‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 4)Chapitre 25 sur 121 · XIV. — FILLES DF. LA PROVIDENCE, RUE SAINT-DOMINIQUE · texte numérisé non relu

XIV. — FILLES DF. LA PROVIDENCE, RUE SAINT-DOMINIQUE

Marie Delpech de l’Estang avait fondé la congrégation des Filles de Saint-Joseph, à Bordeaux. Le 11 février 1639, elle vint à Paris, accompagnée d’une sœur, nommée Jeanne Godin. L’objet de son institut était de recueillir de jeunes orphelines, de les instruire et de les former à la piété. Les deux religieuses s’installèrent d’abord dans une maison du Vieux -Colombier et, six mois plus tard, elles allèrent demeurer près le noviciat des Jésuites. Elles avaient alors 20 jeunes filles à nourrir. La première année, la viande de boucherie leur fut refusée à crédit. Gomme elles étaient fort pauvres, elles se trouvèrent réduites à vivre des restes de quelques maisons particulières. Cette situation précaire ne dura pas longtemps. En 1640, elles purent acheter une maison, rue Saint-Dominique, qu’elles agrandirent et où

1 Arch. nat. L. 771.

2 Dom Bbaunier, I, 143. Arch. nat. L. 774.

3 COCHERIS, III, 190. Féi.ïbien, 1321. Sauval, I, 098. Arch. nat. L. 975; LL. 1140.

elles logèrent 686 orphelines. Les dépenses qu’elles avaient laites à cette occasion dépassaient 120.000 livres. L’abbé de Saint-Germain autorisa leur établissement, le 5 juin 1641, et, le 16 du même mois, les Filles de la Providence lurent introduites dans leur nouvelle demeure. Avec l’approbation du prieur de Saint-Germain, ces religieuses érigèrent, le 26 juin 1643, une confrérie de Saint-Joseph pour les personnes des deux sexes. Les membres s’engageaient à élever chrétiennement leur famille, à veiller aux besoins des pauvres et surtout des orphelins. Après une visite canonique laite en 1663, le prieur de Saint-Germain défendit aux Filles de la Providence de faire usage de la saignée pour soi ou pour d’autres, avant d’avoir pris l’avis du médecin, de recevoir des orphelines au-dessus de dix-huit ans. Si celles-ci voulaient entrer dans la congrégation, elles devaient y demeurer pendant trois ans comme sœurs données. Après ce temps, si elles en étaient jugées dignes, on les admettait au noviciat.

Le 27 lévrier 1790, le couvent des Filles de la Providence était composé de 20 religieuses, 2 novices et 1 postulante. Les revenus se montaient à 42.178 livres 1 sou, et les charges à 20.768 livres 17 sous. Le ministère de la guerre occupe aujourd’hui l’emplacement de cette communauté.

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