IVRY ET GENTILLY
Les religieux de Saint-Germain possédaient dans chacune de ces deux localités un lie!', qui dépendait primitivement du domaine d’Arcueil et Cachant et qui, lors de la distribution des deux menses de Saint-Germain, lut attribué au pitancier. Ces deux fiefs consistaient en une certaine étendue de terre et plusieurs droits seigneuriaux.
Un bail à ferme de 1520 nous fait connaître l’importance de ce domaine. : Jehan Charpentier, laboureur d’Ivry, prend à ferme, pour 28 sols de rente annuelle les censives, dîmes, ventes et saisines que le pitancier possédait tant à Ivry qu’à Gentilly L
Le fief de Gentilly, connu sous le nom de la Fosse aux Chevaux , comprenait une vingtaine d’arpents de terre; dans une déclaration censitaire de 1671, nous voyons que les religieux y étaient moyens et bas justiciers et décimateurs ; ils percevaient par arpent 12 deniers pour la censive et 2 gerbes pour la dîme 1 2.
En 1686, Madame de Beauvais, demandant aux religieux de lui inféoder la Fosse-aux-Chevaux, qui était comprise dans sa seigneurie, s’engageait à payer 10 livres pour la rente foncière et à rendre foi et hommage pour ce fief 3 4.
Le domaine d’Ivry, que nous voyons affermé au xve siècle pour la rente annuelle de 20 sols, fut accru au siècle suivant par la rente que fit aux religieux, le 1er août 1561, Simon Chartrain, seigneur en partie d’Ivry, d’une rente annuelle de 2 écus d’or soleil à prendre sur une maison aboutissant à l’église d’Ivry, pour le prix de 24 écus d’or soleil L
Suivant la déclaration de 1790, la censive sur environ 17 arpents de prés peut produire en cens, lods et ventes, année commune, 6 livres 5.
Nous lisons dans le dénombrement de 1384 : Item, à Ivery, emprès Corbeil, cens, rentes, dismes, champart, qui puent valoir, montant et avalant, 4 sols parisis 6.
1 Arch. nat. S. 2909.
2 Id. S. 2909.
3 Rib. nat. ms. fr. 16.857 p. 223,
4 Arch. nat. S. 2920.
5 Rib. nat. ms. fr. 20.848, p. 17.
6 Arch. nat. L. 760 n° 29.
Au xvne siècle, les religieux de Saint-Germain-des-Prés allaient s’engager dans un de ces interminables procès, qui dévoraient une part notable de leurs revenus et qui occupent une si large place dans les fonds d’archives des diverses dépendances de l’abbaye ; ils disputaient à Georges Cornuty, seigneur de la plus grande partie du territoire d’Ivry, les droits de seigneur cerisier des chantiers de la Couture, de la Belle Croix et de la Haye Marron; sagement ils s’arrêtèrent, avant de s’engager dans cette voie litigieuse, et consentirent à vendre à leur compétiteur les droits contestés. Le 28 mars 1628, les P» R. PP. Jacques Fustel et Claude Coton, délégués parle chapitre, cédèrent, au nom de ce dernier, à Georges Cornuty les droits de censive qui s’étendaient sur plus de 100 arpents, tant terres que vignes; l’acquéreur devait tenir cette censive en plein fief de Saint-Germain, payer une rente annuelle de 12 livres et 60 livres pour les arrérages. Cette rente de 12 livres fut dans la suite abandonnée aux archevêques de Paris, en compensation d’un fief à Ivry (4 septembre 1672) L
Les Bénédictins de Saint-Germain étaient, en outre, seigneurs spirituels d’Ivry. En 1759, la chapelle de Saint-Martin, située dans la ville et desservie par les religieux de Notre-Dame d’Ivry, menaçait de tomber en ruines. Ces derniers, qui ne retiraient de ce prieuré que 120 livres par an, somme insuffisante pour les réparations à faire, demandèrent l’autorisation de démolir l’ancien édifice. Les religieux de Saint- Germain accordèrent l’autorisation en laissant au prieur de Notre- Dame tous les frais et toute la responsabilité de cette démolition 1 2.
On prélevait sur les revenus d’Ivry 30 sols parisis, pour l’anniversaire de Hugues de Vezelai, fixé au IIII des nones d’avril ou le 2 du même mois 3.
1 Arc h. nat. S. 2920.
2 Bib. nat. ms. fr. 16.859, p. 132.
3 Arch. nat. LL. 1027.