ordonnèrent que les moines de Saint-Germain-des-Prés auraient la basse et moyenne justice en toute la ville de la Celle, les chemins et voiries, en tout temps. Cependant les religieux de Saint-Denis exerçaient la moyenne justice à l’époque de la moissine sur les dits chemins et voiries, mais hors delà terre de Laistre qui appartenait à Saint-Germain. Ils jouissaient aussi pendant le temps de la moissine sur ces mêmes chemins et voiries du forage et rouage pour les vins vendus dans la ville de la Celle et portés au dehors. Ils avaient coutume de prendre pour le forage un denier parisis de la pièce, et maille de rabat. En outre, les moines de Saint-Denis, ou leurs commis, pouvaient aller dans les maisons des hôtes de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, qui vendaient du vin, durant le temps de la moissine, savoir si la pièce que l’on y tenait en vidange était au-dessus ou au-dessous de la barre. Si le vin se trouvait au-dessus de la barre, le forage appartenait à l’abbaye de Saint-Denis ; dans le cas contraire, il revenait à l’abbaye de Saint-Germain. Les religieux de Saint-Denis ne devaient exercer aucune justice en la ville de la Celle sur les hôtes de Saint-Germain-des-Prés, ni les faire assigner à leurs plaids de Rueil, excepté pour le payement des droits de forage. On ne parle point de la haute justice, mais il est à croire que les rois se l’étaient réservée. Un fait peut confirmer cette opinion. Un habitant de la Celle avait frappé mortellement un injuste agresseur. Poursuivi et incarcéré pour ce motif, il dut sa délivrance et son salut à une prompte intervention du prince (avril 1 358).

Leurs droits étant ainsi établis, les religieux de Saint-Germain-des- Prés se choisirent des officiers, pour rendre la justice en leur nom. 11 y avait une prévôté à la Celle dès l’an i4io *.

L'église el la cure

L’église de la Celle était dédiée à saint Pierre, et non à saint Cloud,

i. A. Maquet. Tanon, Justice de Paris.

comme l’a pensé M. de Valois. En 846, les Normands cherchèrent à l’incendier, mais ils n’y réussirent pas. Elle fut détruite pendant les guerres de religion. Les habitants demandèrent aux religieux de la réédifier, avec la maison curiale1. Elle n’a rien de remarquable. Au grand autel, on remarque une crosse en suspense. Dans le chœur, repose une dame de Launay, fille de M. de Launay, secrétaire du roi, et dans la nef, se voit la tombe de Jehanne de Sansac, dame de Beauregard. Bien que les religieux de Saint-Germain-des-Prés fussent seigneurs de la Celle, ils avaient la charge de l’église, sans en avoir la cure. Le 1 1 décembre 1 655, le vicaire perpétuel se plaignit que le revenu de sa cure était insuffisant pour subsister. La communauté de Saint-Germain-des- Prés lui assura une pension de i5o livres, mais il devait renoncer à la moitié des dîmes qu’il avait ou pouvait avoir dans la paroisse2.

Le 29 mai 1681, il y eut un nouvel accord entre les religieux de Saint-Germain-des-Prés et le curé delà Celle, qui se contenta de la moi tié des dîmes pour son gros 3.

Le 11 juin 1703, le curé prit à bail toutes les dîmes de l’endroit et s’engagea à payer aux religieux la somme de i5o livres, au jour Saint-Remy.

Dans la déclaration de 1790, nous lisons que l’abbaye abandonnait au curé de la Celle-Saint-Cloud, pour le supplément de son gros, la moitié des dîmes qu’elle avait en ce lieu et les indemnités de dîmes qu’elle percevait, pour les terres plantées en bois. La nomination à la cure appartenait, depuis le XIIIe siècle au moins, à l’abbé de Coulombs, de qui dépendait le prieuré de Saint-Germain-en-Laye.

On prélevait sur les revenus du prieuré de la Celle :

i° l sols pour l’anniversaire de Bertrand de Nogent, fixé au XIII des calendes de février ou le 20 janvier ;

20 x sols pour l’anniversaire de Marie de la Celle, fixé au II II des ides de mars ou le 12 de ce mois ;

3° vm sols pour l’anniversaire de Girart, fixé au III des nones d’avril ou 3 de ce mois ;

4° xxx sols pour l’anniversaire de Baudoin Chandon ou Chanderon, fixé au XVII des calendes de juin ou le 16 mai;

î.Arch. nat. LL. p. 8a.

a. Bib. nat. ms.fr. 1 6855.

Page 1