VIII. — NOVICIAT DES JACOBINS RÉFORMÉS
Les Dominicains avaient été soumis une réforme. Le Père Nicolas Kodolphi, général de l’ordre, voulut en accélérer les progrès en établissant, avec l’agrément du Souverain Pontife, un seul noviciat pour toutes les maisons réformées. Avec l’appui et la faveur du cardinal de Richelieu, il obtint de l’abbé de Saint-Germain, 18 juin 1632, la permission de le fixer dans le faubourg, pour la province de France.
1 Dom Beaunier. Recueil historique des archevêchés, évêchés, abbayes et prieurés de France. Nouvelle édition par les Bénédictins de Ligugé (Paris, 1905), I, 1 16.
2 Ibid., I, 109.
2 Gocheris, III, 177.
Les Dominicains réformés, appelés Jacobins, à cause de leur maison principale qui se trouvait rue Saint-Jacques, construisirent un monastère pour leurs novices dans la rue aux Vaches. La chapelle fut bientôt trop étroite. On l’abattit, et le Père Lepul, prieur, entreprit, eu 1682, la construction d’une église plus régulière. Elle fut terminée l’année suivante. En 1769, on la restaura et on l’embellit encore. On édifia aussi un nouveau couvent qui ne fut achevé qu’en 1740.
En 1643, l’abbé de Saint-Germain accorda aux Jacobins, par sentence de son bailli, de faire sceller, aux extrémités de la rue aux Vaches, deux tables de marbre où était sculpté en gros caractères : « la rue Saint-Dominique », et au-dessous, en caractères minuscules, « jadis rue des Vaches ».
Plusieurs documents montrent que, de 1634 à 1644, les Jacobins exercèrent le ministère des âmes avec fruit. Le prieur de Saint-Germain les autorisa à conférer le baptême à plusieurs nègres et musulmans convertis et à célébrer plusieurs mariages dans leur chapelle.
Au moment de la révolution, le noviciat des Jacobins comptait 21 religieux. Les revenus étaient de 90028 livres 4 sous, et les charges se montaient à 44207 livres 8 sous. Le couvent fut fermé en 1790; mais l’église devint paroissiale sous le titre de Saint-Thomas d’Aquin, par la loi du 4 février 1791.