MONT-VALÉRIEN
Il ne nous appartient pas de discuter sur l’origine du nom que porte cette montagne. Qu’il nous suffise de rappeler qu’elle se trouvait dans la censive de Sainte-Geneviève, de Saint-Remi et de Saint-Germaindes-Prés. Comme elle était sanctifiée par une double communauté de prêtres pénitents et d’ermites, une ordonnance royale du mois d’août 1633 défendit de bâtir, dans tout le pourtour de cette éminence, plus près que le village de Suresnes, sous peine d’amende arbitraire. On voulait ainsi empêcher l’établissement de cabarets, de brelans, de maisons de débauche dans un lieu aussi respectable L
En 1644, la Reine-Mère ordonna d’ouvrir un chemin carrossable de Suresnes au Calvaire, qui s’élevait sur la hauteur du Mont-Valérien. Le 5 septembre de cette année, Christophe Gainard, voyer général et particulier des terres, justices et seigneuries dépendant de l’abbaye de Saint-Germain, se transporta sur les lieux et inspecta les travaux de cette route, qui avait deux toises de largeur1 2. De nombreux pèlerins gravissaient la colline pour satisfaire leur dévotion envers la croix et la passion du Christ. Comme cette ascension leur était pénible, surtout pendant le temps des grandes chaleurs, le roi permit, le 13 décembre 1650, aux prêtres du Calvaire d’établir un hospice pour les recevoir et les secourir 3.
Les prêtres du Mont-Valérien avaient acheté six arpents de terre dans la prévôté de Suresnes. L’abbaye de Saint-Germain leur fit remise pour les lods et ventes et la dîme. Ceux-ci promirent de lui payer comme redevance annuelle, tant que leur communauté subsisterait, deux cierges de cire blanche d’une demi-livre et une pinte de vin (19 janvier 1655) 4. Un siècle plus tard, le 29 octobre 1746, nous voyons que les prêtres du Mont-Valérien adressent aux religieux de Saint-Germain une requête, que Monseigneur de Vintimille, archevêque de Paris, appuyé de son autorité.
Ils sollicitent l’exemption de la dîme pour ces arpents de terrain qu’ils possèdent dans la seigneurie. Les Bénédictins accèdent à leur
1 Arck. nat. S. 2912.
2 ( LL. 1041, p. 186.
1<L' f LL. 1042, p. 181.
3 Id. LL. 1042.
4 Bit), nat. ms. fr. 16.855.
désir; mais il est arrêté qu’ils recevront tous les ans, le jour de Saint- Remy, les cens en argent, six pintes de vin, au temps de la vendange, en l’Iiôtel seigneurial de Suresnes, et deux cierges de cire blanche, chacun d’une demi-livre, le jour de Saint-Vincent, en l’abbaye de Saint- Germain. Cette concession est faite en faveur de la communauté du Mont-Valérien. Si elle disparaissait, les terres en question seraient soumises au droit L Tout nous porte à croire que ces deux contrats concernent le même objet. Cependant, nous n’avons rien qui nous l’indique d’une manière certaine.
Le 15 décembre 1659, une sentence de la prévôté de Suresnes réunit au domaine de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés plusieurs héritages, sis au pourtour de la montagne du Calvaire. Les propriétaires avaient négligé d’établir leurs titres, de payer les cens et les droits seigneuriaux -. Les prêtres de la communauté du Mont-Valérien ne se montrèrent pas irréprochables sous ce rapport. Ils furent condamnés à payer aux religieux de Saint-Germain 16 livres pour cens et dépens 1 * 3. Signalons, à la fin de cet article, un contrat favorable aux ermites du Mont-Valérien. Le sieur Causse leur donna, entre autres choses, un arpent, 9 perches, 3 quartiers de terres ou vignes, au territoire de Suresnes, le 10 juillet 1755.
Les religieux de Saint-Germain-des-Prés, comme seigneurs, approuvèrent cette donation, mais ils réservèrent les cens, rentes, dîmes, lods, ventes et autres droits 4.
1 Bib, nat. 16.858, p. 255.
3 Arch. nat. S, 2912.
3 Id. LL, 1042, p. 52-53.
4 Chapitres conventuels . Bib. nat. ms.fr. 16.859, p. 105.