‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 4)Chapitre 67 sur 121 · II. — HOSPICE DES PETITES-MAISONS (1554) L · texte numérisé non relu

II. — HOSPICE DES PETITES-MAISONS (1554) L

Comme le nombre des pauvres augmentait sans cesse, les commissaires de l’assistance publique proclamèrent la nécessité de créer de nouveaux lieux de refuge. Par lettres patentes du 11 novembre 1554, Henri II les autorisa à construire, dans les faubourgs, « un ou deux hôpitaux ségrégés, pour illec loger et nourrir les dits mendiants en petites loges et eschoppes. » Le 3 février 1554, ils achetèrent, dans cette intention, un bâtiment qui avait été enlevé à la maladrerie. Transformé en hôpital, il reçut le nom d’hôpital de Saint-Germain et bientôt des Petites-Maisons, à cause de sa subdivision en un grand nombre de loges. Suivant du Breul, y trouvèrent asile « les hommes et les femmes vieils et décrépits, les pauvres incorrigibles accoutumés à bélistrer, les enfants envahis par la teigne, plusieurs personnes tourmentées par le mal caduc et des pauvres aliénés de biens et de leur esprit, courant les rues comme de fols insensez. » Les deux chapelles de l’établissement furent consacrées ou bénites, sur une requête présentée au prieur de Saint-Germain, l’une, la grande, le 6 avril 1615, l’autre, la chapelle de l’inürmerie, le 10 mai 1656. Cet hôpital comptait un nombreux clergé chargé de procurer aux malades les secours de la religion et de chanter tous les jours les heures canoniales. Cinq chapelains et un curé qui était leur supérieur se trouvaient attachés à l’établissement. Un règlement détaillé, œuvre peut-être du prieur de Saint-Germain, leur prescrivait les obligations qu’ils avaient à remplir. Ils devaient assister régulièrement à l’office du chœur, entendre les confessions des malades, garder la résidence, et rappeler aux pauvres de prier pour les bons et notables bourgeois, leurs bienfaiteurs. Le cinquième chapelain était chargé d’orner l’église, de sonner ou faire sonner l’office, de conduire les prédicateurs en chaire, de sonner la petite clochette, quand on portait le Saint-Sacrement aux malades, de régler l’horloge de l’hôpital. Une complète harmonie n’existait pas toujours entre les chapelains et le curé, qui accusait ses inférieurs de ne pas observer les médiantes dans le chant et de fréquenter ses ennemis. L’un d’eux usa de représailles et dénonça au prieur de Saint-Germain le curé qui l’avait injurié publiquement et appelé « diable de Normand. » Après une visite canonique, le 25 septembre 1663, le Père Bénédictin recommanda aux uns et aux

1 Cocheris, III, 152. Tisserand, 258.

autres l’obéissance et le respect. Il les exhorta à conférer souvent ensemble pour s’instruire et s’édifier. Il était intervenu, en 1660, pour leur imposer l’obligation du bréviaire et du missel romain.

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