X. — RELIGIEUSES DE FERVAQUES
Les religieuses cisterciennes de Fervaques, au diocèse de Soissons, demandèrent à s’établir dans le faubourg Saint-Germain, en 1636. Le prieur de l’abbaye y consentit, à la condition cependant qu’elles ne mettraient pas de croix à leur porte, qu’elles n’auraient ni cloche, ni tabernacle, et n’admettraient aucun séculier dans leur chapelle. En 1643, l’abbé de Glairvaux leur permit d’avoir un monastère en forme. Le roi accorda des lettres patentes et l’abbé de Saint-Germain donna son brevet pour l’établissement. Cette communauté ne subsista pas longtemps et l’on ignore maintenant jusqu’au lieu de sa situation.
XI. — ANNONCIADES DE NOTRE-DAME-DE-GRACE, RUE DU RAC ET DE VAUGIRARD 2.
Cocheris semble confondre les Annonciades de Bourges avec celles de Saint-Nicolas de Lorraine. Nous trouvons celles-ci établies rue du Bac, en 1636. Deux ans après, elles allèrent habiter dans la rue de Vaugirard un nouveau monastère, dont la reine était fondatrice. Elles n’y prospérèrent point. Complètement ruinées, elles se virent contraintes de se disperser en divers lieux. Le 18 décembre 1653, quelques religieuses de l’Assomption, rue Saint-Honoré, reçurent permission de traiter avec les créanciers. C’étaient les révérendes Mères Isabelle Petit, dite de sainte Ursule, Isabelle de Lescaillon, dite de sainte Cécile, Marie-Françoise d’Estissac de la Rochcfoucault, dite de sainte Isabelle. Une quittance du 4 octobre 1656 montre qu’elles payèrent cet immeuble 26.600 livres. La maison-mère ne voulut point s’engager dans cette affaire et en laissa toute la responsabilité aux fondatrices, auxquelles elle adjoignit trois religieuses et deux novices. Elle donna à toutes un habit neuf et leur ameublement. L’évêque de Constance, vicaire du cardinal Antoine Barberini, les conduisit à leur nouvelle demeure. Le couvent prit le nom de Présentation de Notre-Dame et ensuite celui de Notre-Dame de
T Félihien, 1370. Arch. nat. L. 770.
2 Irid. 1366. Cocheris, 111, 141. Arch . nat. L. Tri
Grâce; mais sa situation ne s’améliora pas. L’admission de pensionnaires occasionna des abus déplorables, que le Prieur de Saint- Germain put constater dans une visite canonique.
Le 20 novembre 1663, la révérende Mère Ursule dut se retirer dans un monastère de l’ordre de Fontevrault et céder sa dignité de supérieure à sœur Louise-Angélique de la Fayette, religieuse de la Visitation de Gbaillot, appelée pour réformer la communauté. L’état financier était plus que précaire. Après examen, Dom Ignace Philibert, prieur de Saint-Germain, reconnut que le couvent de Notre-Dame de Grâce était grevé d’un emprunt de 48000 livres, comportant une rente de 25 487 livres 17 sols. 11 était dû à quelques particuliers une somme de 11905 livres 14 sols. Les revenus annuels de 3106 livres 4 sols ne suffisaient point pour payer ces dettes et entretenir dix-sept religieuses, un chapelain, un clerc, une tourière et un jardinier. Les créanciers s’emparèrent de l’établissement au début de l’année 1664. Les religieuses se dispersèrent et trouvèrent accueil en diverses maisons bénédictines, comme à Jouarre, à Conflans.
XII. — ANNONCIADES DU COUVENT des dix-vertus et cisterciennes de l’abraye de notre-dame-aux-rois l.
En 1637, des religieuses Annonciades instituées à Bourges par la sainte reine Jeanne de Valois, vinrent à Paris et s’établirent d’abord dans une maison de la rue des Saints-Pères. L’official de l’abbaye Saint-Germain leur permit de célébrer l’office divin et Mademoiselle, tille du duc d’Orléans, leur assura, comme fondatrice, une rente de 2000 livres. Elles édifièrent plus tard, rue de Sèvres, un couvent, qu’elles nommèrent le couvent des Dix-Vertus de Notre-Dame. Elles y furent introduites, le 20 octobre 1640, par Dom Benoît Brachet, prieur de Saint-Germain. Il bénit le lendemain la chapelle et les lieux réguliers alors construits. En 1643, le monastère étant terminé, il le bénit de nouveau.
En 1654, les Annonciades des Dix-Vertus furent obligées d’abandonner leur communauté et de se retirer dans une maison de leur ordre, connue sous le titre du Saint-Esprit et située au lieu dit Pincourt. Les Cisterciennes de Notre-Dame-au-Bois, diocèse de Soissons, achetèrent cet établissement 50000 écris et s’y fixèrent. En
1 Féuiiîien, 135o. L)<»i IIeaunier. I. 39. Arch.nat. L. 112.
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1718, elle bâtirent une nouvelle église qui lut. dédiée, le 24 octobre 1720, par l’évêque de Toul L Le prieur de Saint-Germain se réserva d’examiner les novices avant la profession, de visiter la clôture au dedans et au dehors, d’approuver les confesseurs et prédicateurs, de permettre l’admission des pensionnaires, la sortie des religieuses en ville ou à la campagne pour raisons graves. Le G février 1655, I)om Bernard Audebert autorisa l’abbesse à faire exposer le Saint-Sacrement, le dimanche de la quinquagésime et les deux jours suivants. Dom Victor Tixier se rendit à l’Abbaye-aux-Bois, le 26 juillet 1620, pour reconnaître l’authenticité de quelques reliques. Au moment de la révolution, ce monastère comptait 22 religieuses de chœur et 7 sœurs converses. L’église servit de succursale à Saint-Thomas d’Aquin jusqu’en 1856.