‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 4)Chapitre 39 sur 121 · XXX. — PRIEURÉ DES BÉNÉDICTINES DE NOTRE-DAME-DES-PRÉS · texte numérisé non relu

XXX. — PRIEURÉ DES BÉNÉDICTINES DE NOTRE-DAME-DES-PRÉS

Fondé à Mouzon, en Champagne, ce couvent lut définitivement transféré à Paris, en 1(>75. Les religieuses furent autorisées à s’établir rue du Bac. C’est là que Dom Claude Bretagne, prieur de Saint-Germain, alla reconnaître et certifier l’authenticité d’une relique du saint martyr Libérât. En 1685, elles se fixèrent rue du Champ-dcl’ Alouette. L’archevêque de Paris délégua le prieur de Saint-Germain pour bénir la chapelle. Ayant enfin acquis une maison dans la rue Vaugirard, en 1689, elles y transportèrent leur domicile. Dom Claude Bretagne s’y rendit pour taire une enquête au sujet du vol d’un goblet en vermeil doré. Les Bénédictines avaient des pensionnaires. Une dame de Perne avait, en son parloir, donné collation à deux gentilshommes. On avait bu du vin d’Espagne et du lait dans une coupe précieuse qui disparut. La domestique de Madame de Perne, accusée de l’avoir dérobée, avait été jetée en prison. Pour retrouver le gobelet, on avait employé des moyens superstitieux, comme de faire chanter un coq.

Un autre événement conduisit Dom Àrnoul de Loo, prieur de Saint-Germain, au monastère de Notre-Dame-des-Prés. Une religieuse converse, sœur de sainte Geneviève, voulait retourner à l’abbaye de Saint-Remy-des-Landes, au diocèse de Chartres, où elle avait fait profession. Après avoir sollicité en vain cette faveur, aveuglée par la nostalgie, elle prit la fuite. Dans une lettre qu’elle fit remettre à la Supérieure, elle accusait l’évêque de Chartres d’être la cause de tout le mal. 11 avait toujours refusé ce qu’elle demandait : « C’est, disait-elle, un cœur inflexible à l’humanité. Il vaudrait mieux ne pas être évêqufe que de l’être dans ces conditions. » En 1739, les Bénédictines furent obligées d’abandonner leur immeuble de la rue Vaugirard, à cause de leur pauvreté. Les dix religieuses qui l’habitaient furent transférées dans d’autres monastères.

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