‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 3)Chapitre 221 sur 261 · Notice historique sur Palaiseau, par nu Mesnil · texte numérisé non relu

Notice historique sur Palaiseau, par nu Mesnil

vertu, les habitants vinrent grouper leurs demeures, et peu de temps après le bourg de Palaiseau existait et ne tarda pas à acquérir une réelle importance.

Le 25 juillet de l’année 754, alors que l’abbé Lanfroy faisait transporter dans son église de Saint-Vincent les précieux ossements de saint Germain qui avaient été déposés dans l’oratoire de Saint-Symphorien, les vieilles chroniques nous montrent le roi Pépin ravi des miracles opérés dans cette heureuse translation, et donnant au saint et par suite à son monastère la ville de Palaiseau avec toutes ses dépendances, par cette formule qui dut être dans le cœur du père de Charlemagne, si elle ne fut pas sur ses lèvres : « Accipe, Bealissime Germane, villam nostram Palatiolam cum omnibus appenditiis suis, tibi familiæque tuæ hactenus inimicam, amodo autem et deineeps perpetuo profuturam1. » Cette donation se trouvait également confirmée par une inscription qui fut gravée sur le tombeau de saint Germain et qui ne disparut qu’à la Révolution française : « Ilic, pausante S. Germano in die translationis, dédit ci rcx Pipinus Jiscum Palatiolum cum appendiciis suis omnibus. »

Quelles avaient été les dissensions qui avaient existé entre les moines de Saint-Germain et les habitants de Palaiseau et qui avaient été assez envenimées et assez persistantes pour être mentionnées par le royal donateur? Dubois prétend que les religieux se plaignaient que quelques-unes des dépendances (villulæ) du monastère, situées près de Palaiseau, étaient souvent pillées par les habitants de cette localité. Ces plaintes durent être portées devant le Roi Pépin, qui, par sa donation, trouva le moyen de satisfaire sa piété et en même temps de mettre fin à ces débats2.

Le Polyptyque d’Irminon nous fait connaître l’importance de la donnation du Roi Pépin : l’abbaye de Saint-Germain y possédait une maison signeuriale avec tous les bâtiments qui en dépendaient. Le territoire était divisé en 6 autres exploitations ou cultures qui formaient 287 bonniers de terre, où on pouvait semer i3oo muids de froment, plus 127 arpents de vigne pouvant produire 800 muids de vin, et 100 arpents de pré donnant i5o charretées de foin; le bois avait une lieue de circuit et pouvait nourrir 5o porcs; il y avait,

1. Dubreuil, Antiq. paris., p. 336 ; Dubois, Hist. Eccl. Paris., I, p. 3/17.

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