FAUBOURG SAINT-ANTOINE L
En qualité de grand-vicaire de l’archevêque, dom Claude Boistard, prieur de Saint-Germain, fut choisi pour visiter canoniquement le monastère des religieuses anglaises, situé rue de Charenton, 16 mars 1083. On voit dans le procès-verbal que ces pieuses femmes ne vivaient pas dans l’abondance. Elles n’avaient à peu près pour toute fortune qu’un revenu annuel de 720 livres. Malgré les aumônes qu’elles recevaient, elles devaient tant au boulanger qu’aux boucher, brasseur, épicier, apothicaire et autres la somme de 10.545 livres. De plus, 5000 livres leur restaient à solder pour la construction de leur église. Les bâtiments du couvent étaient réguliers et l’enclos, assez vaste. Le tout pouvait valoir 45.000 livres. Dom Claude Boistard demanda pour ces religieuses des constitutions et l’élection d’une nouvelle supérieure, pour remplacer l’ancienne qui n’était pas sympathique. Il conseillait de ne point nommer une française pour les gouverner; elle ne saurait comprendre leur langage et s’accommoder à leur genre de vie. Du reste, elle ne pourrait jamais avoir la confiance de ses subordonnées, vu l’antipathie existant entre les deux nations.
Les religieuses anglaises confirmèrent la justesse de cette observation, en écrivant au prieur de Saint-Germain, le 26 avril de la même année, pour le supplier d’intervenir auprès de l’archevêque, afin qu’il ne leur imposât pas des françaises.