II. Le fief de Giresme consistant
1° En une maison bourgeoise, assise au village de Saint-Germain, et en un jardin y tenant, contenant un arpent, possédés par madame veuve Desmourettes.
2° En 18 arpents de terre.
3° En 7 arpents et demi de pré.
4° En 18 sous de cens, 2 sous de rente, 3 chapons à Noël, une mine d’avoine, 3 sous 6 deniers à la Chandeleur, et à Pâques 4 sous. Le tout est possédé par monsieur Boula de Montgodefroy et la veuve Hébert.
III. Le fief de Soûlas, consistant en 7 quartiers de terre, situés au terroir de Montry, possédé par Monsieur de Montry (aveu 1788) 2.
Un aveu de 1522 mentionne aussi le fief dé la Personne, qui consistait en 6 arpents de terre et un quartier de pré 3 4.
Plusieurs fiefs étrangers se trouvaient au territoire de Saint-Germain-lès-Couilly et relevaient de la seigneurie de Montguillon; on les connaissait sous le nom de fiefs des Briais, des Curebecqs et de la Marmionne L
Les déclarations de 1788 et 1790 nous donneront des renseignements exacts et précis sur les possessions des Bénédictins à Saint- Germain-lès-Couilly. Ils avaient en ce lieu :
1° Les cens et rentes, lods et ventes et autres droits de la dite seigneurie, dont relevaient les fiefs de la Corvée, de Giresme et Soûlas, produisant, année commune, 147 livres.
1 A rch. nat. S. 2963.
2 Id. S. 2963.
3 Id. S. 2961.
4 Id. S. 2961.
2° La ferme seigneuriale, comprenant un grand corps de logis avec cuisine, salle, chambres, greniers, cave, cellier, écuries, bergerie, grange, foulerie, poulailler, colombier à pied, jardin potager et fruitier, le tout contenant 10 arpents et un cpiartier, un pâti près de la ferme, 3 arpents de bois taillis, environ 180 arpents de terre labourable et 21 arpents 3 quartiers 10 perches de pré. Il y avait un petit bâtiment avec canonnières pour défendre la grande porte de derrière.
Item, la dîme sur les terrains de Saint-Germain-lès-Couilly, de Montguillon et, en partie, de Montry.
Item, la ferme de Lilandry, même paroisse de Saint-Germain-lès- Couilly, située près Bailly, consistant en une maison, à trois travées, basse d’étage, deux granges, l’une de quatre travées et l’autre de cinq, étables, toits à porcs et autres bâtiments de ferme, cour fermée de murs, jardins, contenant 3 arpents, et 180 arpents, environ, de terre labourable, le tout loué au sieur Théodore Hébert, par bail du 27 novembre 1786, au prix de 2000 livres, et, en passant le bail, 6000 livres, faisant par an 666 livres 4 sols 4 deniers plus 12 muids de blé, estimés 3456 livres, 4 douzaines de fromages de Brie, (144 livres), 6 canards de 3 livres chaque (18 livres), et le payement, au nom des religieux, des décimes au diocèse de Meaux, se montant à la somme de 1198 livres.
Le fermier devait, en outre, fournir au curé de Saint-Germain-lès- Couilly, pour son gros :
1° 3 muids de froment, estimés 864 livres.
2° Un muid d’avoine, mesure de Crécy, estimé à 15 livres le septier (187 livres).
3° 3 muids de vin de dîme (120 livres).
Item, au chapitre de Meaux, sur la dîme, un muid de blé, mesure de Meaux, à 20 livres le septier (240 livres).
Item, au curé de Montery, 8 septiers de blé, mesure de Meaux, à 20 livres le septier (160 livres); plus 4 septiers d’avoine, même mesure, à 15 livres le septier (60 livres); plus un muid de vin (40 livres); plus en argent, 80 livres.
3° Le vieux moulin de Saint-Germain-lès-Couilly, sur la rivière du Morin, avec ses bâtiments et logis, îles et pâtures en dépendant, 5 quartiers de terre labourable et 4 arpents environ de pré en deux pièces, loués au sieur Denis le Roy 550 livres, et, en passant le bail, 1200 livres, faisant par année, 133 livres 6 sols 8 deniers (Bail du 4 avril 1785, jouissance, 1er avril 1786).'
4° Moulin neuf de la Corvée, loué aux Boyartaux, 650 livres, plus, en passant le bail, 1200 livres, faisant par an 133 livres 6 sols 8 deniers, plus 6 canards, estimés 3 livres pièce.
Nons devons faire remarquer que les religieux résolurent de consacrer 6200 livres pour construire à neuf la grange de Saint- Germain-lès-Couilly, et 1400 livres pour réparer celle de Lilandry le 28 janvier 1652 (Bail du 24 mars 1786, jouissance 1er avril suivant).
Les religieux de Saint-Germain-des-Prés payaient pour les décimes 1198 livres.
Les revenus de Saint-Germain-lès-Couilly s’élevaient donc à 10952 livres 6 sols 8 deniers, et les charges, à 2942 livres 1 2.
Les censives que les Bénédictins y possédaient s’étendaient sur 400 arpents de terrain, situés au Village, aux Noues, aux Ecorcheries, au Four à chaux, à la Marmionne, au haut et au bas des Vieilles-Vignes, à la Croix-Drouard, au chemin de Montomer, aux Jouvignes, à la Moinesse, à la Fontaine-Bandelle, à la Couture des Plantons, à l’Ormeau-loup, à la Tirette, aux Quatre-Vents, à la Croix, aux Jardins des Princes, aux Guillards, à la Folie, aux Grignons, au Ghanconin, au Ru de Lochy V
Hameaux.
1° Montguillon, comptant environ 35 maisons.
2° Le Moulin de la Misère.
3° La Champagne, groupe d’habitations faisant partie de Saint- Germain-lès-Couilly.
Seigneurie temporelle.
La seigneurie que les Bénédictins possédaient à Saint-Germainlès-Couilly était un bénéfice claustral, dont le Chambrier eut la jouissance jusqu’à la réunion des offices claustraux à la mense conventuelle. En cette qualité d’usufruitier, on le voit, dès le xne siècle, acquitter certaines redevances qui grevaient son fief. Son hôtel seigneurial était la ferme dite Closeau, contiguë à l’église. Au xme siècle, avec l’agrément de Gautier IV de Chatillon, Galéran, chambrier à cette époque, l’entoura d’une clôture. Sur les murs extérieurs, vers la plaine, il éleva deux petites tournelettes; mais il fut convenu qu’il n’y pourrait, ni lui, ni les siens, réclamer forteresse contre le seigneur de Crécy, et qu’on devrait les abattre sur sa réquisition.
La haute justice, dans le village de Saint-Germain, était une prévôté.
1 Bib. nat. ms. fr. 16855.
2 Arch. nat. S. 2963, S. 2858. Bib. nat. ms. fr. 20848, p. 25-26. s Id. S. 2963.
Il est à croire que les seigneurs dominants se l’étaient réservée, en donnant la terre aux religieux de Saint-Germain-des-Prés, puisque les engagistes continuaient à l’exercer sous Louis XIV. Les appels allaient au Parlement. Cette justice fut démembrée du domaine de Crécy, au xviiie siècle. Le 28 février 1719, on la céda par engagement à monsieur Boula, seigneur de Quincy, avec la liante, moyenne et basse justice de Couilly, moyennant 2000 livres. Ce nouveau degré de juridiction s’établissait au détriment des justiciables, qui ne tardèrent pas à s’en plaindre.
Crécy, après avoir passé jadis des comtes de Champagne au roi, fut cédé par Louis XV au comte d’Eu, petit-fils de Louis XIV et de madame de Montespan. Le duc de Penthièvre, héritier du comte d’Eu, en 1775, entendit les plaintes de ses vassaux et poursuivit la résolution du contrat de 1719. Il obtint le retour des justices de Couilly et de Saint-Germain au bailliage de Crécy, prononcé par arrêt du Grand Conseil du 28 février 1780, confirmé par lettres patentes du 12 juin suivant.
Il y avait une viguerie à Saint-Germain-lès-Couilly. Elle comptait, avec Cbanconin G Lesches 1 2 et Villenoy 3, parmi les quatre existant en Champagne et mentionnées par monsieur Longnon. On présume que le viguier n’était qu’un délégué de l’abbé de Saint-Germain-des-Prés, chargé d’administrer sa seigneurie. La viguerie, tenue féodalement vers 1172 par Jean de Pomponne, disparut, quand on confia la jouissance de ce domaine au Chambrier du convent 4.
Les Bénédictins exerçaient leurs droits de cens, de dîmes, de banalité et autres droits d’usage qui leur appartenaient.
Jacqueline Gallouet, abbesse du Pont-aux-Dames, avoua que son monastère possédait plusieurs héritages dans la censive de Saint- Germain-lès-Couilly, et qu’il payait, pour ce fait, 10 sols chaque année (août 1392) 5.
Deux siècles plus tard, 21 décembre 1582, Isabelle de Chabanne, abbesse du même lieu, reconnut que sa communauté détenait en la censive de Saint-Germain-lès-Couilly :
17 arpents de pré, 7 quartiers de vigne, 5 quartiers de terre labourable, aux Noues; 3 quartiers de vigne, au lieu dit les Vieilles Vignes, et qu’elle payait, pour cette raison, 10 sols par an 6.
1 Chanconin, canton de Meaux (Seine-et-Marne).
2 Lesches, canton de Lagny (Seine-et-Marne).
3 Villenoy, canton de Meaux (Seine-et-Marne).
4 Almanach historique (Seine-et-Marne), année 1897, p. 96.
5 Arch. nat. L. 806.
6 Id. LL, 1146, p. 560.
Henri de Citry, chevalier, s’engagea à payer tous les ans au Chambrier de Saint-Germain-des-Prés 4 deniers de rente, à cause des égouts de la cuisine de son manoir, qui tombaient sur le jardin de ce dernier (1331) G
Les religieux de Saint-Germain-des-Prés eurent plusieurs procès à soutenir relativement aux dîmes. Ils obligèrent l’abbé de Marmoutiers à les payer, pour les terres et les jardins qu’il possédait dans les limites des paroisses de Saint-Germain-lès-Couilly et de Bailly. Il lut fait exception, pour les terres nouvellement défrichées (1284)1 2.
En 1477, Jean Damon, curé de Saint-Germain-lès-Couilly, contesta aux Bénédictins les grosses dîmes du territoire. Il fut débouté de ses prétentions 3.
En 1506, Jean Baulteur et Ferry le Maire, fermiers des religieux de Saint-Maur-des-Fossés, refusaient la dîme pour quelques pièces de terre, situées en la paroisse de Saint-Germain-lès-Couilly. Le prévôt de Paris prononça un arrêt contre eux et les condamna à payer des dommages-intérêts au Chambrier 4.
A la suite d’une enquête faite, en 1573, sur la demande des religieux de Saint-Germain-des-Prés contre le curé de Saint-Germain-lès- Couilly, il fut reconnu que ceux-ci avaient toutes les dîmes tant anciennes que novales, parce qu’ils fournissaient la portion congrue au vicaire perpétuel et que l’église était bâtie sur leur fonds 5.
Cependant un arrêt de la cour, rendu le 6 juillet 1575, décida que le sieur Carré, curé, serait maintenu en la possession de la moitié des menues dîmes et de toutes les novales des héritages défrichés depuis le 6 juillet 1537 6.
La dîme des grains se percevait, à raison de la 13e gerbe ou botte; celle des vins, à la 30e pinte; celle de la fdasse, à la 13e poignée; celle des agneaux, à raison du treizième 7.
Les religieux avaient un four bannier en leur hôtel et ferme de Saint-Germain-lès-Couilly. Leur fournier exigeait un pain pour la quüure de 20 pains, suivant une attestation du 14 juin 1456 8.
1 Arch. nat. LL. 1152, p. 72.
2 Id. L. 800.
3 Id. L. 806.
4 Id. L. 806.
& Id. LL. 1152, p. 72.
6 Id. LL. t. LL. 1146, p. 546.
7 Id. S. 2858.
8 Id. LL. 1146, p. 563.
Les fermiers de Lilandry avaient coutume de mener leurs bestiaux paître sur une pièce de terre de 76 arpents, enclavée dans leur exploitation. Le sieur Deshuissart obtint une sentence, qui leur enjoignait de renoncer à cet usage; mais elle fut annulée au présidial de Meaux (22 février 1677) L
Les religieuses de Pont-aux-Dames étaient en possession du droit de pêche en la rivière de Morin. Elles voulurent interdire aux meuniers, fermiers des Bénédictins, de pêcher à l’endroit où se trouvaient les moulins et d’y faire rouir le chanvre, comme cela se pratiquait de temps immémorial. Après réflexion, l’abbesse consentit à traiter cette affaire à l’amiable. Nous ne voyons pas quel fut le résultat des pourparlers (1 septembre 1709)1 2.
Les Bénédictins avaient des hommes de corps, et, jusqu’à l'affranchissement de leurs serfs, ils revendiquèrent leurs droits de sujétion. Le 28 janvier 1292, Gilet de Couilly, enfant mineur, âgé de 12 ans, comparut en justice. Il se reconnut, lui et ses parents, de condition servile. Il avoua qu’il ne saurait entrer dans le clergé sans la permission des seigneurs abbés et religieux de Saint-Germain. Si, dans la suite, il renonçait au célibat, il serait de nouveau considéré comme serf3.
Nous pouvons conclure qu’il faisait bon vivre sous la crosse à Saint- Germain-lès-Couilly, comme partout ailleurs. Le trait suivant nous le prouve. Gabriel Hébert, fds aîné du défunt fermier, continuait le bail de son père. Le 7 juin 1680, il demanda aux religieux de lui assurer un nouveau bail aux mêmes conditions. Il était sur le point de se marier, et on consentait à lui accorder la jeune fille qu’il désirait épouser, s’il avait la certitude de conserver la ferme. Les Bénédictins firent droit à sa requête, en souvenir de son père, qui avait su mériter l’estime de la communauté 4.
Seigneurie spirituelle.
Saint-Germain-lès-Couilly comprenait autrefois le territoire qui forme aujourd’hui les paroisses de Montri et d’Esbly. En 1096, Vautier, évêque de Meaux, céda à Isembard, abbé de Saint-Germain-
1 Arch. nat. S. 2963.
2 Bib. nat. ms. fr. 16,837, p. 113.
3 Arch. nat. L. 806.
4 Bib. nat. chap. conv. ms. fr. 16,837.
des-Prés, l’église et ses revenus; mais il stipula qu’il lui fournirait, à lui et à l’église Saint-Étienne-de-Meaux, une rente annuelle d’un muid de blé L Cette redevance ne fut pas peut-être toujours fidèlement payée, car une sentence, rendue en 1231, spécifia la manière d’y satisfaire. Elle réglait que tous les ans, le samedi avant la fête de saint Remy, le sergent du chapitre de Meaux se rendrait sur le marché de la ville, en compagnie du Chambrier de Saint-Germain-lès- Couilly ou de son mandataire. Là, ce dernier devait acheter un muid de froment, au prix le plus élevé du jour, et le livrer au sergent, qui avait charge de le transmettre au chapitre 1 2.
Montri venait d’être érigé en paroisse. Simon, évêque de Meaux, décida que l’abbé des Bénédictins en nommerait le desservant, comme il le faisait déjà pour Saint-Germain-lès-Couilly. Il fixa, en même temps, le droit de procuration pour ces deux églises. Les religieux avaient l’obligation de fournir, tous les ans, à ce prélat ou à ses successeurs GO pains de convent pour la cuisine, de poids et de mesure ordinaires, 10 sols parisis, une demi-livre de poivre et de cumin, 3 livres de cire, au petit poids, ou une livre, au grand poids. En outre, les serviteurs de l’évêque se faisaient conduire au grand cellier et montrer tous les tonneaux, contenant du vin blanc. Après avoir limité leur choix à trois d’entre eux, ils puisaient un muid de vin dans celui qui leur plaisait. S’il n’y avait pas de vin blanc, ils prenaient du vin rouge. A ce tribut s’ajoutaient encore trois setiers d’avoine, mesure de Paris.
Les curés de Saint-Germain-lès-Couilly et de Montri devaient partager les revenus de leur charge et se jurer réciproquement fidélité. Il leur était loisible de desservir alternativement chaque paroisse ou de s’attacher à l’une d’elles. Ils avaient l’obligation commune de payer le luminaire de l’abbé (1185) 3.
Le 28 juillet 1348, Guillaume, archevêque de Sens, déclara que le Chambrier de Saint-Germain-des-Prés ne lui devait aucun droit de procuration ou de past, à cause de Saint-Germain-lès-Couilly 4.
Nous avons peu de chose à dire sur l’église, qui a été reconstruite au xive siècle. Le vaisseau mesure 26 mètres de long sur 12 de large et se termine en carré. La voûte du sanctuaire est formée d’arceaux creux retombant sur des colonnes engagées sous chapiteaux.
1 Arch. nat. L. 806.
2 Id. LL. 1026, p. 246.
3 Id. LL. 1026, p. 238.
4 Id. L. 806.
Il n’y a qu’un simple plafond dans la nef. Un bas côté, à droite, supporte le clocher quadrangulaire, surmonté d’une flèche et élevé d’une trentaine de mètres U Le chœur avait besoin de réparations. Les religieux donnèrent au curé et aux marguilliers la somme de 60 livres pour effectuer celles qui leur paraissaient les plus urgentes (10 avril 1627) 1 2. Le 28 janvier 1652, le convent décida de fournir 300 livres pour restaurer le clocher, qui menaçait ruine 3.
Le pouillé du diocèse de Meaux, dressé en 1648, mentionne une chapelle existant dans cette église. Elle était à la collation de l’abbé et procurait un revenu de 25 livres.
Monsieur et madame de Bernis possédaient la moitié des fiefs des Briais et de la Corvée, situés dans la seigneurie de Saint-Germain. Ils se plaignaient d’être peu commodément placés pour l’office divin. L’étroite chapelle qu’ils occupaient servaient en même temps pour le curé, les marguilliers et les chantres. Us proposèrent de la partager en deux par une balustrade ; une partie devant être transformée en sacristie, après avoir reçu des décorations convenables, et l’autre, réservée pour eux et leurs descendants. Si on faisait droit à leur requête, ils promettaient de donner une grille en fer pour servir de table de communion et de clôture au sanctuaire. Le curé supplia les religieux d’agréer la demande de monsieur de Bernis, bienfaiteur de l’église et des pauvres. Il avait tout récemment fait présent d’un dais pour les processions du Saint-Sacrement. Ces motifs déterminèrent les Bénédictins à concéder ce qu’on leur demandait (1er mai 1768) 4.
Le 13 septembre 1769, le sieur Jacques-François-Jacob Cornu de Châtenay, avocat au parlement, demeurant à Paris, rue de la Sorbonne, fut inféodé et mis en possession de l’hostel de Giresme, de son jardin et de ses dépendances. Il prétendait avoir droit à une moitié de banc dans l’église et à des privilèges honorifiques. Comme ses prédécesseurs n’avaient point fait mention de tout ceci dans leurs aveux, on le pria de justifier ses réclamations. Nous ne savons s’il réussit à prouver ce qu’il affirmait 5.
Le curé de Saint-Germain-lès-Couilly remarquait dans le voisinage de sa maison une place presque inutile au public. Il demanda aux
1 Almanach historique, an 1897.
3 Bibl. nat. ms. fr. 16855.
4 ld. 16859, p. 273.
5 Arch. nat. S. 2961.
Bénédictins la permission de l’enclore dans son jardin. Ils le lui accordèrent, après avoir pris l’avis de la population (5 juilllet 1677) L En 1717, nous trouvons que le curé jouissait :
1° D’une maison à deux travées et demie, pouvant être louée 13 livres.
2° D’un jardin potager, contenant 6 perches et de revenu.
valant 2 livres
3° D’une dîme de novales, estimée
Il recevait pour son gros :
35 livres.
1° Trois muids de blé, valant
2° Un muid d’avoine,
3° Trois muids de vin,
Son revenu annuel s’élevait à 1 2 440 »
Aujourd’hui, l’église de Saint-Germain-lès-Couilly, simple chapelle vicariale, est desservie par le curé de Couilly.
Curés.
1320-23. Pierre de Couilly, bénédictin de Saint-Germain-des-Prés, dont il devint trésorier. Il mourut en 1338.
1477. Jean Dainon.
1357. Nicole de Neufchatel, bienfaiteur de l’Hôtel-Dieu de Meaux. 1685. Du Parc.
1726. Baron.
1774. Charles Douay.
Chambriers.
1191. Martin Nicolas et Jean, religieux de Saint-Germain.
1290. Thibault d’Escuelle.
1310. Jean de Pontoise.
1325. Baoul.
1406. Jean de Saint-Léger.
1477. Jehan Drouet.
1511. Henry de Crusy.
1 Bibl. nat. ms. fr. 16857, p. 92.
2 Arch. nat. S. 2963.
MONTRI \
Montri était, dans le principe, un hameau dépendant de Saint- Germain-lès-Couilly. Il comptait, sans doute, de nombreux habitants, puisqu’en 1133 Thibault, abbé de Saint-Maur-des-Fossés, demanda à Hugues, abbé de Saint-Germain-des-Prés, la permission d’y bâtir une chapelle. Il désirait peut-être faciliter l’audition de la messe aux tenanciers qu’il avait en cet endroit. Appuyée par Mathieu, évêque d’Albano, légat du Saint-Siège, Burcard, évêque de Meaux, Étienne, évêque de Paris, et Suger, abbé de Saint-Denis, sa supplique trouva bon accueil. Toutefois, il fut convenu que ce sanctuaire et la demeure du prêtre désigné pour le desservir seraient toujours considérés comme faisant partie du domaine de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés. L’abbé de Saint-Maur-des-Fossés s’engagea à fournir au chapelain trois muids de blé et trois muids de vin, qu’il devait prélever sur ses biens propres 1 2.
Cinquante ans plus tard, en 1185, la chapelle de Montri fut érigée en paroisse séparée. On stipula que le curé de Saint-Germain desservirait son église, une semaine, et celle de Montri, la semaine suivante. Le curé de Montri devait faire de même, à moins que chacun n’aimât mieux se donner à sa paroisse, sans alterner 3.
Dans l’église de Montri, il y avait une chapelle dédiée à saint Sébastien. Monsieur de Reilhac l’avait close par une balustrade. Les religieux lui permirent d’y avoir sa sépulture. Sa famille jouissait de ce privilège, depuis au moins deux cents ans (17 février 1666) 4.
Un désaccord existait depuis longtemps entre le curé de Montri et les religieux de Saint-Germain. Celui-ci prétendait avoir les menues et vertes dîmes dans l’étendue de sa paroisse. Les Bénédictins soutenaient le contraire. Enfin, une transaction fut conclue. On régla que le curé ne percevrait les menues dîmes que sur la ferme de Messieurs de Saint-Maur, située dans le village. Il ne devait point, non plus, payer la dîme pour les deux pièces de terre dépendant de son bénéfice, à moins qu’elles ne fussent louées dans la suite. L’abbaye de Saint-
1 Commune de Coupvray, canton de Lagny (Seine-et-Marne).
* Arch. nat. LL. 1024, p. 68. LL. 1025, p. 79. LL. 1026, p. 239. L. 806.
3 ld. 1026, p. 238.
4 Chap. conv. Bib. nat. ms. fr. 16856, p. 246.
Germain-des-Prés promit de lui donner 80 livres chaque année (juillet 1700) '.
Nous lisons dans la déclaration de 1790 que le gros du curé de Montri, fourni par les religieux de Saint-Germain, se composait de :
8 septiers de blé, mesure de Meaux
100 livres,
4 septiers d’avoine
1 muid de vin
Et en argent
Total :
340 livres
Curés.
1607. Louis Dandelles.
1708. Vincent, décédé.
1708. Denis Parent, qui lui succéda.
CARNETIN.
Ce hameau, situé dans le canton de Glaye, arrondissement de Meaux, Seine-et-Marne, est désigné par l’historien Bouillart sous le nom de Garnotin. C’est du reste la traduction exacte du mot Carnotinum, que nous trouvons dans un document de 1178, où Adèle, reine de France, confirme un accord intervenu entre Hugues, ahbé de Saint-Germain-des-Prés, et Barthélemy de Paris, chevalier. Cette charte nous permet de supposer que les Bénédictins avaient une propriété assez considérable en ce lieu, lorsqu’elle nous dit que Barthélemy réclamait le droit de voirie et d’autres droits sur tout ce que les religieux possédaient en bois et en terres arables. Le conflit durait depuis de longues années et il convenait d’y mettre un terme. Le chevalier Barthélemy de Paris renonça à ses prétentions et reçut de l’abbé de Saint-Germain 300 sols parisis 1 2 3.
Que devint cette dépendance des Bénédictins? Nous ne le savons pas et nous n’avons aussi rien de certain sur son origine.
1 Chap. conv. Bib. nat. ms. fr. 16857, p. 34-1.
2 Arch. nat. S. 2858.
3 Id. K. 25, n° 9, LL. 1026, p. 251. Tardif. Monuments historiques n° 678.