‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 4)Chapitre 106 sur 121 · Pour les gages de Segogne, garde du Bois-Gautier · texte numérisé non relu

Pour les gages de Segogne, garde du Bois-Gautier

5. Le fermier général des biens de la mense abbatiale était tenu de

taire porter trois pains bénits en l’église de Samoreau pour les messes de Noël 3 41 »

Seigneurie temporelle.

Comme nous l’avons déjà vu, les religieux de Saint-Germain-des- Prés possédaient une grande étendue de bois à Samoreau. Plus d’une fois, ils durent les défendre contre des prétentions ou des servitudes injustifiées. Pierre de Samoreau, chevalier, surnommé Beaucens,

1 Archiv. wat. S. 2959.

2 ld. S. 2959.

3 ld. S. 2858, Lebei'F, — Cochems, t. III, p. 68.

soutenait qu’il avait seul le droit de chasser et d’abattre du bois dans ces forêts, de pêcher dans la Seine, au même endroit. A l’entendre, personne ne pouvait user de ce privilège sans sa permission. En i 179, il renonça à ces avantages en faveur des Bénédictins. Son épouse, Aveline, et ses enfants approuvèrent cette donation, que le roi ratifia dans un acte daté de Fontainebleau L

Mademoiselle de Samoys et son hôte de Samoreau revendiquaient un droit d’usage dans les mêmes bois. Pour mettre fin à ce litige, on consentit de part et d’autre à produire des témoins. Un sérieux examen de la cause démontra que les réclamations de Mademoiselle de Samoys n’étaient nullement fondées. Aussi s’empressa-t-elle de renoncer à tout ce qu’elle exigeait et le roi Philippe-Auguste sanctionna l’accord conclu à ce propos (février 1211) 1 2.

Les habitants de Samoreau affirmaient qu’ils avaient droit de prendre, pour leur usage, dans les bois de l’abbaye de Saint-Germain tous les chênes secs qui s’y trouvaient. Comme ils voulaient s’en emparer, les religieux s’y opposèrent et en appelèrent aux tribunaux. Un arrêt de la cour du roi, rendu au palais de la Cité, leur donna raison et déclara que les habitants de Samoreau n’avaient droit ni aux chênes secs ni aux chênes verts (février 1230) 3.

Le 16 avril 1317, les habitants de Yulaines-sur-Seine et de Samoreau conclurent un traité avec les Bénédictins par lequel ils s’engageaient à ne conduire leurs bestiaux dans les bois de l’abbaye que 7 ans après chaque coupe. C’était l’unique moyen de prévenir les graves dommages que les animaux causaient dans les taillis, qui croissaient lentement à cause de l’aridité du sol. Cet acte nous apprend que les boulangers du monastère et de l’aumônerie de Saint-Germain chauffaient leurs fours avec du bois provenant des forêts de Samoreau 4.

Nous savons par des lettres de Gautier, archevêque de Sens, que le curé de Samoreau se croyait en possession de certains droits d’usage dans les bois de l’abbaye. Ayant consenti à y renoncer, les

1 Arch. nat. L. 807. K. 25 n° 10; LL. 1024, p. 26; LL. 1025, p. 149; LL. 1029, [>. 49 S. 2977, Tardif, Monuments historiques, ri" 679. Luchaire, Louis VII, n° 763.

2 Id. K. 27, n° 32. Tardif, n° 760. Delisle. Actes de Philippe Auguste , n° 1258.

3 Arch. nat. L. 807. Boutaric, Actes du parlement, Actes antérieurs aux dira.

4 Id. K. 40, n° 19. Tardif, n° 1114.

religieux promirent de lui payer, en la fête Saint-Pierre, à lui et à ses successeurs, une rente de 60 sols (juin 1229) L

Le curé de cette même paroisse percevait aussi le tiers des dîmes de Samoreau, de Champagne, de Yulaines et de Valvin. Il céda ce revenu aux Bénédictins, après s’être réservé les dîmes de la laine, du lin, du chanvre et des bestiaux. En retour, il recevait une rente annuelle de 13 livres, payable le jour de l’octave de Saint-Remi et le jour de l’octave de la Toussaint. Le monastère de Saint-Germain jouissait de temps immémorial des deux autres tiers, et cependant il ne présentait point à la cure. Tout porte à croire que ces dîmes avaient été inféodées, et que les religieux les avaient achetées ou reçues en donation (1257)1 2.

L’abbaye de Vezelay (Yonne) avait un prieuré à PontloupdeMoret,qui prélevait le douzième de la dîme du blé et du vin à Samoreau. D’autre part, le village de Champagne qui relevait de ces mêmes religieux devait payer la dîme aux Bénédictins de Saint-Germain-des-Prés. Les deux communautés passèrent une transaction et, réciproquement renonçant à leurs droits, déchargèrent de toutes redevances leurs terres respectives (décembre 1256) 3.

Robert, duc de Bourgogne, imitant en cela l’exemple de ses aïeux et prédécesseurs, s’était toujours montré favorable au monastère de Saint-Germain-des-Prés. L’abbé Jean voulut lui témoigner sa gratitude. Avec le consentement unanime de ses religieux, il lui abandonna, sa vie durant, l’usufruit de l’hôtel seigneurial de Samoreau et de toutes ses appartenances. Il fut convenu qu’il ne pourrait vendre ni couper les grands bois qui en dépendaient, sinon pour l’usage ordinaire et l’entretien de cette maison dont on lui cédait la jouissance. Le prince s’engageait à maintenir en bon état tous les bâtiments, à conserver et à défendre les droits de la seigneurie et à acquitter les charges qui pouvaient exister. Il devait, en particulier, payer 26 livres tournois de rente annuelle au curé de la paroisse (février 1288) 4.

S’il faut en croire la déclaration de 1548, les religieux de Saint- Germain-des-Prés avaient toute justice à Samoreau. Néanmoins nous voyons qu’en 1269 (février), la faculté de juger les homicides et les

1 Arch. nat. L. 807.

2 Id. LL. 1020, p. 170. Bib. nat. ms. lat. 12888, p. 132. Bouillart, p. 131.

3 Id. LL. 1020, p. 170.

4 Chambre des comptes de Dijon. Plancher, Hist. de Bourgogne, t. Il, p. 07; Brequigny, Tab. chron., VII, p. 200.

larrons leur fut contestée. Nous ignorons les motifs qu’on alléguait pour leur retirer ce privilège, qui leur fut conservé L

Dans l’inventaire des archives de Seine-et-Marne (t. III, p. 20), nous trouvons deux sentences pour sauvegarder les droits des Bénédictins à Samoreau.

La première frappait le sieur Bonaventure Fauty, marchand de bois à Fontainebleau, coupable d’avoir causé de notables dommages dans les prairies des religieux en y faisant passer ses voitures. Cité à comparaître en justice pour y répondre de son méfait, il dédaigna apparemment cette convocation et fut condamné par défaut à 36 livres d’amende.

La seconde avait pour fin de punir un crime plus grave. Gabriel Mouneux, également marchand déboisa Fontainebleau, ne s’était pas contenté des bois de l’église de Champagne, qui lui étaient échus par adjudication. Pénétrant dans la réserve de Samoreau, il avait coupé 15 pieds d’arbres de diverses grosseurs. Ce vol lui coûta 60 livres d’amende payables à monsieur le comte de Clermont.

A la date du 2 décembre 1675, nous trouvons un exemple de cheptel particulier, tout à l’avantage de plusieurs habitants de Samoreau, peu favorisés des biens de la fortune. Cette manière de secourir des indigents avait peut-être été inspirée par les religieux. À leur instigation sans doute, maître Pelisson Fontanier, administrateur des revenus temporels des abbayes de Cluny et de Saint-Germain-des-Prés, délaissa une vache à bon nombre de veuves et à quelques carriers. Ils devaient la loger et la nourrir, et, par suite, en percevoir tous les fruits, tant qu’elle serait en leur possession. Le propriétaire pouvait la reprendre, quand il lui plaisait. Si le possesseur la vendait, il était obligé d’en remettre le prix au curé pour en acheter une autre 2.

A Fontaine-le-Port 3, il fut question d’établir un passage sur la Seine. Comme cet endroit n’était éloigné que d’une lieue et demie de Valvin, ce projet pouvait nuire au bac des Bénédictins. C’est pourquoi ceux-ci semblent l’avoir combattu, de 1672 à 1696 h

4 Boutàric, Actes du Parlement, t. I, 1497.

2 Arch. nat. S. 2959.

3 Fontaine-le-Port, canton de Châtelet, arrond. Melun (Seine-et-Marne).

4 Arch. nat. S. 2959.

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AUSSONVILLE.

Dubreul nous dit dans sa chronique, qu’il y avait à Absedovilla, en français Aussonville, bourgade située à deux lieues de Nemours (Seineet-Marne), une église dédiée à Saint-Germain et à Saint- Vincent L Une charte nous apprend quod ad personam vicarii esse solebat. Gela signifie-t-il qu’elle était sous le patronage d’un viguier? Nous ne saurions l’affirmer d’une manière certaine. Cependant la chose ne nous paraît pas invraisemblable 1 2. Guillaume, abbé de Saint-Germain-des- Prés, alla trouver Daimbert, archevêque de Sens, et le supplia d’en faire don à son monastère. Le prélat exauça sa demande, mais il s’y réserva le droit de synode, de visite et de juridiction. En outre, l’abbé de Saint-Germain devait lui payer une rente annuelle de 20 sols, à la Saint-Remi, c’est-à-dire le premier octobre (décembre 1109). On ne sait pas à quelle époque cette église a cessé d’appartenir aux Bénédictins 3.

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