IX. — LES MISSIONS-ÉTRANGÈRES (1637) L
Monseigneur de Raconis, évêque de Lavaur, était directeur de la propagation de la foi en 1637. Cette œuvre instituée à Paris, sous le titre de l’Exaltation de la Sainte-Croix, avait pour but de catéchiser les nouveaux convertis et ceux qui se trouvaient plongés dans l’erreur. Des instructions spéciales se donnaient à cet effet dans l’église de Saint-Germain -des -Prés. Aucun associé ne devait y enseigner publiquement, sans une autorisation particulière. Ce zèle pour le salut des âmes devait amener, vingt-cinq ans plus tard, la fondation des Missions-Étrangères.
Par contrat passé devant deux notaires du Châtelet, le 16 mars 1663, Bernard de Sainte-Thérèse, évêque de Babylone, céda tous ses biens aux sieurs de Morangis et de Garibal, sous la condition d’établir une maison, où seraient formés des missionnaires qu’on enverrait ensuite
1 Cocheius, 111, 234. Tisserand, 400. Arch. nat. L. 760.
dans les pays idolâtres, et surtout en Perse, où il avait exercé le ministère évangélique. Ce legs donna naissance au séminaire des Missions, et une rue qui l’avoisine prit, vers 1673, le nom du pieux donateur. Une chapelle fut construite, mais elle fit place, en 1683, à un édifice plus vaste, qui se voit encore aujourd’hui. L’abbé de Saint-Germain-des-Prés permit aux directeurs des missions étrangères d’administrer tous les sacrements, excepté le baptême et le mariage. Il se réserva de conférer la juridiction spirituelle et les ordres. Il maintint ses droits de fisc et imposa à l’établissement l’obligation de payer chaque année un écu d’or au curé de Saint-Sulpice. Au moment de la révolution, le séminaire des missions comptait 10 prêtres directeurs, et 40 missionnaires, dont 6 évêques. Ses revenus se montaient à la somme de 117 787 livres 11 sous 11 deniers, et ses charges à 53718 livres 6 sous 4 deniers.
Vendu comme propriété nationale, ce séminaire fut racheté et rétabli le 23 mars 1805.