‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 3)Chapitre 27 sur 261 · DAMMARTIN · texte numérisé non relu

DAMMARTIN

Dammartin, localité située aujourd’hui dans le canton de Houdan, l’arrondissement de Mantes, et le département de Seine-et-Oise, faisait jadis partie du diocèse de Chartres et était une des anciennes dépendances de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Quelle en fut l’origine? C’est ce que nous ne pouvons préciser. Son nom, Domnus Martinus, semblerait lui assigner comme berceau son église que nous trouvons de tout temps sous le vocable de saint Martin. Pourtant, dans la suite, Dammartin fut désigné sous la qualification de prévôté, c’est-à-dire d’un domaine temporel, n’ayant aucune des prérogatives, ni des charges des bénéfices ecclésiastiques : nous verrons les Bénédictins revendiquer cette situation pour Dammartin, afin de l’exonérer des subsides pontificaux. Si nous ne pouvons savoir par qui fut donnée cette possession à l’abbaye, nous en sommes réduits aux inductions pour l’époque de cette domation. Quoique Dammartin ne figure pas dans le Polyptyque d’Irminon, nous serions tentés de le ranger parmi les dépendances de Saint-Germain au IXe siècle. Nous voyons en effet aux XIe siècle les abbés occupés à délivrer leur domaine des exactions des descendants des anciens avoués de Dammartin ; or ce fut à l’époque de l’invasion normande que les terres ecclésiastiques furent placées sous la défense des avoués et que prirent naissance les exactions et abus dont on avait tant de peine à se délivrer deux siècles plus tard.

Nous renvoyons à l’étude de la juridiction temporelle l’examen des documents intéressants qui se rapportent à cette lutte contre les usurpations des familles des avoués. Nous nous bornons à citer les lettres écrites en uG8 dans lesquelles Robert, abbé de Saint-Germain, atteste qu’avec sa permission frère Jean de Vernon, trésorier de l’abbaye, avait racheté une redevance annuelle que la bourse du monastère payait au seigneur Simon d’Ànet. Comme nous le disons plus bas, le sire de Breval ayant renoncé à ses prétentions de seigneurie sur Dammartin et ayant reçu en reconnaissance de l’abbé une rente de i3 livres,

Philippe- Auguste, qui avait réuni la terre de Breval au domaine de la couronne, déchargea les religieux de cette rente1.

En 1287, l’abbé de Saint-Germain, Raymond, qui était un ancien religieux de Saint-Victor de Marseille, laissa en mourant une rente de dix livres qu’il possédait à Dammartin, à condition qu’on célébrerait avec plus de pompe la fête de saint Victor dans le monastère parisien et qu’on lirait la vie du Saint à l’office de la nuit.

Le 3 avril i3a4, les religieux achetèrent, au prix de 100 livres parisis, de Robert de Nantilly, une rente d’un demi-nuid de blé et d’un demimuid d’avoine qu’il avait droit de prendre sur les habitants de Dammartin et de Lognes2. En i356, ils rachetèrent également, moyennant Coo florins d’or, une rente de 200 livres tournois dus sur la seigneurie de Dammartin3.

Le dénombrement de 1 384 nous fait connaître la situation et l’importance de ce domaine : « Item, en l’evesché de Chartres, en la ville « de Dammartin, auprès de Montchauvet, une maison noble, gran- « ches, pressouers, coulombier, toute justice haute, moïenne et basse, « avec la justice de la ville de Lovaignes ; item, environ vu arpens « de terre et nu arpens de vignes : le four de la ville bannier : environ « xxxvi livres de cens à plusieurs jours : les dixmes de vins et la proie vincte du pressouer et de Montchauvet, qui peut valoir environ xvi « queues, qui soloient valoir lx queues, montant et avalant : item la « moitié de deux molins estans à Montchauvet, loués nostre part m muis « de blé. Tout ce baillé à un religieux, appellé le Prévost de Dammar- « tin, à ferme, au pris de c livres, qui soloient valoir cc livres, à nous « abbé dessus dit. Item, en la dicte ville de Dammartin, de Lovaignes u et Aeauflète et une partie de Montchauvet, la Forlelle, les dixmes « d’icelles villes et cliampars, valans environ xl muis de grains, mon- « tant et avalant, qui en solaient valoir c muis, et le doivent rendre « quand il est battu, en nostre maison de Mante et nous quérons leurs « despens (?). Et est tout de nostre domaine et chose de nostre crosse. « Item, grant quantité de bois à faire eschalas, puent valoir par an envi- « ron xl frans. Item, en la dite ville de Dampmartin et Louvaignes, un

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