‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 3)Chapitre 34 sur 261 · Bonnin · texte numérisé non relu

Bonnin

étant terminée, nons n’avons qu’à assister dans la suite à son fonctionnement régulier. Les difficultés extérieures apaisées, les difficultés intérieures leur succédèrent.

Déjà en 1202, une charte de Philippe-Auguste était venue déclarer que dans la seigneurie de Dammartin, aucun laboureur ne pouvait tenir des terres à champart de l’abbé et des religieux de Saint-Germain, s’il ne résidait sur les lieux, faute de quoi ces terres seront à la disposition des religieux1 2.

En 1220, les habitants de Dammartin, qui étaient obligés de conduire à Mantes sur les chariots du religieux prévôt les grains de l'abbaye, se révoltèrent contre cette servitude : ils réclamaient également certains droits d’usage dans les bois de Geneauville. Ce différend fut apaisé par une transaction, que proposa l’abbé Gauthier et qui fut acceptée par ses vassaux : il était stipulé que les habitants prendraient dans la forêt de Geneauville 2 (ou Greneville) les genets, l'épine noire et blanche, les saules, les marsaus, le bois mort, le coqchesne, le troène, la riorte ( genestam , spinam nigram et albam, salives, marsalices, put fust, galliquercum, tronum, retortam), pour faire leurs charrues, sans que pour cela l’abbé et le convent fussent empêchés, quand ils le voudraient, de vendre ou de défricher ce bois. Les habitants continueront à transporter avec leurs chevaux et leurs charrettes à Mantes le blé du prévôt de Dammartin et le déposeront dans la maison de l’abbé, où le prévôt leur fournira pour leur peine du pain blanc et du vin en quantité raisonnable. Enfin les habitants prenaient l’engagement de se rendre à Saint-Germain-des-Prés, à toutes les citations de l’abbé ou de son délégué. Toutes ces conditions se trouvent énumérées dans la charte que dressa de cette transaction, en 1221, Guillaume de Ville-Thierry, bailli royal de Mantes 3.

Ici, comme dans bien des cas, les officiers des justices royales ne voyaient pas sans jalousie le fonctionnement des justices seigneuriales

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