SAUVAL. I
VII. — PRIEURÉ DES BÉNÉDICTINES DE LA CONSOLATION DU CHASSE-MIDI l.
Les Augustines de Laon vinrent s’établir à Paris. Elles achetèrent, le 13 mai 1634, rue du Cherche-Midi, remplacement sur lequel s’éleva leur monastère. L’abbé de Saint-Germain approuva la fondation que tirent ces religieuses, connues sous le nom de religieuses de Saint- Joseph. Leur zèle à instruire gratuitement la jeunesse ne les préserva pas de la ruine. Marie-Éléonore de Rohan, abbesse de Malnoue, qu’elles surent gagner, vint à leur secours. En se chargeant de satisfaire les créanciers, elle demanda et obtint, en 1669, qu’on observât la règle bénédictine dans ce monastère. Au mois de septembre de cette même année, des lettres patentes autorisèrent ce changement. Une déclaration de 1789 montre que ces religieuses confectionnaient un sirop balsamique et grossissaient ainsi leurs revenus. La rue d’Assas a été en partie ouverte sur les terrains dépendant du prieuré de Notre-Dame de Consolation.
Mil. — BERNARDINES DIJ PRÉCIEUX SANG, RUE DE VAUGIRARD (1656) 2.
Les religieuses Bernardines venues de Grenoble s’établirent, en 1635, rue du Pot-de-Fer, près du noviciat des Jésuites, dans une maison qu’elles achetèrent de François Robert de Montry. Ce monastère porta le nom de Sainte-Cécile. Accablées par le poids de nombreuses dettes, ces religieuses durent l’abandonner à leurs créanciers. Elles se réfugièrent alors dans une maison qu’elles louèrent rue du Bac. Leur pauvreté toucha plusieurs personnes de piété, qui leur portèrent secours. La duchesse d’Aiguillon leur donna 9000 livres; Pierre Sauger, secrétaire du Roi, 200 livres de rente; la dame de Bidière, 10.000 livres. Ces généreuses offrandes leur permirent de fonder un nouveau couvent, rue de Vaugirard. Le 20 février 1659, elles firent vœu de se consacrer au culte du Précieux Sang de Jésus-Christ et en prirent le titre au lieu de celui de Sainte-Cécile. Dom Bernard Audebert, prieur de Saint-Germain, présida la cérémonie de cette louable innovation.
ré
Comme rien ne leur réussissait, les Bernardines du Précieux Sang solurent d’un commun accord d’embrasser l’étroite observance
1 Dom Beaunier. i, 126.
- Ibid., I. 107. Arch. nat. L. 773; LL. 1U0.
et à vivre suivant l’esprit primitif de Gîteaux. l)om Ignace Philibert, prieur de Saint-Germain-des-Prés, approuva leur dessein et reçut leur profession, le 27 août 1661. Dieu les combla de grâces. Malgré leurs mortifications, leur abstinence perpétuelle, le lever matinal, qui avait lieu à deux heures, elles n’eurent plus de malade.
En donnant une riche aumône, la duchesse d’Aiguillon avait demandé qu’on fît dire une messe devant le Saint-Sacrement, exposé tous les vendredis de l’année, pour feu Monsieur le cardinal de Richelieu. Les religieuses devaient y chanter deux motets, en l’honneur de Jésus dans l’Eucharistie, et terminer par un De prof undis. Le soir, au salut, elles répétaient trois fois la supplication : pie Jesu, Domine, etc.
Dans un procès-verbal de visite canonique que le prieur de Saint- Germain faisait le 3 avril 1707, nous pouvons relever les recommandations suivantes :
Les religieuses prendront garde de précipiter l’oOîce divin et veilleront à observer exactement les pauses.
Elles suivront l’ordre établi pour les confessions et tâcheront de ne pas y employer trop de temps.
Elles n’iront point au parloir sans assistante. Elles ne mangeront point en dehors du réfectoire. Les sœurs converses porteront plus de respect aux religieuses de chœur.
Au moment de la révolution, les Bernardines du Précieux Sang étaient 15 religieuses de chœur et 5 sœurs converses. Leurs revenus annuels se montaient à 18.335 livres 12 sous 9 deniers et les charges à 8962 livres 19 sous 3 deniers. Leur monastère fut vendu comme bien national, en 1797, et, sur son emplacement, on prolongea la rue Madame, qui s’arrêtait antérieurement à la rue de Vaugirard.