‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 4)Chapitre 68 sur 121 · III. — HÔPITAL DE LA CHARITÉ l · texte numérisé non relu

III. — HÔPITAL DE LA CHARITÉ l

Appelés par Marie de Médicis qui les avait connus à Florence, les Frères de la Charité vinrent s’établir dans la capitale, le 13 septembre 1602. Ils s’installèrent d’abord dans une maison, occupée plus tard par les Petits Augustins, et se tixèrent enfin rue des Saints-Pères, auprès de la chapelle de ce nom. Cet oratoire leur fut concédé et lit bientôt place à un édilice plus vaste et plus régulier. Avec le consentement de l’abbé de Saint-Germain-des-Prés, ces religieux fondèrent un hôpital pour 150 malades. On y recevait des hommes et des garçons, attaqués de maladies non contagieuses. Les Frères de la Charité s’exerçaient non seulement à la piété, mais encore à l’anatomie, la chirurgie, la pharmacie, la chimie, la botanique. Leur zèle ne les empêcha pas d’être accusés auprès du prieur de Saint-Germain à diverses reprises et pour plusieurs motifs. On leur reprochait de n’avoir qu’un prêtre séculier pour entendre les confessions de 135 malades. Les garçons chirurgiens étaient inexpérimentés. Ils pansaient mal ceux qui étaient taillés de la pierre. Ils soignaient et traitaient fort rudement. Pour donner plus de pompe aux solennités, on faisait assister le célébrant par des diacres et sous-diacres, qui n’avaient de l’ordre sacré que l’habit qu’ils portaient.

En 1659, les Frères de la Charité manifestèrent une vive inquiétude. Ils avaient appris que certains religieux de l’ordre de Saint- François, qui portaient une grande barbe, marchaient les pieds nus et se retiraient en une maison de la Ville-l’Évêque, avaient l’intention d’établir un couvent au faubourg. Ils demandèrent au prieur de Saint-Germain d’interdire cette fondation, qui ferait tort à l’hôpital de la Charité. Il y avait déjà trop de religieux mendiants dans ce quartier. Cette intervention n’eut aucun résultat.

Les religieux de la Charité avaient reçu une relique de saint Jean de Dieu, leur fondateur, par l’entremise de la Reine-Mère. Cette relique tut déposée à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, et de là transportée processionnellement à l’église de l’hôpital de la Charité,

1 COCHERIS, III, 1 53.

le dimanche 14 novembre 1660. Les deux reines et Monsieur, frère unique du roi, se rendirent à cette cérémonie. Les Frères de la Charité firent remarquer qu’ils n’avaient pas pris dans cette procession le rang qui leur convenait d’après leur établissement dans le faubourg, et que cet acte de courtoisie envers les religieux, venus pour vénérer la relique de leur saint fondateur, ne saurait leur préjudicier pour l’avenir.

Pendant la révolution, l’hôpital de la Charité prit le nom d’hospice de l’Unité. L’ancienne chapelle de l’hôpital a servi depuis de salle de séances à l’Académie de Médecine.

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