LAVAL-SAINT-GERMAIN
C’était un hameau de la paroisse de Saint-Germain-Laval, désigné dans les anciens documents sous les noms de Vallis, La Val, La Vau. Dès le xue siècle, nous y trouvons une chapelle dédiée à saint Laurent. En 1145, Hugues, abbé de Saint-Germain-des-Prés, fit une convention avec Hugues de Toucy, archevêque de Sens, pour déterminer les droits que le curé de Saint-Germain-sous-Montereau pouvait prétendre sur la chapelle de Saint-Laurent de Laval; le curé devait nommer un prêtre pour le service de cette chapelle; tous ses paroissiens, habitant sur le territoire de Laval, payaient annuellement à ce prêtre desservant, ceux qui avaient des bêtes de labour, une mine de froment, et ceux qui travaillaient avec leurs seuls bras, une mine d’orge 2. Comme cette chapelle était située à deux lieues de la paroisse de Saint-Germain, elle devint petit à petit une chapelle de secours avec son baptistère, ses cloches, son tabernacle, son cimetière; on y célébrait les messes et les offices, notamment la fête de Saint-Germain au 28 mai. La chapelle primitive fut remplacée, au xmp siècle, par une jolie église à trois nefs, qui existe encore aujourd’hui.
1 Arck. nat. L. 2960.
2 Bib. nat. ms. lat. 12838.
VILLENEUVE-LA-CORNUE (aujourd’hui Salins).
Cette localité, qui porte actuellement le nom de Salins (Seine-et- Marne), était située sur un territoire contigu à celui de Saint-Germain- Laval et soumis à la seigneurie d’une famille puissante dans le pays. La famille des Cornu avait fourni plusieurs dignitaires à l’Eglise, entre autres un archevêque de Sens, Cornu, au xme siècle. Ce fut un de ces seigneurs qui, pour donner de la prospérité à son domaine et se procurer des bras pour le défrichement de ses forêts et la culture de ses terres, recourut au moyen si fréquemment employé par les rois ou les barons féodaux, la construction d’une ville sur son territoire. Les villes, qu’on désignait dans le nord sous le nom de Villeneuve et dans le midi sous celui de Bastide, surgissaient avec leurs rues, leurs places, leur église, leurs remparts et leur charte de commune; elles devenaient rapidement peuplées et florissantes. Telle fut l’origine de cette localité, qui, du nom de son fondateur, fut appelée Villeneuvela-Cornue.
En 1215, Gautier Cornu et ses frères, qui possédaient des biens à la Chapelle Kablais, hameau de Saint-Germain-Laval, eurent quelques difficultés avec l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, difficultés facilement aplanies du reste; car, dans des lettres de cette même année, Philippe-Auguste atteste que, en sa présence, Gautier Cornu et ses frères ont renoncé aux droits qu’ils prétendaient avoir sur la chasse et les haies dans les bois de Saint-Germain, à Arrabloy (Érabloy) L
Au mois de décembre 1218, maîtres Gautier et Àlbéric Cornu, chanoines de Paris, et leur frère, Gilon, chanoine d’Orléans, au nom de dame Ysabelle, leur mère, et de messire Symon, leur frère, conclurent un échange avec les religieux : ils leur abandonnèrent tout ce qu’ils possédaient dans le territoire de Saint-Germain, à Changy 2, à Gardeloup 3 4, et reçurent d’eux 60 arpents de bois que l’abbaye possédait à Villers 1 et qui leur furent cédés en augmentation du fief, qu’ils tenaient de Saint-Germain-des-Prés 5.
1 Arch. nat. L. 809. n° 80. Quesvers, Notes sur les Cornu, Société d' archéologie de Seine-et-Marne, t. X, 1894, p. 4.
2 Changy, ferme de la commune de Courcelles (Seine-et-Marne).
3 Gardeloup, hameau de Saint-Germain-Laval.
4 Ferme, commune de Salins.
5 Arch. nat. L. 800, n" 22.