‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 4)Chapitre 105 sur 121 · SAMOREAU · texte numérisé non relu

SAMOREAU

Ce nom qu’on a exprimé, en latin, par Sametiolum, et, en français, par Sameseuil, Samesel, Sasmoisel, Sasmoiseau, Samoreau, est celui que porte une petite commune de 315 habitants, environ, située dans le canton et non loin de Fontainebleau (Seine-et-Marne). Nous ne savons pas à quelle époque les religieux de Saint-Germain-des-Prés commencèrent à y avoir des propriétés; mais, suivant M. Longnon, ils y possédaient des biens, avant l’année 1176. Le document, qu'il a publié sur l’état des fiefs relevant de la célèbre abbaye bénédictine et qui remonte au moins à cette date, semble le prouver. Cette nomenclature nous montre, en effet, qu’Etienne d’Avon tenait du monastère de Saint- Germain la moitié du bois Gautier et du moulin de Valvin, avec trois cultures 1 et le fief d’Etienne Grange; Hervé Forestier, deux pièces de terre à Valvin, sur les rives du cours d’eau qui se jette dans la Seine 2; Hugues de Brosse 3, trois sols de cens; Hardouin, tout ce qu’il possédait à Samoreau, et Etienne Grange, le quart du bois connu sous le nom de cette dernière localité 4.

A partir de 1 176, ce domaine prit de l’extension. Cette année même, Hugues, abbé de Saint-Germain, fit un échange avec Milon de Vernou. Pour avoir la terre et seigneurie de Samoreau, avec ses dépendances, il lui donna 310 livres, après lui avoir abandonné le bois de la Noüe de Saint-Germain, les terres de Montberry et Vernou 5. Toutefois il se réserva les hommes, les femmes de corps et leurs héritiers, vivant sur les immeubles qu’il délaissait La nouvelle acquisition avait pour limites le village de Champagne 6, le pont de Samoreau, le bois d’Étienne de Champigny et la route de Samoreau à Moret. Le roi Louis VII confirma cet accord, passé avec l’assentiment de l’épouse

1 Arch. Seine-et-Marne. G. -457, p. 15.

2 Communes d’Avon, de Samois et de Samoreau.

3 LL. 1024. La Brosse, commune de Brosse-Montceau, Seine-et-Marne, Polyptique d'Irminon, t. I, p. 222, 229 et 230.

4 Valvin, coinm. d’Avon, Samois et Samoreau.

5 Vernou, cant. Moret.

6 Champagne, canton et arrond. de Fontainebleau.

et des enfants de Milon, de ses frères et de toutes les personnes intéressées à ce contrat. Il sanctionna en même temps l’acte par lequel Adam de Champigny, avec l’agrément de son père Étienne, donnait à l’abbé de Saint-Germain le fief de la moitié du bois de Samoreau. Les tenanciers, Étienne Grange et Geoffroy Gaschet, devaient s’engager, pour eux et leurs descendants, à reconnaître pour leurs seigneurs le prélat et ses successeurs. La charte, qui mentionne tout ce que nous venons d’exposer, fut souscrite par le monarque et expédiée de Fontainebleau, en 1176, en présence du comte Thibault, sénéchal, de Guy, bouteiller, de Renaud, chambellan, et de Raoul, connétable L

Quelque temps après, Geoffroy Gaschet, Guérin, son frère, Havise \ sa mère, Ameline, sa sœur, et Marie, son épouse, donnèrent en aumône au monastère de Saint-Germain-des-Prés tous les droits qu’ils avaient sur le bois de Samoreau. Les religieux voulurent leur exprimer de la reconnaissance, en leur distribuant une somme de 28 livres et demie 1 2.

Au mois d’avril 1233, Gérard de Charbec, sergent du Roi, lit don à l’abbaye de Saint-Germain de 3 arpents de vigne, situés à Samoreau, dans la mouvance des religieux. Il s’en réserva la moitié du produit, pendant sa vie et celle de Berthe, son épouse 3. Adam, fils de Milon Bernard de Samoreau, vendit aux bénédictins, pour 40 sols parisis, une pièce de vigne (mars 1226) 4.

Guillaume de Samoreau, dit Chocart, céda aux mêmes religieux un arpent de terre, au prix de 100 sols (5 janvier 1250) 5.

Le même jour, Denis des Bordes leur abandonna la propriété d’un arpent de vigne situé à Coudrel 6, pour la somme de 8 livres parisis 7.

Le 14 juin de la même année, le monastère de Saint-Germain-des- Prés acquit d’Étienne, fils d’André Lecheurier, et de Guérin, fils de Gilbert Normand, moyennant 14 livres parisis, 2 arpents de vigne, situés à Borotebas et à Gondrel.

1 Arch. nat. LL. 1024, p, 80; Bouillart, pièces justificatives, n° LX. Arch. nat. K. 25, n° 8, Tareif. Monu. Histor., n° 009. Bréquigny. Table des diplômes, t. III, p. 514. Douet d’Arcq. Invent, des sceaux, n° 37.

2 Arcli. nat. LL. 1020, p. 471.

3 Id. L. 807,

4 Id. L. 807.

5 Id. L. 807.

6 Coudrel ou Coudrel?

7 Arch. nat. LL. 1920.

Adam de Samoreau, fils de feu Milon Bernard, vendit aux Bénédictins, pour le prix de 20 livres, une pièce de vigne située au clos de Samoreau. Pour avoir part à leurs prières et mériter le pardon de ses fautes, il leur donna le cinquième d’un autre vignoble (juillet 1251) L

Denis, dit Mapis, et Marie, son épouse, accordèrent en aumône à l’abbaye de Saint-Germain le cinquième du tiers de deux arpents de vigne situés à Samoreau (février 1252) 1 2.

Nicolas, dit Rouabloi, et Jeanne, son épouse, firent don à la même communauté du cinquième d’une vigne, sise à Samoreau, et lui vendirent le reste pour la somme de 20 livres parisis (novembre 1252) 3 4.

Nous lisons dans un acte du mois de juillet 1251, que Guillaume, dit du Bel Ecuyer, et Isabelle Dupont, son épouse, veuve de feu Oger Dupont, chevalier, consentirent à ce que l’abbé et le convent de Saint- Germain-des-Prés possédassent en main morte le tiers de la dîme du blé et du vin sur tout le territoire de Samoreau (juillet 1254) ‘.

Guillaume, dit Grenche ou Grange, jouissait d’une partie du bois de Samoreau, située entre les bois de Thibault de Moret et de Milon d’Avon, écuyer, et s’étendant de la route de Melun jusqu’à la Seine. Il tenait cette propriété en fief de l’abbé de Saint-Germain-des-Prés. Il possédait aussi une pièce de terre, dite la Pierre droite, et un arpent de vigne à Picherez. Il avait des droits de fief :

1° Sur la maison de Guillaume de Samoreau, écuyer, et ses dépendances comme terres, bois et pourpris.

2° Sur le manoir de Guérin de Samoreau, écuyer, et ses appartenances.

3° Sur une vigne située au lieu dit Forcelles, que Henri de Moacent tenait à un denier de cens de Guérin de Samoreau .

4° Sur les deux tiers du pré de Landesches, 11 arpents de bois, au territoire de Samoreau, proche la Folie, et deux pièces de terre en labour, exploitées par Pierre de Malingres, écuyer.

5° Sur 18 arpents de bois, sis au-dessous des bois de la Folie, et que détenait Simon de Malingres.

6° Sur 29 arpents de bois, le tiers du pré de Landesches et deux arpents de terre.

Il vendit le tout à l’abbé de Saint-Germain-des-Prés, pour la somme

1 Arc/i. nat. L. 807.

2 Id. L. 807.

3 ld. IX. 1026, p. 173.

4 Id. L. 807.

de 260 livres, avec les avantages qui résultaient de ces privilèges et possessions (avril 1266)

Au mois de juin 1268, Thibault de Moret, chevalier, et Aveline, sa lèmme, vendirent aux religieux de Saint-Germain, pour le prix de 210 livres parisis, le tiers d’un bois situé à Samoreau, au delà de la Seine, sur le chemin de Moret, entre le bois de Guillaume Grange, cédé récemment aux Bénédictins, et le bois de Jean de Villiers, chevalier, appelé le bois Gaultier. Ils leur abandonnèrent aussi le droit de üel‘ qu’ils avaient sur le tiers du bois Gaultier, dont jouissait Jean de Villiers 1 2.

Quelques mois plus tard, le monastère de Saint-Germain-des-Prés acquit ce domaine de Pierre et de Guillaume, fils de ce dernier, moyennant la somme de 210 livres parisis (novembre 1268) 3.

En consultant quelques dénombrements, nous trouvons de nouveaux détails sur la terre de Samoreau. Celui de 1384 s’exprime ainsi :

Item, en la ville de Samoisiau, emprès Samoys, le couvent a un grand liostel et coulombier sur la rivière de Saine, moyenne et basse justice, en la ville; viixx arpents de terre arable, viij arpents de petiz prés; environ xvi livres tant de cens que de rente; tout ce, loué xiiij livres, et aussi a été payé au curé pour son gros, xvj livres.

Item, environ xiiij arpents de vignes, que nous faisons faire à nos deniers etpourraient bien valoir xxv sols l’arpent ; elles valent xiiij livres.

Item, les dîmes des pressoirs, environ iiij queues par au, puevent valoir x livres.

Item, iiij cents arpents de petits bois à costerez et ne doivent pas de droit de gruaige et puevent valoir par an environ l livres 4.

Item, à Samoisiaux, Pierre de Pois tient j fief, c’est assavoir xxxij arpents de terre, une maison, vjxx arpents de boys, cens et rentes, puent valoir xxxij livres 5.

Suivant la déclaration de 1542, il y a à Samoreau : 1° un hôtel seigneurial avec ses appartenances, chapelle, cours, jardins, colombier, fosses à poisson, le tout clos de murs et contenant de quatre à cinq arpents de terre.

2° Au domaine dudit hôtel appartiennent de sept à huit vingts arpents de terres labourables. Les dites terres et prés et le dit hôtel peuvent

1 A rch. nat. L. SOT. LL. 1026, p. 176.

* Id. L. 807, LL. 1026, p. 170.

3 Id. L. 807.

4 Id. L. 760, n° 29.

s Id. L. 760, n° 29, Dom du Bourg. Saint-Germain au XIVe siècle, p. 30.

valoir Iaquantitéde6muidsdegrain, mesure de Melun, un tiers froment, un tiers seigle et un tiers avoine, valant le muid 7 livres tournois.

3" Audit domaine de l’hôtel seigneurial appartiennent six cents arpents de bois taillis, en deux pièces séparées par la rivière de Seine. La première, située du côté de la voie des enclaves (?i, contient 460 arpents. L’autre, qui s’étend de l’autre côté de la Seine, vers la forêt, appelée lebois Gautier, contient huit vingts arpents environ. Les religieux y ont droit de garenne. Soumis à des coupes régulières, ils peuvent valoir six vingts livres tournois par an.

4° Les Bénédictins avaient une lieue dans la rivière de Seine, depuis le bac de Valvin jusqu’au pressoir du Roi, où ils pouvaient pêcher en toutes saisons et à tous engins L

Nous ne savons si l’abbaye de Saint-Germain avait augmenté son domaine par des acquisitions ultérieures, mais nous remarquons que ce dénombrement accorde aux bois de Samoreau une superficie beaucoup plus vaste que celui de 1384.

5° Eu poursuivant la déclaration de 1648, nous trouvons de nouveaux détails. Elle nous fait observer qu’au domaine de Samoreau souhait appartenir 14 arpents de vigne et que de présent il n’y en a plus que 4 pouvant valoir la somme de huit livres.

G ' Le reste des terres de ce domaine consiste partie en maisons, jardins, terres labourables, vignes, prés, qui ont été baillés à titre de censive, portant lots, ventes, saisines, déffaults et amendes. La censive se monte chacun an à la somme de 22 livres tournois. Les lots, ventes, saisines et amendes sont estimés 100 sols.

7° Deux pressoirs banniers rapportent chaque année 11 livres tournois.

8e Une rente annuelle de blé et de 8 chapons peut valoir 20 sols tournois.

9° Les religieux de Saint-Germain-des-Prés ont à Samoreau haute, moyenne et basse justice, greffe et prévôté. Les exploits s’élèvent ordinairement à 100 sols par an 1 2.

Le 26 février 1672, le cardinal Charles de Bourbon, archevêque de Rouen et abbé commendataire de Saint-Germain-des-Prés, abandonna à Étienne Goussart et Gilles Nauldier, prieur et sous-prieur de ce monastère, les droits et profits qui pourraient lui être dus, à cause de la vente et adjudication des fiefs du Bois-Gassot, du Bois-Regnault, de

1 Arch. nat. S. 2930.

2 Id. S. 2956.

Rapouil ou Rapoille relevant de Samoreau. Ils avaient été saisis pour défaut de foi d’hommage et prestation des droits ordinaires. Le fief de Bois-Gassot était situé en la paroisse de Vulaines-sur-Seine .canton de Fontainebleau). Les fiefs de Bois-Regnault et de la Butarne se trouvaient dans le voisinage.

1° Le fief du Bois-Gassot comprenait plusieurs masures, la place où était l’ancien manoir, viviers et fosse à poissons, 38 arpents de terre, 32 arpents de taillis et 7 livres 10 sols tournois de cens et rente.

2" Le fief de Bois-Regnault comprenait 3 livres de cens sur environ 55 arpents de terre.

3n Le fief de la Butarne consistait en 20 sols de cens environ dus par plusieurs tenanciers (1587-1614). Les lieux dits et écarts signalés à propos du Bois-Gassot sont : le chêne des Roches, la Bonde, le Chapeau, la Fosse Pirette L Suivant un aveu de 1335, le fief du Bois Gassot, antérieurement appelé la maison et l’hôtel du Bois, comprenait en plus des édifices et dépendances, 20 arpents de terre labourable, 100 arpents de taillis et un arpent de vigne 1 2.

L’acquéreur, monsieur d’Àrgeville. paya à ces religieux 450 écus soleils 3. Les fiefs, terres et seigneuries du Bois-Gassot et delà Butarne faisaient partie du territoire de Samoreau et relevaient de ce domaine. César de Balzac, chevalier, comte de Graville, qui les possédait, en rendit hommage à monseigneur le prince de Conty, le 12 avril 1614 4.

D’après un plan dressé en 1733-34, la mouvance des religieux de Saint-Germain à Samoreau comprenait 1267 arpents 48 perches.

1° Partie du chantier du Rut .

2" Chantier des hautes Bu ternes ....

3° Chantier appelé Rut .

4° Chantier des basses Buternes ....

5° Petit clos et partie du Rut .

6° Chantier des Barneaux des champs . .

7° Chantier du clos du Parque .

8° Chantier des grands clos .

9U Chantier des glassières Fontaines et courlis 10° Chantier des gaslions .

Arpents Perches

Pouces

vq.

1 Arc h. nat. S. 2959.

2 Id. S. 2978.

3 Id. S. 2959.

4 Id. S. 2959.

Arpents Perches Pouces

11° Chantier des Follis . 7, 47, 10

12° Chantier des bas et hauts Coudereaux . . 25, 1, 14

13° Chantier des Danjoüse (?) . 11, 93, 3

14° Chantier du bas Saint-Mort . 8, 91, 15, 6

15° Les bâtiments, jardins du haut Samoreau et

le chantier des hautes Bornes .... 3, 19, G

16° Le clos Nollain . 16, 35, 3, 6

17° Chantier des Billevesettes . 11, 93, 12, 1

18° Le rocher de Samoreau . 32, 22

19° Le clos Nollain, le rocher appelé le bois Reneault-des-Champs et le bois Rapoille

à monsieur le Blanc . 50, 22

20° Les bois de Samoreau . 294, 20

21° Le pressoir du roi et ses dépendances . . 113, 11, 11

22u Montmeillant et ses dépendances .... 57, 99

23° Terres de la ferme de Samoreau, entre les

gaslions et la rivière . 58, 11, 1 G, G

24° Les prés de la ferme de Samoreau, entre les rivières de Seine et les terres ci-dessus déclarées, y compris 5 arpents 34 perches 3/8, près le pressoir du roi et aussi

les prés de l’église . 18, 90, 3/8

25° Une petite partie des prés de l’église ... 60

26° Prés ou broussailles de Saint-Aubin, entre la

rivière de Seine et le bois Gautier ... 4, 81

27° Bois Gautier de Samoreau . 542, 66, 2/3

28° Prés en broussailles de Samoreau, vers le

moulin de Valvin . 7, 22

29° Seigneurie de Vulaines, plus prés, terres, vignes, sujettes à moitié de la dîme par la

cure de Samoreau . 19, 88, 1/2

30° Plus des terres, sur la seigneurie de Vulaines,

sujettes à la moitié des dîmes .... 40, 33

Le total est de 1 . 1267, 48

Le 28 mai 1731, les officiers de la maîtrise des eaux et forêts estimèrent la quantité de terrain qu’on avait prise sur cette seigneurie pour

ouvrir des routes. La somme des dommages-intérêts, fixée h 765 liv. 10 sols, fut payée à l’abbé, car Samoreau dépendait de sa mense l.

Un document du xvue siècle énumère les divers revenus de Samoreau, ainsi qu’il suit :

1° 100 arpents de terres labourables, à 4 livres l’arpent 400 livres.

2° 60 arpents de bois par coupe annuelle .... 1200 »

3° 15 arpents de prés, à 10 livres l’arpent . 150 »

4° Le bac de Valvin . 450 »

5° La dîme du blé . 40 »

6° La censive . 30 »

7° La dîme du vin et pressurage . 200 »

8° La pêche de la rivière 2 . 100 »

Le moulin de Valvin ne figure pas dans cette énumération. Cependant son existence nous est révélée par un contrat passé entre Pierre Charpentier et l’abbé de Saint-Germain-des-Prés, le 26 juillet 1459. Ce maître-ouvrier s’engagea, moyennant six vingts écus d’or, à construire un moulin à blé dans la seigneurie de Samoreau, avec une maison y attenant 3 4. La somme de deux mille trois cent et cinq livres, qu’on dut payer, le 10 mai 1742, pour établir un'nouveau bac à Valvin, nous montre ce que coûtait à cette époque une vulgaire embarcation *.

La déclaration de 1790 constate que l’abbaye de Saint-Germain-des- Prés possède dans la paroisse de Samoreau 325 arpents de bois taillis, divisés en 13 arpents de 25 ans, loués 300O livres.

Indépendamment de ces taillis en coupe réglée, 80 arpents de réserve dont la superficie peut valoir 900 livres l’arpent.

Une ferme avec des bâtiments en bon état, des terres, prés et

dixmes et un pressoir, loués . 800 livres.

Des lods et ventes, produisant année commune. . . 200 »

Dans la paroisse de Valvin, un droit de bac et de pêche rapportant annuellement . 1600 »

En 1790, les revenus de la seigneurie de Samoreau s’élevaient donc à 5600 livres 5.

La déclaration de 1790 garde le silence sur une partie du fief de

1 Arch. nat. S. 2959.

2 Id. S. 2959.

3 Id. S. 2959.

4 Id. S. 2959.

5 Id. S. 2858. LeijëI’E. CochëIUS, t. III, p. (58.

Samoreau, qui n’est pas sans importance. Un bail de 1687 nous dit que le rocher de Samoreau avec ses dépendances, propres à fournir du pavé, était affermé 1600 livres par an L La superficie de ce chantier comprenait 32 arpents 22 perches 1 2. Un arrêt du 5 décembre 1667 autorisait les fournisseurs du pavé de Paris à ouvrir des carrières partout où ils trouvaient une pierre dure et résistante. Samoreau ayant attiré leur attention, ils y établirent des ouvriers. Le fermier des religieux ne fut point charmé par l’arrivée de ces concurrents. Pour déconcerter les audacieux Parisiens qui voulaient s’imposer à tout prix, il trouva opportun de débaucher leurs gens et de les prendre à son service. De là s’ensuivirent des récriminations et des plaintes amères. La lutte devenait ardente, lorsque le sieur Pellisson, administrateur du temporel de l’abbaye de Saint-Germain, obtint, le 12 juillet 1684, un édit défendant à toute personne de faire du pavé à Samoreau sans sa permission. C’était le plus sûr moyen d’exclure la discorde et de ramener la paix dans les esprits. On protesta avec énergie, mais on ne voit pas que les mémoires produits à cette occasion aient changé l’état des choses.

Plus tard, le cardinal de Bissy afferma le rocher de Samoreau au sieur Outrequin, moyennant 1400 livres par an. Pendant qu’il vécut, tout alla à merveille. Le fermier fournissait annuellement pour la capitale 130 milliers de pavé, qu’il embarquait au port de Valvin. Lorsque cet abbé eut rendu l’âme, le sieur Outrequin voulut se dispenser de continuer le bail avec son successeur, son Altesse le comte de Clermont. Le spécieux prétexte qu’il invoqua et fit admettre par le contrôleur général laissait croire que le rocher de Samoreau ne pouvait plus donner de pavé convenable. Il yen avait, disait-il, de qualité supérieure au rocher de Train 3, où on lui permettait d’en extraire sans rien payer. Afin d’obliger les ouvriers de Samoreau à le suivre, il fit interdire le rocher de cette localité. Le comte de Clermont ne se laissa point effrayer par cette basse intrigue. Les personnes expérimentées qu’il commit pour examiner le rocher affirmèrent que le grain en était dur et qu’il pouvait fournir de bonne marchandise pendant plus de 60 ans. Fort de cette appréciation, ce sympathique seigneur demanda et obtint la permission de faire exploiter de nouveau le rocher de Samoreau. Il désirait que les ouvriers, ses vassaux, qui

1 Arch. nat, S. 2878.

2 Id. S. 2059.

3 Train, commune de Villecerf, canton de Moret-sur-Loing, ai r. Fontainebleau, (Seine-et-Marne).

avaient travaillé là de père en fils, pussent continuer à vivre sur la terre qui les avait vus naître. Toutefois, pour éviter une rivalité malsaine et ne pas nuire à la fabrication du pavé de Train, le fermier du comte de Clermont dut promettre d’observer certaines conditions qui lui étaient imposées. Il ne devait employer à la fabrication du pavé de Samoreau que 6 chefs d’atelier et 30 compagnons. Il lui était défendu de dépasser ce nombre. Si un chef d’atelier s’évadait ou décédait, il avait pour successeur un compagnon qui s’était rendu digne de la maîtrise par son travail et son habileté. Celui-ci était remplacé par un habitant de la paroisse à l’exclusion de tout étranger.

Le fermier du comte de Clermont devait, en outre, fournir à l’adjudicataire de Paris 150 milliers de gros pavés. Le millier de gros pavés, faisant 1122, était payé 75 livres. Le petit pavé valait 30 livres le millier l 2.

En 1089, le fermier des domaines de la généralité de Paris prétendait que le passage de Yalvin appartenait au roi, à cause de la terre de Montceau et de Fontainebleau. Le sieur Pellisson défendit avec succès cette possession, qui appartenait encore à l’abbaye de Saint- Germain-des-Prés, à l’époque de la révolution 3.

Les charges que l’abbaye de Saint-Germain devait acquitter à cause de la terre de Samoreau, étaient les suivantes :

1° Pour la portion congrue du curé de Samoreau . . 700 livres.

Page 1