‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 4)Chapitre 84 sur 121 · SCEAUX · texte numérisé non relu

SCEAUX

Ce n’est que vers le milieu du xme siècle que les archives nous mentionnent la présence des religieux de Saint-Germain dans cette localité. Elles nous fournissent les actes, de plusieurs importantes donations ou ventes alors faites à l’abbaye.

Une charte de Symon d’Evry, chevalier, datée de l’année 1250, atteste que Bouchard de Bavencourt et Marie, sa femme, ont cédé, en sa présence, à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, tout ce qu’ils possédaient à Sceaux (Cyaus), en cens, coustumes, maisons, terres, vignes, pressoirs, seigneurie, justice, et qu’ils tenaient de la succession de Guy de Bavencourt l, chevalier, et, en sa qualité de seigneur de ce fief, il a autorisé la dite vente.

Nous lisons dans une charte de Gérard, abbé de Saint-Germain, de l’année 1253, qu’Henri de Ghastel, chanoine de Saint-Paul, dans le diocèse de Thérouanne, ayant vendu de son vivant la maison de Sceaux qui lui avait été donnée à vie trois ans auparavant, en compensation de donations laites par lui, a demandé qu’on célébrât, après sa mort, son anniversaire et que lepitancier reçût tous les ans quatre livres parisis « pour la réfection de ce jour-là »; les religieux s’empressèrent d’accepter la libéralité et d’accéder aux désirs du chanoine et réglèrent que la redevance annuelle de quatre livres serait prélevée sur le revenu de Sceaux 2.

Au mois d’avril de l’année 1257, le chevalier Philippe de Villa Escoublens vendit au monastère de Saint-Germain, pour le prix de 50 livres parisis, tous les droits qu’il possédait à Sceaux et qui consistaient en un cens annuel de 24 sols 3 oboles, payable à la Saint-Remy, trois droitures dues à la Noël, un arpent de terre en champart, une corvée due en mars, le droit de rouage sur sa terre 3.

Lors du partage des menses abbatiale et conventuelle, le petit domaine de Sceaux fut affecté à la première. Mais peu de temps après, en 1285, l’abbé de Saint-Germain céda à l’office de l’Infirmerie les terres, justices et censives qu’il possédait à Sceaux et en reçut, en

2 Bib. nat. ms. Dom Poirier. 20846, p. 106.

3 Arch. nat. LL. 1025.

échange, les moulins, dont l’Infirmier jouissait à Cachant, et des rentes à Villeneuve-Saint-Georges et à Paray V

Le dénombrement du temporel du monastère fait en 1384 par l’abbé Richard, en présence des officiers royaux, nous fait connaître l’importance de ce domaine : « Item l’Enfermier de la dite Eglise » tient, à cause de son office d’Enfermerie, une maison à Ceaux, avec » aucunes possessions et revenus, c’est assavoir terres, vignes, » cens et rentes, loués par an 24 livres et sur ce fault soustenir la » maison 1 2. »

En 1454, le 6 septembre, maître Jean Baillet, conseiller au parlement de Paris et seigneur de Sceaux, et damoiselle Collette de Fresne, achetèrent le domaine de YEnfermerie, sis à Sceaux et appartenant à l’abbaye de Saint-Germain 3. Mais cette aliénation ne dut pas être définitive, car nous voyons au xvne siècle les religieux possesseurs d’une partie considérable du territoire de cette localité. L’illustre ministre de Louis XIV, J. -B. Colbert, marquis de Seignelay, baron de Sceaux, voulut se créer une résidence dans le voisinage de Versailles. Dans ce but, il fit dessiner le magnifique parc qui entourait son château et devait englober dans son enceinte une partie du territoire appartenant à Saint-Germain-des-Prés : il dut donc traiter avec les religieux. Le 12 avril 1688, pour indemniser ces derniers des dîmes qu’ils percevaient sur ces terres, Colbert s’engagea à verser dans leur trésor une rente de 86 livres, et se chargea, de plus, d’une redevance annuelle, que devait le monastère de Saint-Germain aux religieuses de Longchamps et grevait cette partie du territoire de Sceaux 4. Cette redevance provenait d’une donation, faite en 1279, par le chevalier Jean de Mortier d’une rente de 12 muids d’avoine aux sœurs de Y Humilité de la Vierge, proche Saint-Cloud (Longchamps), rente qui avait été remplacée, en 1407, par un cens de 6 deniers par arpent.

Le 2 janvier 1693, fut signée, entre les religieux et le tuteur des enfants du marquis de Seignelay, qui était mort avant d’avoir terminé son entreprise, une transaction par laquelle les premiers cédaient 17 arpents nouveaux de terre au prix de 5889 livres, en réservant les droits de justice, la censive et une rente de 130 livres à titre d’indemnité pour les dîmes.

1 Arch. nat. LL. 1 036, fol 76bis.

2 Dom dc BorRG, L’abbaye de Saint-Germain, 24.

3 De L.u nay. Bib. nat. L2 K. 29.157.

4 Arch. nat. LL. 1047, p. 228.

Quelques années plus tard, cette résidence princière était passée dans les mains du duc du Maine. Le 13 septembre 1701, nous le voyons signer avec les religieux une transaction définitive qui fixa à 231 livres la rente annuelle qu’il leur devait, comme indemnité de la dîme pour les 173 arpents de la terre de Saint-Germain enclavés dans le parc de Sceaux; il se chargeait, en plus, de la rente de 15 livres 2 sols 9 deniers due aux religieuses deLongchamps et payait la somme de 3500 livres pour les lods et ventes l. Le 19 août 1771, le comte d’Eu reconnut de nouveau cette rente aux religieux de Saint-Germaindes-Prés 2.

Page 1