‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 4)Chapitre 11 sur 121 · X. — LES THÉATINS (1644) L · texte numérisé non relu

X. — LES THÉATINS (1644) L

Dans une supplique adressée au très haut et très puissant prince, Monseigneur Henri de Bourbon, évêque de Metz et abbé de Saint- Germain-des-Prés (16 juillet 1648), Don François-Marie del Monaco et ses compagnons, clercs réguliers, vulgairement appelés Théatins, disent qu’ils ont été envoyés en France depuis quatre ans par leur supérieur général pour faire une fondation à Paris. Us ont d’abord occupé une maison très insuffisante où l’archevêque leur a permis de vivre suivant leur règle.

En dépit de la gêne où ils se trouvaient, ils ont donné deux carêmes et deux avents « avec consolation des étrangers et grand concours des naturels français. » Enfin, grâce à la libéralité de Monseigneur le cardinal Mazarin, ils ont acquis une habitation assez logeable. Us demandent la permission d’y célébrer l’office divin, d’y chanter, psalmodier, prêcher, confesser, donner la communion. On le voit, les Théatins ne se fixèrent pas tout d’abord au quai Malaquais, comme l’écrit Gocheris, ou, s’ils s’y établirent, il faut croire que leur immeuble reçut de notables améliorations. L’abbé de Saint-Germain les reconnut légalement par ses lettres du Ie1' août 1648.

1 Gocheris, III, 199.

Le 7 du même mois, la chapelle lut bénite et le roi plaça lui-même la croix sur le portail de la maison, qui, suivant ses ordres, fut appelée Sainte-Anne-la-Royale. La première pierre de l’église, pour laquelle Mazarin donna 800000 livres, fut posée par le prince de Conti, le 28 novembre 1002. Monseigneur de Luçon, autorisé par Dom Ignace Philibert; prieur de Saint-Germain, avait, le 7 septembre 1(364, béni les fondements de cet édifice, dont les travaux, interrompus faute d’argent, ne furent terminés qu’en 4720.

Le 28 août 4664, la Reine-Mère donna aux Théatins le corps de saint Venant, qu’elle avait reçu de Rome. L’année suivante (20 mars 4665), le prieur de Saint-Germain vérifia l’authenticité de ces reliques et permit de les exposer à la vénération des fidèles.

Dans un billet sans date, Don André de la Croix, théatin, demanda au grand vicaire de Saint-Germain de lui accorder dispense de tous bans, pour le futur mariage d’un soldat vivant en concubinage avec sa future épouse. On les croyait unis par le lien conjugal. Il rappellait que la même chose avait été faite pour un autre mariage, ce qui a fort bien réussi.

Zacharie Gossard Duquesnay, supérieur des Théatins, déclara, le 46 février 4790, que la maison conventuelle comprenait 46 religieux proies, 2 agrégés et 2 postulants. Les revenus étaient de 49 289 livres 8 sous 4 deniers. Les charges s’élevaient à 32488 livres 4 sou. Le couvent avait un passif de 46500 livres environ. Les religieux reçurent l’ordre, le 20 avril 4791, de se disperser, de se retirer soit aux Chartreux, maison qui leur était désignée comme retraite, soit dans d’autres lieux qu’ils jugeraient à propos de choisir.

L’église et les bâtiments du couvent furent vendus, le 9 décembre 4797, et démolis en 4822.

Georges

Un ermite, nommé Frère Georges Tarri, natif d’Aix-en-Provence, était venu à Paris. Monseigneur de Metz, abbé de Saint-Germain, lui permit verbalement, en 4645, de se fixer dans le faubourg, de réunir des enfants et de les élever dans la crainte de Dieu. Logé près des Incurables, il les y envoyait à la messe et les catéchisait ensuite. Pendant le jour, il parcourait la ville avec son troupeau Un crucifix à la main, il demandait l’aumône pour ses jeunes pupilles. Cette œuvre fut supprimée en 4657. Après que les enfants, dont il avait

la garde, eurent trouvé asile à l’hôpital général, Georges Tarri se rendit à Rome avec plusieurs compagnons, muni d’un certificat de vita et moribus, que lui avait donné le prieur de Saint-Germain-des-Prés.

XII. — RELIGIEUX HIBERNAIS DE L’OBSERVANCE DE SAINT-FRANÇOIS (1053) h

Sauvai assure qu’ils obtinrent, en 1653, de l’abbé de Saint-Germain, la permission d’avoir un hospice dans le faubourg et qu’ils l’établirent rue du Chasse-Midi, aujourd’hui, rue du Cherche-Midi. Le Père Dillon eu était le supérieur. Le 13 avril 1058, en demandant au prieur de Saint-Germain la permission de faire quelques exercices à l’intérieur de leur maison, il motiva ainsi sa requête en termes assez caractéristiques pour qu’on nous accorde de les citer : « Expectanuis aliquando Dei misericordiam, ut in patriam nostram redire valeamus. Interea vero cum nobis mendicare non liceat, nec aliter quam ex solis missis vivere possimus, ideo necessarium est ut sæculares ac benefactores quorum beneflcio vivimus, de nobis sinistre tamquam otiosis vel dormitabundis non judicent, sed actiones aliquas nostras quibus ædiflcentur, videant, et cum illis in divinis honeste communicemus, nec eos per quos vivimus excludamus, nisi ex toto mori et lame perire oporteat. » La même lettre exprime que ces religieux s’appliquent à instruire dans la vraie foi les catholiques et même les hérétiques anglais, et à former des missionnaires pour leur patrie. Le 1er juin, le prieur de Saint-Germain autorisa les récollets hibernais à célébrer l’ottîce divin dans leur chapelle, où ils pouvaient admettre leurs bienfaiteurs et entendre les confessions; mais il leur était défendu d’avoir des messes hautes et des prédications publiques.

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