JOUY-EN-JOSAS
Jouv-en-Josas, désigné à cette époque sous le nom de Gaugiacum, figure dans le Polyptyque de l’abbé Irminon. D’après ce document, nous voyons que ce n’était pas alors une des moindres dépendances de l’abbaye, puisque le résumé qui se trouve à la fin nous apprend que l’on y comptait no manses sur lesquels il y en avait 91 ingénuités, rapportant annuellement, pour la taxe militaire, soit 4 chariots, soit 20 bœufs, soit 8 livres en argent, 100 moutons ; la 3e année, 88 brebis; la 4e année, 88 porcs valant 4 deniers chacun; la 5e année, chaque manse devait fournir un cent de bardeaux. Parmi tous ces manses, il y en avait 18 où l’on cultivait la vigne et qui devaient sur leurs récoltes 36 muids, 33o poulets, iC5o œufs; pour la capitation, 8 livres; pour la paisson, 1 livre et 8 sols.
Malheureusement les premiers folios du Polyptyque et, par suite, le début du bref de Jouy manquent ; nous sommes ainsi privés des indications principales qui figurent en général dans les premiers paragraphes. Dans les documents postérieurs nous trouvons cette localité appelée successivement Joycicum, Joviacum, Joï et enfin Jouy.
Cette terre, dont le Polyptyque vient de nous faire connaître l’importance au commencement du IXe siècle, fut aliénée ou usurpée pendant la période obscure et tourmentée du Xe siècle, et nous la trouvons en la possession de plusieurs seigneurs féodaux, sans qu’il soit fait mention de ses premiers possesseurs. Ce ne fut qu’au XIIIe siècle, que les religieux de Saint-Germain purent reconstituer par des achats ou grâce à des donations une bien faible partie de leur ancien domaine.
En l’année 1255, l’abbé et le convent de Saint-Germain-des-Prés acquirent de Guy, sire de Chevreuse, au prix de 60 livres parisis, sa part delà seigneurie et ses possessions à Jouy; d’Hugues de Jouy, chevalier, pour 36o livres parisis, le manoir et ses dépendances qu’il avait à Jouy; de Bouchard de Bagnencourt, chevalier, le tiers des marchés et du four de la ville de Jouy. Ces acquisitions furent approuvées
par les Dames du dit lieu, Mathilde, dame de Ghâteaufort, veuve de Bouchard de Marty, et Mabile, dame de Ghâteaufort, veuve de Mathieu de Marly1. En 1275, les religieux obtinrent du roi Philippe III l’amortissement de leurs biens de Jouy2.
Le dernier abbé régulier de Saint-Germain-des-Prés, qui fut déposé pour sa mauvaise gestion des intérêts temporels de son monastère, donna, en 1742» par un bail emphytéotique de 99 ans, la principale des possessions de Jouy, le fief du Moucet, pour 8 livres de rente et une somme de 200 esc.us une fois payée3.
En i493, nous trouvons un accord par lequel l’abbé de Saint- Germain-des-Prés et le prieur des Célestins, « pour ce que, à cause de celles choses qui sont en indivis, souventes foys en sourdent procès, discors, desbats et divisions lesquels de tout nostre pouvoir vouldrions esviter à une chascune de nos esglises, mesmement que sommes tous unis soubs ung père et pasteur, le glorieux amy de Dieu, Monseigneur Sainct Benoist », partagèrent leurs droits sur la paroisse de louy; le i/3 fut pour Saint-Germain-des-Prés, et les 2/3 pour les Célestins*.
. Nous extrayons d’un dénombrement fait en 1 52 1 les indications suivantes sur ce que possédaient les religieux à cette époque dans la ville et le territoire de Jouy :
« i° Manoirs, grandies, étables, auditoires, cours devant, prisons, jardin auquel y a un colombier, deux petits viviers, le tout contenant deux arpents. Ces lieux sont vieils et caduques et coûtent beaucoup à entretenir ;
« 20 16 arpents de terre, valant 6 setiers de grain méteil ;
« 3° 5 arpents 3 quartiers de pré, produisant 6 charretées de foin;
« 4° Six vingt arpents de bois taillis, valant 10 livres par an ;
« 5° Sur plusieurs maisons, masures, jardins, terres, vignes, prés, taillis et autres héritages en mouvance, 6 livres de rente foncière avec G poulies et chapons ;
« 6° Haute, moyenne et basse justice, avec maire, greffier, procureur fiscal, sergent, geôlier et autres officiers. Les appels se font