‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 4)Chapitre 89 sur 121 · VILLEJUIF · texte numérisé non relu

VILLEJUIF

Dans cette localité des environs de Paris, qui est désignée dans les anciens documents sous différentes dénominations, villa Judeorum, villa Judea, villa Jullitœ, villa Gesedès, Villegie, Villeguis, l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés possédait une certaine étendue de territoire avec plusieurs droits seigneuriaux, censives féodales et juridiction. Cette dépendance se trouve mentionnée et confirmée dans la bulle concédée h l’abbaye par le Pape Alexandre III.

Le cartulaire du xiuP siècle nous a conservé une charte de l’official de Paris attestant qu’en sa présence, Gila, prieuresse de la Saussaye (de Saliceia), Hersende de Vitry et Aveline de Lohans, sœurs du même monastère, avaient vendu à l’abbé et au convent de Saint- Germain-des-Prés, pour la somme de 110 sols parisis, la redevance annuelle d’un muid de vin et de 2 sols qu’elles percevaient sur la terre de l’abbaye à Villejuif l.

Lors de la constitution des menses de Saint-Germain, le domaine de Villejuif avait été attribué à l’aumônier. Le dénombrement des biens de l’abbaye de 1384 porte, à l’article de l’aumônerie, cette mention; « Item a ledit aumônier à Villejuye, cens, rentes, dismes et « droictures qui puent valoir par an douze livres 2. »

Voici l’évaluation plus détaillée des revenus et de la nature de ce domaine dans un dénombrement fait au commencement du xvr siècle (1521) : « Au village de Villejuif avons droit de prendre part chacun an » 4 livres parisis sur 80 arpents de terre en mouvance — 4 livres » de rentes foncières et droictures sur 30 arpents de terre — 6 livres » de rentes sur 5 ou 6 maisons — droit de champart à la douzième » gerbe sur 40 arpents, ce qui peut valoir un septier par an — moyenne » et basse justice, maire, greffier, procureur fiscal, sergent, geôlier, » prison et auditoire pour l’exercice de la dite justice — lods, ventes, » saisines et amendes, pouvant valoir 40 sols par an 3. »

Le domaine de Villejuif fut compris parmi ceux dont les religieux demandèrent et obtinrent l’aliénation pour réparer les désastres des

1 Arch. nat. LL. 1025, p. 208.

2 Id. L. 760 n° 29.

3 Id. S. 2976.

guerres religieuses du xvr siècle. Le 1er avril 1597, ils le cédaient, à messire Jerome de Bragelongues, correcteur en la chambre des comptes de Paris « pour cent escus d’or au soleil et quatre voyes de » gros bois que l’acquéreur s’engageait à faire porter dans les bâti- » ments de l’abbaye b »

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