‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 3)Chapitre 229 sur 261 · Bib. nat. Dom Poirier, 20846, p · texte numérisé non relu

Bib. nat. Dom Poirier, 20846, p

des grains, qui puent valoir par an, montant et avalant, environ xx muis de grain, qui soloit valoir environ xxxv muis; item, environ vin muis d’avaine cliascun an, au jour des Mors, dont une partie dois se rendre ès greniers de l’église Saint-Germain et l’autre demeure en l’hostel de la prevosté, à Anthoigny; item, environ ulT arpens de bois et bruyères, dont l’on puet bien vendre chascun an xx arpens et puet valoir l’arpent vin livres parisis, valent, en somme, viijxx livres parisis; item, les deux villes nous doyvent de taille chascun an, lendemain de la Chandeleur, c livres parisis, dont l’en paie le consail de l’église; item, les dismes des vins et pressoers valent, montant et avalant, environ xx queues, qui soloient valoir avant la guerre vjxx queues ; mais les heritaiges sont demourés en friche et les villes arses et destruites par les ennemis. Et sont les choses dessus escriptes en la viconté de Paris. »

Toutes les possessions que l’abbaye avait à Antony, à Verrières et dans les autres dépendances, faisaient partie de la mense conventuelle et étaient administrées par un religieux qui portait le nom de Prévôt et exerçait la justice, jouissait des revenus et des droits seigneuriaux, moyennant une redevance annuelle qu’il payait au pitancier de l’abbaye. Les accroissements successifs de cette prévôté en avaient fait une des dépendances les plus considérables de Saint-Germain. Aussi fut-elle l’objet de compétitions ardentes et d’interminables procès au XIVe siècle. On sait quelles difficultés surgissaient fréquemment entre la Cour romaine et les abbayes à propos de la collation des bénéfices. En retour des privilèges que procurait à certains monastères leur dépendance immédiate du Saint-Siège, ce dernier se réservait le droit de conférer dans un grand nombre de cas, à des personnes étrangères, les bénéfices de leur dépendance. C’était l’application de ce système des commendes qui devait produire de si lamentables résultats. C’est ce qui se produisit en 1372 pour la prévôté d’Antony. Étant devenue vacante par la mort de son titulaire, et la collation par l’abbé n’ayant pas eu lieu dans les délais prescrits, Grégoire IX la conféra, en vertu du droit de dévolution, à Ebblon de Solier, moine de Cormery, qui se présenta avec sa bulle à la main pour être mis en possession de ce riche bénéfice. Mais l'abbé Richard protesta, au nom de son abbaye, contre la collation pontificale : le g^jourdumois de mai 1872, il fît dresser son acte d’appel, dans lequel il exposait quela prévôté d’Antony,

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étant d’un caractère purement temporel, ne rentrait nullement clans la catégorie des bénéfices ecclésiastiques dont le concile de Latran avait confié la collation dans des cas déterminés an Saint-Siège. C’est à la justice pontificale elle-même que l’abbé faisait appel de la collation faite par le pape1. L’évêque de Tulle, délégué par Grégoire IX pour instruire et juger l’affaire en son nom, ayant prononcé, le i5 octobre, sa sentence en faveur du moine de Cormery sans s’être conformé aux prescriptions du droit, l’abbé Richard interjeta un nouvel appel en Cour de Rome (9 novembre 1372). L’abbé de Saint-Maixent, délégué par Grégoire IX avec de pleins pouvoirs pour terminer cette affaire, après une minutieuse enquête confirma les droits de l’abbé de Saint- Germain sur la collation de*la prévôté et débouta Ebblon de Solier de ses prétentions (1373)2.

Ce fut du reste la seule difficulté que rencontrèrent les abbés de Saint-Germain pour la prévôté d’Antony. Les séculiers et les religieux qu'ils investissaient de cette dignité étaient à proprement dire des fermiers qui se substituaient aux seigneurs, percevaient les revenus, jouissaient des prérogatives, acquittaient les charges moyennant une redevance annuelle qu’ils payaient à l’abbaye.

Le livre de la pitancerie, rédigé au XIIIe siècle, dit qu’on prélevait sur Antony 3 4 : Le 3 mars ou V des noues du même mois, xi sols, pour l’anniversaire de Robert de Samesio -(Samois) ; le 22 juillet ou XI des calendes d’août, à l’occasion de la fête de Sainte-Magdeleine, xv sols ; le 6 octobre ou la veille des nones du même mois, xl sols, pour l’anniversaire de Renaut, ancien prieur ; le 28 octobre, ou Y des calendes de novembre, xxiv sols, pour l’anniversaire d’Étienne, chevalier, et Marie, son épouse ; le 23 décembre ou le X des calendes de janvier, jour où l’on chantait l’antienne : O Virgo virginam, le prieur d’Antony devait fournir xx sols pour la pitance de l’abbaye Sainl-Germain-des-Prés.

En 1/162, Ilenry, abbé de Saint-Germain, afferma la prévôté d’Antony à un de ses religieux, frère Jean de Varennes, pour la somme de 80 livres de rente annuelle \ Quelques années auparavant, la prévôté d’Antony avait servi à acquitter une dette de reconnaissance ; en 1437,

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