IX. — CHANOINESSES DU SAINT-SÉPULCRE OU AUGUSTINES DE BELLE-CHASSE
Le 20 août 1635, l’abbé de Saint-Germain-des-Prés permit aux religieuses chanoinesses du Saint-Sépulcre, qui venaient de Charleville et vivaient sous la règle de saint Augustin, de fonder un couvent de leur ordre dans le faubourg. Elles s’établirent dans un grand clos, appelé Belle-Chasse, qu’elles avaient acquis de Monsieur Louis Barbier, pour la somme de 90.000 livres. Elles demeurèrent redevables de 72.000 livres, pour lesquelles elles payaient 4000 livres
i Coche lus, III, 186. Jaillot, Recherches historiques sur Paris. XX, 40. Félibien, 1359. Arch. nat. L. 770.
de rente annuelle. Une riche veuve leur avait promis 50.000 livres, à condition qu’elle serait reçue au monastère. Elle mourut avant d’avoir pu réaliser son dessein. C’est sur cette promesse qu’elles avaient osé entreprendre cette fondation. De plus, Madame la duchesse de Groy, qui prenait le titre de fondatrice du couvent, avait promis de donner 2000 livres de rente. Elle mourut aussi sans pouvoir tenir parole.
Les revenus de la communauté se composaient d’une rente de 1200 livres, dont plus de la moitié était nécessaire pour payer les gages des domestiques et officiers. Cependant de petites tilles pensionnaires et des dames âgées, qui se retiraient au monastère, permettaient aux religieuses de vivre.
Dans une visite canonique, le prieur de Saint-Germain, dom Benoît Brachet, recommanda aux chanoinesses de garder le silence depuis l’examen de conscience du soir jusqu’au lendemain, après l’office de prime. — Toutes les religieuses étaient tenues de prendre part à la récréation. — Tout l’argent de la communauté devait être enfermé dans un coffre à trois clefs, que possédaient la supérieure, la sous-prieure et la procureuse. On ne pouvait prendre d’argent qu’en présence de ces trois personnes. Cette prescription se trouve formulée pour plusieurs communautés de religieuses dans le faubourg Saint-Germain.
En 1651, dans une autre visite canonique, dom Placide Roussel disait :
La révérende Mère Supérieure veillera à ce que l’office divin soit exécuté sans précipitation.
Elle punira les religieuses qui s’éloigneront de la communion.
Elle leur défendra de lire les livres des Jansénistes et des Molinistes.
Elle leur interdira de porter des mitaines trop fines.
Quelques années plus tard, le visiteur demanda qu’on ne reçût plus de religieuses étrangères comme pensionnaires. On avait donné aux Chanoinesses de Belle-Chasse le corps d’un saint Vincent, martyrisé à Borne. Dom Ignace Philibert, prieur de Saint-Germain, fit la reconnaissance de ces reliques, qui opérèrent plusieurs miracles dans l’église du monastère. Lui-même obtint un os du bienheureux. La situation financière du couvent, si précaire, à l’origine, s’améliora. En 1790, les revenus montaient à 30393 livres et les charges a 13926 livres 7 sous. La communauté se composait de 24 religieuses de chœur, de 6 sœurs converses, 2 novices et 3 postulantes. L’église Sainte-Clotilde et les rues qui l’environnent
marquent l’emplacement du monastère des Chanoinesses du Saint- Sépulcre.