THIAIS
Thiais, qu’on a appelé à différentes épo(iues Tudaise, Théodose et Thiars, vient du mot latin Theodatium. C’est un village situé à deux lieues de Paris, dans le canton de Villejuif. Irminon nous dit que Saint-Germain-des-Prés y possédait de son temps une église garnie, ecclesiam cum omni apparatu, 8 arpents 1/2 de vignes nouvelles, 135 arpents de vieilles vignes produisant 1300 muids de vin, 120 bonniers de terre arable, où l’on pouvait ensemencer 800 muids de blé, et 110 arpents de pré donnant annuellement 250 charretées de foin. La bourgade comptait aussi à cette époque 78 maisons, dont 66 constituaient des manses 1.
L’abbé y tenait ses assises deux lois par an. Comme cette terre était fertile, Hilduin, abbé de Saint-Germain, la donna en partage à ses religieux et décida qu’à l’avenir ils prendraient là et à Villeneuve-Saint- Georges tout le vin pour leur boisson ordinaire (829). En 872, Charlesle-Chauve ratifia ce règlement et ajouta que le doyen prélèverait sur le revenu de cette terre une valeur suffisante pour donner un repas au jour de la Saint-Denis 2.
Suivant Bouillart, Gualon aurait administré l’important domaine de Thiais avant de gouverner le monastère de Saint-Germain, où il mourut vers 990. Une inscription découverte dans le voisinage de l’église actuelle semble le prouver.
En 1179, Hugues, abbé aussi de Saint-Germain, fonda son anniversaire et assigna aux marguilliers, au nombre de quatre, deux sols de cens sur la seigneurie de Thiais, avec du pain et du vin qu’ils avaient coutume de recevoir en pareil cas, pour sonner les cloches le premier et le huitième jour 3 4.
Les propriétés que les Bénédictins avaient à Thiais donnèrent lieu à de nombreux contrats d’acquisitions, d’échanges, de fermages. Sous l’abbé Jean (1202-1216), frère Bernard, prieur de Thiais, acquit la valeur de 35 sols, à prendre sur le port de Choisy. Il fut convenu que, sur cette somme, on payerait 25 sols pour son anniversaire L
Au mois de février 1256, Simon, chevalier, et Agnès, son épouse,
1 Poiytique de l’abbé Irminon, p. 202.
2 Arch. nat. LL. 1145, p. 328.
3 Bouillart, p. 98-99.
4 Arch. nat. LL. 1145, p. 348.
vendirent aux religieux de Saint-Germain un demi-arpent de terre, et un demi-arpent de vigne, sis à Thiais, pour la somme de 19 livres
Adam Chambellent, chevalier, et Agnès du Bois, son épouse, cédèrent au même monastère de Paris, au prix de 100 livres, Yespone de vin et Yétensement d’avoine, qu’ils avaient droit de percevoir, et tout ce qui leur appartenait en la seigneurie de Thiais (mars 1269)1 2.
Plusieurs officiers de la grande abbaye bénédictine ne dédaignèrent pas d’acquérir quelques immeubles dans la localité qui nous occupe. En novembre 1315, le prévôt-moine de Thiais acheta une pièce de vigne, située au lieu dit le Martray, moyennant 4 livres parisis 3. Le 22 mars 1328, Jean du Pont et Helloyse, sa femme, vendirent au trésorier du Saint-Germain-des-Prés 5 arpents de terre labourable, sis au territoire de Thiais, pour la somme de 64 livres 4. Un an plus tard (13 décembre 1329), Jean Anquetin, religieux de Saint-Benoît, prévôt de Thiais, acheta de Thibault de Senlis, une grange, un jardin derrière et une pièce de vigne, au prix de 60 livres 5.
Le dénombrement de 1384 nous donne l’importance du domaine de Thiais à cette époque 6 : « G’est assavoir à Thiès, les un pars de la justice haulte, moienne et basse, environ ixxx arpens de terre arable, environ xliv arpens de mauvais prés; item, environ î. livres, tant de menus cens comme droictures, environ v quarterées de vigne, n fours banniers, et vault bien par an ladite justice, avec les profis des ventes, environ xl livres; item, les dismes franches de vin et aniaux puent valoir par an environ x livres. Lesquelles choses dessusdites, un religieux de l’église, appelé le prévost de Thiès, tient à présent à ferme au prix de vu ixx livres tournois, rabatu xxv queues de vin que soloit prendre sur; item, ledit prévost a la moitié des oblacions et offrandes faites en l’église de Thiès, depuis nonne, la veille Saint-Leu jusqu’au lendemain nonne, et aux autres fêtes annuelles la moitié, et, sur ce, il doit faire ou faire faire le service à la dite église, les vespres à la veille et procession le lendemain, et la grant messe, et ne doit pas de disme pour ce que c’est du domaine de la crosse; item, autres possessions, qui sont du domaine de la crosse ... c’est assavoir les dismes de grain et champarts puent valoir, montans et avalaus, environ
1 Arch. nat. LL. 1026, p. 140.
2 Id. LL. 1145, p. 348.
3 Id. LL. 1145, p. 349.
6 hl. L. 760, p. 29. I)om Du Boukg, L'abbaye de Saint-Germain au XIV*, p. 27-28.
xli i muis de grain pour la despence de la dite église; item, environ xv arpens de vignes labourées en nostre main pour la dite dépense, qui puent valoir environ xv livres; item, en la dite ville de Thiès comme Choisi et Grignon, v pressoirs banniers, qui puent valoir par estimacion, avec les vignes, terres, environ xv queues de petit vin; item, le dymenche devant la Saint-Martin, pour certains héritaiges baillés à croys de cens, environ xx livres. Et, sur ce, l’on doit au curé du lieu xvi sestiers de grain et nu muys de vin, et au curé précédent de Paray nu muys de vin, et tout par amendement. »
Anceau Berthin, grand prieur de Saint-Germain-des-Prés, acquit 3 sols de rente perpétuelle à prendre sur 1/2 arpent de vigne, situé au lieu dit le Paux, moyennant 60 sols parisis (14 février 1466) G Quelque temps après, 14 janvier 1480, l’abbé de Saint-Germain délaissa au chevecier de ce monastère, sa vie durant, un demi-arpent de vigne près le cimetière de Thiais, et un demi-arpent au-dessous des Saux (14 janvier 1480) 1 2 3 4 *.
Ce même chevecier acheta, en 1482 et 1483, dans la censive de Thiais, 3 quartiers 1/2 de vigne au lieu dit le Pommeray, 4 quartiers de vigne au lieu dit Baudemont, pour la somme de 48 livres 1/2 G Le 19 janvier 1486, frère Pierre Nicolas, prévôt de Saint-Germain, acquit plusieurs pièces de vigne situées au territoire de Thiais, au prix de 30 livres G
En 1493 (31 juillet), Jacques Cardon délaissa à frère Adam le Harle, chevecier de Saint-Germain, sa vie durant, un quartier de vigne au lieu dit : le Perreux. Après sa mort, cet immeuble devait revenir à la confrérie de Sainte-Marguerite, fondée en l’église Saint-Germain 6 7.
Dans les siècles suivants, les Bénédictins ne négligèrent aucune occasion d’augmenter leurs propriétés de Thiais. Guillemette de Neufville leur abandonna un rivage de l’tle, appelée lTle-aux-Vaches, située en la rivière de Seine, au-dessous de Villeneuve-Saint-Georges, pour la somme de 100 livres (16 juillet 1323) 6.
Le 30 juillet 1600, ils se rendirent acquéreurs, moyennant 300 livres, de divers héritages, qui appartenaient à Pierre Fanneuil G
1 Arck. nat. LL. H 45, p. 350.
2 Id. LL. 1145, p. 350.
3 Id. LL. 1145, p. 350.
4 Id. LL. 1145, p. 350.
6 Id. LL. 1 145, p. 350.
B Id. LL. 1145, p. 351.
7 Id. LL. 1145, p. 353.
Les terres que les religieux de Saint-Germain possédaient à Tliiais lurent arpentées, en novembre 1605, par Denis de Creteil. Elles se composaient de 273 arpents, 3 quartiers, 3 perches et demie et se trouvaient sises en différents lieux; au Puit dismé, près la Justice, sur la voie de Pongy, près la butte de Chevilly, à la Couture de la Tour de pierre, à la voie des neuf quartiers, à la voie des Saux, sur le chemin de la Pucelle G
Bouillart raconte que le marquis de laVieuville demanda aux religieux de Saint-Germain la seigneurie de N ogent-P Artaud et les autres biens dont ils jouissaient en ce même lieu, offrant de leur céder eu échange un fief, des maisons, des terres et héritages, situés au territoire de Tliiais et Choisy, estimés à 1400 livres. Il promit, en outre, de leur donner 6000 livres pour être employées en fonds de terre. La communauté accepta ses propositions, mais elle voulait qu’il y ajoutât encore 200 livresde rente. Ces pourparlers, qui avaient lieu le 20 janvier 1631, n’eurent pas de résultat, selon toute vraisemblance, puisque la propriété de Nogent, ne fut vendue que le 9 février 1645. On ne parle pas d’échange en cette occasion, mais seulement d’une somme de 64000 livres 1 2.
Le 16 janvier 1625, un violent incendie, occasionné par le manque de vigilance du fermier, le sieur Marchais, consuma les bâtiments de la seigneurie. Les dommages causés par ce sinistre s’élevèrent à 15470 livres 3. Tout fut reconstruit à neuf, comme le prouve un procès-verbal de visite 4.
Plus tard, les religieux de Saint-Germain firent d’importantes acquisitions et augmentèrent notablement leur beau domaine de Tliiais.
Ils avaient eu plusieurs contestations avec un sieur Desportes, relativement à un fief et à un droit de pêche sur la Seine, depuis la ruelle du Four, à Villeneuve-Saint-Georges, jusqu’au pont Langlois. Pour mettre un terme à ces difficultés, ils s’entendirent avec ses héritiers, après sa mort, et achetèrent le tout pour la somme de 6000 livres (10 juillet 1649) 5.
Le 28 juillet 1648, Jean de la Barre, conseiller et aumônier ordinaire du roi, leur avait vendu la moitié d’une ferme, qu’il possédait à Tliiais, au prix de 15800 livres. Elle comprenait une maison, cour, grange, bergerie, un colombier et un jardin, huit vingt seize arpents et quatre
1 Arch. nat. LL. 1145, p. 350.
2 ld. S. 2971.
3 ld. LL. 1058, p, 195.
* ld. LL. 1058, p. 190.
5 Chap. conv. Bib. nat. ms. fr. 16.855.
perches de terre labourable, quatre arpents un quartier sept perches de pré, deux arpents et deux perches de sainfoin, jadis en vigne L
La même année, les Bénédictins devinrent propriétaires du tief Saint-Maur, qu’ils payèrent aux chanoines du même nom six vingt livres (13 juillet 1649)1 2.
Le 7 février 1651, ils acquirent, moyennant 2700 livres tournois, de Charles Leclerc, conseiller d’État, et de dame Anne Isambert, son épouse, 13 pièces de terres sises à Thiais, aux lieux dits les Bassins, les Noyers, la fosse Millet et le Marin 3.
Marie Hossart, veuve de Claude Néret de Villeneuve, céda aux religieux de Saint-Germain une petite maison avec quelques pièces de vigne et de terre labourable pour la somme de 1057 livres 15 sols (6 mai 1653) 4.
Pour compléter cette énumération, nous pouvons mentionner plusieurs échanges effectués à diverses époques.
D’abord un acte, daté du mois de mai 1239, nous dit que la prieure de la léproserie de la Saussaye, en la paroisse de Chevilly, sur la route de Villejuif à Fontainebleau, donna à l’abbaye bénédictine 4 sols de rente, qu’elle percevait sur des maisons et des vignes à Thiais et Choisy. Elle voulait ainsi exprimer sa reconnaissance envers les religieux, qui avaient amorti les biens que son couvent possédait dans leur censive,à Paray, Vitry, Cachant, Villejuif, à la Fontaine-Saint-Germain, à Paris, près du petit Pont 5.
Les marguilliers. et les habitants de Villeneuve -Saint- Georges demandèrent aux Bénédictins à prendre sur la cour et le clos de leur hôtel seigneurial un espace de terrain pour établir une allée de procession autour de l’église. En compensation, ils leur accordèrent 16 sols parisis de rente à percevoir sur le tour et le bordage de l’Ilcaux-Vaches, partiellement leur propriété (12 mars 1532) 6.
Le 20 février 1636, le monastère de Saint-Germain-des-Prés obtint de messire Portail du Bâcle un arpent de terre contre un demi-quartier, donné en échange et situé à la Haye Gilles en Thiais 7.
Les deux contrats d’échange suivants ont un but analogue : celui de se libérer de certaines redevances.
1 Arch. nat. LL. 1039.
2 Id. LL. 1039, p. 51.
3 Id. LL. 1 145, p. 354.
4 Id. LL. 1145, |>. 354.
5 Id. LL. 1029, p. 44.
6 Id. LL. 1 145, p. 355.
Jean Cliasteau et demoiselle Catherine, sa sœur, détenaient, au territoire de Thiais, une maison où pendait antérieurement pour enseigne l’image de Notre-Dame, ainsi qu’un jardin, appelé le Barrois. Le premier immeuble était chargé envers les religieux de Saint- Germain de 5 sols parisis et 12 boisseaux un quart et demi d’avoine; le second, de 2 sols, 4 deniers parisis, 8 boisseaux d’avoine,
2 corvées et 4 setiers et demi de vin, chacun an. Pour s’exempter à l’avenir de cette rente, ils abandonnèrent à leurs nobles créanciers
3 quartiers et demi de vigne, en la seigneurie de Thiais, situés aux lieux dits le Ferreux, la voie de la Vache, Baudemont, le ru de Villiers, la voie de Choisy (16 février 1636) L
Le 23 octobre 1640, Léonard Magueux délaissa à l’abbaye de Saint- Germain un quartier de terre labourable sis au ru de Villiers, pour décharger une maison qu’il avait à Thiais, de 9 boisseaux d’avoine de rente annuelle 1 2.
L’évêque de Metz, abbé de Saint-Germain, fit un échange avec monsieur de Colbert. Parmi les terres qui lui advinrent ainsi, deux arpents se trouvaient dans la seigneurie de Thiais, dépendant de la mense conventuelle. Le prélat dut reconnaître que cette propriété serait soumise aux droits ordinaires (18 janvier 1653) 3.
Si nous voulons connaître la valeur approximative des revenus, produits par la seigneurie de Thiais, il nous faut étudier les dénombrements et les baux qui lui sont relatifs.
Suivant une déclaration de 1371, il y avait à Thiais une maison notable, 224 arpents de terres, prés et vignes, 2 l'ours banniers, pouvant rapporter avec la dîme des vignes et des agneaux, six vingts livres.
La dîme des grains et les champarts produisaient 42 muids de blé; les cens fournissaient une rente annuelle de 20 livres 4.
Un dénombrement de l’année 1321 nous procure de plus amples détails. Il est ainsi conçu :
1° À Thiais, se trouve un grand manoir, où il y a maison, estable, grange, bergerie, cour, pressoirs banniers, colombier, prisons, auditoire servant à l’exercice de la justice du dit lieu, le tout clos de murs et contenant deux arpents, assis au milieu de la ville et joignant l’église
1 Arch. nat. LL. 1145, p. 357.
2 ld. LL. 1 145. p. 358.
3 Ckap. conv. Bib. nat. ms. fr.. 16.855.
* ld. LL. 760.
paroissiale. Ces immeubles sont en grande ruine, coûtent beaucoup à entretenir et peuvent valoir, à cause des pressoirs, chacun an, montant et avalant, 20 livres de loyer.
2° Environ 30 arpents de vignes, que les religieux labouraient et entretenaient eux-mêmes.
3° Environ douze vingt-dix arpents (c’est-à-dire 250) de terres labourables, assis audit terrouer, qui peuvent bien valoir par an 10 muids de méteil.
4° Trente et un arpents de prés et marais assis audit terrouer et sur la rivière de Seine, valant 30 charretées de foin par an, qui coûtent beaucoup à faner et à enlever. Ces dits prés sont sujets à la fortune de la dite rivière, quand elle déborde.
5° Une maison à plusieurs travées où sont deux fours banniers, valant par an 100 sols parisis.
6° Les terres, maisons, masures, tenues en mouvance, à Thiais, Choisy et Grignon, valent annuellement 80 livres de menus cens.
7° Les lots, ventes, saisines, amendes arbitraires, forfaitures, confiscations, et tous droits appartenant à haut justicier.
8° Tous droits de haute, moyenne et basse justice, avec prévôt, lieutenant, greffier, procureur, sergent, geôlier et autres officiers. Le prévôt peut connaître de tous les cas sur les hôtes et justiciables des religieux, en première instance, dont le ressort par appel se traite par devant le bailly de Saint-Germain.
En 1621, la seigneurie de Thiais était affermée pour 17 muids de grain, 13 muids de blé mestail, 4 muids d’avoine, le tout rendu à l’abbaye; 4 beaux moutons gras, 6 gros chapons, 4 porcs gras de 12 livres 10 sols, 200 bottes de paille-mestail, 100 tombereaux de fumier bien pourri pour les vignes des religieux, 4 muids de grain au curé de Thiais, 1/2 muid de blé mestail au curé de Choisy L
Avant 1751, la seigneurie de Thiais était baillée pour 4500 livres, y compris les dîmes que le fermier tenait sur le pied de 1200 livres. Mais, à cette époque, elle se trouvait notablement diminuée, car on avait vendu au roi 125 arpents de terre et, de plus, elle était en nonvaleur. On n’y faisait que du blé de mars pour éviter le désagrément de voir son grain mangé pendant l’hiver par le gibier. Le sieur Boudinot consentit à l’affermer, mais il ne s’engagea à payer que 1800 livres par an. Les religieux de Saint-Germain abandonnèrent au curé de Thiais toutes les dîmes au lieu et place de son gros, qui s’élevait à 993 livres a.
1 Arch. nat. LL 1058, p. 13.
2 Ckap. conv. Bib. nat. ms. fr. 10.859, p. 69.
La terre, seigneurie et prévôté de Thiais, les terres de Choisy et de Grignon avec droits de haute, moyenne et basse justice, de patronage et nomination aux cures de Thiais et Choisy, droits de dîmes et de champarts, de four banal, avec les rentes, les redevances, tant en grain qu’en argent et vin, les cens, la maison seigneuriale, le pressoir, le moulin, les prés, bois, vignes furent cédés au roi en échange des terres de Magny. Ces propriétés, qui n’en formaient qu’une, connue sous le nom de seigneurie de Thiais, tenaient du côté du midi à la seigneurie d’Orly, au nord à celle de Vitry, à l’est au chemin de la Pucelle, et à l’ouest au grand chemin de Fontainebleau. Elles étaient estimées, comme valeur foncière, à 394112 livres 3 sols et comme revenu, à 20234 livres 16 sols 7 deniers.
Une autre évaluation leur donne moins de prix. Elle les fixe comme : fonds, à 343243 livres 3 sols
revenu, à 18228 livres 1 sol 4 deniers.
Vitry.
Au village de Vitry-sur-Seine, près de Thiais, les religieux perçoivent, à la Saint-Remy, la somme de 10 livres de censive et surcens, sur environ 100 arpents de terres et vignes, à cause de la prévôté de Thiais. Ils ont aussi droit aux lots, ventes, amendes, saisines, que les habitants payent en l’hostel de Thiais L
Seigneurie temporelle (Thiais).
Les religieux de Saint-Germain-des-Prés cherchèrent toujours à améliorer le sort de leurs sujets. Gazon de Montreuil pouvait exiger certaines corvées des habitants de Thiais. Grâce à leur intervention, il renonça à ce droit et se contenta, en retour, de prélever annuellement un muid de blé sur Villeneuve-Saint-Georges (1179) 1 2. A ce bienfait vint s’en ajouter un autre bien plus considérable. Au mois de novembre 1230, l’abbé Thomas de Mauléon affranchit les hommes de Thiais, de Choisy et de Grignon, moyennant une somme de 2200 livres. Si ceux-ci étaient exemptés de la loi de formariage et de la taille à
1 Arch. nat. S. 2976.
2 Lebeuf, IV, 430.
plaisir, ils se voyaient encore soumis à plusieurs servitudes énumérées dans la charte de manumission.
Les religieux pouvaient seuls avoir des pressoirs, et tous les manants devaient y porter leur vendange et payer par muid deux setiers de mère-goutte et le tiers de tout le pressurage. Les vignes, qui se trouvaient dans les censives de la bouteillerie Sanceline (buticulariæ Sancelinœ), de Girard de Gontart, de la terre de Saint- Pierre-des-Fossés, du fief de Jean de Creteil et de Guillaume de Brie, étaient taxées à un setier par muid pour la dîme et au quart de tout le pressurage.
Ceux qui possédaient des vignes dans la censive de Saint-Germaindes-Prés ou les tenaient en champart payaient par arpent 20 deniers de cens annuel, le dimanche qui suivait la Fête de la Nativité de la Sainte Vierge.
Lorsque l’abbé passait la nuit à Thiais, les habitants devaient lui procurer les objets de literie, ainsi qu’à ses compagnons. Us étaient tenus, comme les gens de Choisy et de Grignon, à payer les droits de mouture et de fournage, à travailler pendant neuf jours avec leurs bêtes de somme aux cultures de l’abbaye, et un jour à la fenaison.
Les hommes qui habitaient les terres de Saint-Pierre-des-Fossés, de Saint-Marcel, de Jehan de Cresteil, de Guillaume de Brie n’étaient soumis qu’à six journées : deux journées, à chaque labour.
Chaque année, l’abbé de Saint-Germain et le prieur de Thiais choisissaient des hommes sûrs et tidèles et les chargeaient de veiller sur les blés et les vignes de ce territoire.
Il y avait défense d’établir une commune, de faire des aliénations ou des échanges sans avoir obtenu l’agrément du prieur de Thiais. Les habitants de ce village, comme ceux de Grignon et de Choisy, devaient défendre l’abbé et les religieux et accourir à leur appel, lorsqu’ils en étaient requis. Ils s’engageaient aussi à payer la taxe que le roi imposerait pour couvrir les frais de la guerre L
Dès l’an 1284, ils contestèrent cette dernière obligation. Mal leur en prit; car un arrêt de la cour les condamna, en 1320, et donna pleinement raison à l’abbé de Saint-Germain 1 2.
Pour éviter toute difficulté à l’avenir, ils se libérèrent de cette redevance, moyennant une somme de 336 livres parisis (1340). Quinze maisons à Thiais et à Choisy, et plusieurs autres à Grignon ne parti-
1 Arch. n. LL. 1 020, p. 140. LL. 1025, p. 211.
2 Ici. LL. 1145, p. 244.
cipaient point à ce rachat; elles demeurèrent astreintes au droit commun 1 (1381).
A la suite d’une transaction, les habitants de Greteil et le chapitre de Notre-Dame de Paris permirent, le 11 janvier 1381, aux manants de Thiais et de Choisy de conduire leurs animaux paître dans des marais qui leur appartenaient, depuis la fête de Saint-Jean-Baptiste jusqu’à la fête de Notre-Dame en Mars 2.
Vers le milieu du seizième siècle, le village de Thiais avait beaucoup à souffrir des mendiants et vagabonds qui molestaient le peuple. Le roi permit au cardinal de Tournon de l’entourer de murs et de le fortifier pour le défendre contre ces malandrins. La collecte faite pour mener à bonne fin cette entreprise ne devait point nuire à la chose publique et empêcher de payer les subsides royaux. Le même monarque ne refusa point de sanctionner l’établissement d’un marché, le mardi de chaque semaine, et de deux foires fixées l’une, à la Saint-Luc, au mois de septembre, et l’autre, à la Saint-Nicolas (février 1546) 3.
Justice.
Plusieurs enquêtes et principalement celle qui eut lieu en 1528 démontrent que les religieux de Saint-Germain avaient la haute justice au territoire de Thiais 4.
Une déclaration de 1522 est ainsi conçue : En nostre village, chastelenie, terrouer, seigneurie et estendue de Thiais, Choisy et Grignon et leurs dépendances, distants de 3 lieues de Paris, il y a maison, estables, grange, bergerie, court au milieu, pressoirs banniers, le tout appelé l’hostel seigneurial de Thiais, avec un colombier, prison, auditoire servant à la justice dudit lieu, le tout clos de murs.
Item, tout droit de chastellenie, haute, moyenne et basse justice, prévôt, lieutenant, greffier, procureur, sergent-greffier. Le dénombrement de 1384 mentionne aussi ce droit de justice 5.
Un arrêt du parlement, rendu en 1287, les confirma dans les droits d’espave et de justice sur la rivière de Seine 6.
2 ld. LL. 1145, p. 328.
3 ld. JJ. 257, n° 53526.
4 ld. LL. 1145, p. 246.
5 Tanon : Justices de Paris, p. 218. Dom Du Bouhg, 27.
r> Arch. nat. LL. 1145, p. 362.
Des marais, situés au delà de la Seine et contenant 24 arpents, donnèrent lieu à des débats et procès entre le couvent de Saint- Germain et les manants de Thiais. Il lut entin convenu qu’ils seraient affermés au plus offrant et dernier enchérisseur, mais le bail ne devait être passé qu’en présence des religieux ou de leur procureur. Les Bénédictins se réservaient le privilège de prendre le tiers du fermage (1458) L
Les faits et sentences que nous allons citer nous montrent le caractère de l’époque.
Un berger avait commis un meurtre. Condamné à mort pour ce crime, il fut exécuté. Sa veuve supplia alors les religieux de lui laisser les biens de son mari pour qu’elle pût subvenir aux besoins de ses enfants. Ceux-ci tirent droit à sa requête, mais ils lui demandèrent de prier avec sa famille pour la prospérité de la communauté (5 janvier 1626) 2.
Henri David et Aubin Jacob, qui habitaient le village de Thiais, furent condamnés à 6 livres d’amende pour avoir mangé de la viande aux jours défendus, en la maison de Pierre Lochois, tavernier. Ce dernier subit la même sentence (21 juillet 1633) 3.
Le 25 octobre 1655, le prévôt de Thiais condamna le bedeau de l’église de Choisy à déterrer le cadavre d’Arnauld Bartet, inhumé sans la permission des religieux dans le chancel de l’église de Choisy, et à le réinhumer dans le cimetière du dit lieu, après avoir payé 30 livres d’amende 4.
Le doyen et le chapitre de Notre-Dame de Paris étaient seigneurs en partie de Grignon et exerçaient toute justice à Orly. Leurs officiers avaient saisi à Grignon un voleur. Le juge de Thiais protesta contre cet empiétement et obtint un acte de non préjudice pour l’avenir (1645) «■
Le 7 mai 1677, Mené Valangelier, médecin, demanda à se fixer à Thiais. Il était attaché à la religion catholique et très expérimenté dans l’art de la chirurgie et barberie. On l’autorisa à exercer dans l’étendue de la seigneurie, à tenir boutique ouverte, à pendre bassins, et faire rapport en justice quand il en serait requis 6.
1 Arch. nat. LL. 1030, p. 24.
2 Chap. con. Bib. nat. ms. fr., 10.832.
3 Arch. nat. LL. 1143.
4 Id. LL. 1143.
5 Arch. nat. LL. 1127, f. 332,
6 Chapitre conventuel, Bib. nat. ms. fr. 10.837, p. 90.
En 1312, le bail des exploits, défauts et amendes de la prévôté de Thiais jusqu’à 00 sols, avec les forages, rouages et menues dîmes, s’élevait à 17 livres 40 sols; en 1023, à 20 livres tournois L L’office de greffier et de tabellion était affermé, en 1045, à Laurent Berthelot, pour la somme de 30 livres tournois payable à la Saint-Martin 1 2.
Dîmes.
Les religieux de Saint-Germain percevaient les dîmes au territoire de Thiais, Grignon et Choisy. Un arrêt du 23 décembre 1372, qui défend de les troubler dans cette jouissance, leur confirme ce droit 3 4. Ils exigeaient G pintes par muid de vin, et par queue, 8 pintes de mèregoutte et pressurage (10 novembre 1314) L En général, les habitants payaient par arpent pour la dîme des blés 8 gerbes et 12 sols pari sis de cens (1320) 5.
Les droits de champart consistaient à prendre deux gerbes sur onze. On ne devait point enlever le blé des champs avant que le seigneur n’eût prélevé cette redevance, comme le prouve une sentence rendue contre Guillaume de Lorme, le 23 novembre 1397 6.
Le 28 juin 1314, les religieux baillèrent à Jean Frais les dîmes et champarts de Thiais, Grignon et Choisy pour 10 muids et 1/2 de grain, 2/3 de blé et 1/3 d’avoine 7.
Les menues dîmes des agneaux, oisons et cochons, avec le rouage et le forage, rapportaient 20 livres, chaque année, en 1323 8.
Les religieux avaient droit de mesurage et estalonnage 9.
Banalité.
Comme nous l’avons vu dans la charte d’affranchissement, les habitants de Thiais, Grignon et Choisy étaient soumis à la banalité du pressoir, du four et du moulin des religieux.
1 Arch. nat. LL. 1145, p. 246. LL. 1058, p. 278.
a Id. LL. 1039, p. 220.
3 Id. LL. 1145, p. 238.
4 Id. LL. 1145, 238.
5 Id. LL. 1145, p. 308.
6 Id. LL. 1145, p. 238.
7 ld. LL. 1145, p. 238.
« Id. LL. 1145, p. 331.
» Id. LL. 1145, p. 246.
Le 31 août 1632, le prévôt prescrit à tous les taverniers de prendre du pain de police au four banal, pour le vendre à ceux qui iraient boire et manger en leurs cabarets. Défense leur était faite de procurer à leurs clients d’autre pain, sous peine d’une amende de 4 livres parisis L
Michel Poullain, boulanger à Orly, en dépit de ce règlement, vint apporter du pain aux taverniers de Ghoisy; il vit sa marchandise confisquée et dut payer 24 sols d’amende. On lui interdit de vendre à l’avenir du pain à Choisy, sous peine de 10 livres (2 février 1638)1 2.
Le four banal était affermé 80 livres, en 1653; 150, en 1693; 320 en 1760 3.
Voirie et police.
Le 22 mars 1516, les olticiers de Thiais avaient saisi deux vaches et un veau, qui se trouvaient en dommage dans une saussaye près de Lormeteau. C’est sans doute un de ces animaux que Marguerite Maunoury, quelques jours plus tard, lit échapper aux mains du sergent de la prévôté. Elle fut condamnée, pour cette mauvaise action, h 60 sols d’amende 4.
Il existait une vieille coutume à Thiais. Les officiers et les habitants faisaient le guet pendant toute la nuit de la vigile de saint Leu et de saint Gilles. Pour aider ces gens à supporter une pareille fatigue, chaque tavernier devait leur fournir 8 pintes de vin 5.
En 1558, il lut arrêté que personne ne pourrait emporter les grains des champs, avant que les gerbes ne fussent liées, et, en outre, il n’était pas permis d’envoyer les bêtes, moins de vingt-quatre heures après, dans les pièces de terre où l’on avait moissonné 6.
Une sentence de la table de marbre, en date du 14 janvier 1643, maintint les religieux de Saint-Germain dans la censive et seigneurie de la châtellenie de Thiais, Choisy et Grignon, contre le procureur du roi des eaux et forêts qui les inquiétait fort à ce sujet 7 .
1 Arch. nat. LL. 1145, p, 255.
2 Id. LL. 1145, p. 255.
3 Bib. nat. ms. fr. FF. 16855, 16856, p. 284. 16859, p. 141.
8 Lebeuf. IV, 440.
7 Rouillant. Histoire de Sain t-Qermain-des-Prés. 254.
Prévôts.
1291. F. Gaultier de Thyès, prieur.
1315. Adam Dourouer, prévôt.
1329. F. Jean Anquetin, prévôt.
1450. F. Philibert Leharle, prévôt.
1455. F. Anceau Berthin, prévôt.
1486. F. Pierre Nicolas, prévôt L
Seigneurie spirituelle.
Il y avait, dès le ixe siècle, une belle église à Thiais : Irminon, qui nous l’affirme, ajoute que le corps de saint Germain y reposa, lorsqu’on le rapporta de Combs-la-Ville, où on l’avait transporté, pour qu’il ne tombât point au pouvoir des Normands. Ruinée par les barbares du Nord, elle fit place à une autre, qui fut dévastée pendant la guerre contre les Anglais. Celle qui existe aujourd’hui date du xve siècle. L’évêque de Paris, Louis de Beaumont de la Forest, en fit la dédicace, le 8 août 1484. Il y consacra six autels : le principal, en l’honneur de la Sainte Trinité, de saint Gilles et de saint Leu; le second, en l’honneur de la Sainte Vierge; le troisième, en l’honneur de saint Louis; le quatrième, en l’honneur de saint Jacques; le cinquième, en l’honneur de sainte Marguerite; le sixième, en l’honneur de saint Thomas. Le prélat se montra généreux et accorda des indulgences à ceux qui visiteraient ce sanctuaire 1 2.
Suivant l’annuaire de Sceaux (1868), c’est vers cette époque que l’église de Thiais fut ouverte aux habitants. Jusque-là, elle était réservée aux moines qui venaient en ce lieu pour rétablir leur santé, car depuis longtemps ce domaine servait de maladrerie et d’hôpital à la communauté de Saint-Germain-des-Prés. Comme le mobilier était fort pauvre, le cardinal Guillaume, archevêque de Reims, légat du pape, promit, en 1554, de grandes faveurs spirituelles à ceux qui pourvoiraient à son ameublement.
1 Tout semble affirmer l’existence d’une prévôté à Thiais. Cependant certains documents nous parlent du prieur de Thiais. Nous lisons dans la lettre des anniversaires les lignes qui suivent : « XIII Kalendas Januari (20 octobre), cantatur : O rex gentium, et debet prior de Theodatio conventui XX solidos par. pro pitancia ». (Arch. nat. LL. 1027.)
2 Bibliothèque de l’école des Chartes, 1868, p. 500.
L’église de Thiais possédait une relique de saint Leu, en 1386. En effet, s’il faut en croire un document contemporain, il fut convenu qu’elle appartiendrait à l’avenir au curé de la paroisse et que les offrandes seraient partagées entre lui et le prévôt moine1. Ce précieux trésor occasionna en certaines circonstances des contestations et même des luttes avec effusion de sang 2. Le prévôt de Thiais s’opposa à ce qu’on descendît cette relique avant le deuxième coup de la grand’messe (1435) 3. Que devint-elle plus tard? On ne sait trop. On a le droit de penser qu’elle disparut dans la ruine de l’église, au commencement du xve siècle, puisque nous voyons, le 16 février 1620, le monastère de Sainte-Colombe en fournir une autre pour le nouveau temple, dédié à saint Leu, comme l’ancien 4.
L’abbé des Bénédictins s’engagea aussi à gratifier l’église de Thiais d’une relique de saint Germain. Les marguilliers devaient en avoir la garde, recevoir les offrandes qui seraient faites et les employer à la réparation du sanctuaire (1386) 5.
A Thiais, se trouvaient assis les fonds destinés à la fondation de la chapelle de Saint-Thomas, martyr, en l’église de Saint-Germain-des- Prés, qui était à la collation de l’abbé. Les marguilliers voulurent saisir les revenus de cette chapelle, et en faire acquitter les charges dans leur église. L’official de Paris les obligea par sentence à les céder au chapelain titulaire 6.
Nous le savons déjà, Gualon (990) avait géré les biens de la prévôté de Thiais, avant de devenir abbé de Saint-Germain. Il est probable qu’il fonda en ce lieu une chapelle, non loin de la fontaine publique ; car on a découvert son nom inscrit sur une pierre, provenant des ruines d’un antique sanctuaire bâti en cet endroit 7.
En qualité de patrons de Thiais, les religieux de Saint-Germain avaient des droits et des charges. Le 6 novembre 1521, ils passèrent un accord avec le curé de la paroisse, Guillaume l’Eschapé. Ce dernier consentait à partager avec eux les oblations, vœux, legs et droits des évangiles, qui se feraient en l’église de Thiais depuis l’heure de midi de la veille jusqu’au lendemain midi des fêtes de Saint-Leu et
1 Arch. nat. LL. 1 145.
2 Id. LL. 1025-26.
3 Id. LL. 1 145.
4 Chap. conv. 16851. Bibl. nat. ms. fr.
» Arch. nat. LL. 1 145.
6 Lebeüf, IV, 412.
7 Bouillart, p. 70.
Saint-Gilles, de la Toussaint, de Noël, de la Chandeleur, de Pâques et de la Pentecôte. Ces mômes jours, les moines y chantaient les premières vêpres, matines, la grand’messe, et invitaient le curé à leur table La solennité de Saint-Leu paraît surtout les avoir attirés, car, d’après son contrat de fermage, le batelier de Choisy devait aller les quérir à Paris, fa veille, les reconduire, le lendemain, en un bon bateau et leur procurer trois bons plats de poisson, au jour même de la fête (1653)1 2.
La requête que les habitants et les marguilliers de Thiais adressèrent aux religieux, en 1644, prouve que leur église était un centre de dévotion 3.
Nous ne voyons presque personne demander des places spéciales à l’église; seul, Léonard Magueux sollicite la permission d’y posséder un banc (1639) 4.
Les religieux devaient subvenir à l’entretien du curé. Sous le règne de Charles IX, celui-ci exposa une plainte au parlement. Il disait qu’il ne jouissait d’aucune dîme, et que cependant il devait nourrir quatre chapelains. On lui adjugea une portion congrue 5. En 1642, ils lui donnaient 4 muids de grain et 6 muids de vin, comme l’atteste une lettre envoyée au procureur de Saint-Germain par Antoine Limereuse, qui signe prêtre indigne, votre vicaire de Thiais 6.
Il y avait une confrérie érigée en l’honneur de messieurs Saint- Gilles et Saint-Leu, et beaucoup de fidèles en faisaient partie. De nombreux pèlerins venaient implorer les deux Bienheureux et leur piété était une source de revenus. Mais le petit bâtiment, où ils se réjouissaient de recevoir l’hospitalité pendant le temps de leurs ferventes neuvaines, était menacé d’une ruine prochaine. La chapelle de Saint-Thomas, qui se trouvait au-dessus et appartenait aux Bénédictins, était croulante. Elle devait certainement le détruire et l’écraser dans sa chute. La population demandait donc qu’on empêchât ce malheur, en consolidant l’édifice délabré 7 .
En 1584, l’église de Thiais fut dotée de 4 belles cloches. Les habitants et les marguilliers invitèrent l’abbé de Saint-Germain à députer quelques religieux pour la bénédiction.
1 Arc h. nat. LL. 1145 p. 235.
2 Id. LL. 1039 p. 331.
3 Id. LL. 1 145.
4 Id. LL. 1145 p. 236.
5 Lebeuf IV, 441.
0 Arch. nat. LL. 1145 p. 236.
7 Id. LL. 1127 p. 283.
Dans toutes les dépendances de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, on semblait avoir à cœur deux choses, en particulier, le soulagement des pauvres et l’instruction des entants.
Le 20 janvier 1G28, le curé et les notables de Thiais demandèrent aux religieux la permission d’édifier un petit appartement, pour y loger un homme d’église qui devait enseigner la jeunesse L
Les dames de charité avaient recueilli une somme de 1600 livres. Le 10 novembre 1690, elles la confièrent en prêt à l’abbaye de Saint- Germain, qui l’accepta au denier 24. La rente de 20 livres, provenant de ce capital, était destinée à l’entretien d’une maîtresse d’école. La communauté se voyait déchargée de payer trois pistoles pour le même fait 1 2. Les religieux de Saint-Germain-des-Prés payèrent cette rente de 70 livres jusqu’en 1790 3.
Antoine Limereuse fournissait au sieur Bonvallot, son vicaire, 150 livres de rente annuelle (5 janvier 1634) 4 5.
En 1751, le gros du curé s’élevait à 993 livres, comme nous l’avons vu.
Le vicaire perpétuel et les habitants de Thiais demandèrent aux Bénédictins, en 1645, de leur concéder un petit bâtiment, joignant l 'église paroissiale pour y loger un chapelain. On fit droit, sans aucun doute, à leur requête 6.
Plus tard, le 10 août 1669, on accorda à messire Jacques Favier du Boullé une place, appelée le petit cimetière, et on lui permit de s’enfermer dans son clos. Le vicaire perpétuel donna son consentement à cette faveur, et le privilégié promit de donner à l’église une valeur pécuniaire, qui serait placée en fonds 6.
Quelques années plus tard, le 31 janvier 1702, les habitants de Thiais achetèrent une petite maison, où ils voulaient installer une maîtresse d’école pour instruire les petites filles et assister les pauvres. Les religieux firent remise des lods et ventes 7 .
Lorsque, le 27 mars 1709, le sieur Bardon, curé, établit des sœurs de charité dans l’endroit, les Bénédictins s’empressèrent d’approuver cette institution et de sanctionner cette bonne œuvre 8.
1 Chap. conv. Bib. nat. ms. fr. 1(3852 p. 63.
2 Ici. 16837 p. 17-1 et 264.
3 ld. 20848 p. 57
* Arch. nat. LL. 1145 p. 235.
5 Arch. nat. LL. 1145 p. 253.
6 Chap. conv. Bib. nat. ms. fr. 16857 p. 5.
7 Arch. nat. LL. 1025.
8 Chap. conv. Bib. nat. ms. fr. 16857 p. 363.
En tête des curés de Thiais, nous devons nommer le sieur Elinand, insigne bienfaiteur de Saint-Germain, et qui avait donné 100 livres pour qu’un cierge brûlât jour et nuit dans l’église de ce monastère, devant l’autel majeur (1230) L
1236. Elinand.
1521. Guillaume l’Eschappé.
1534. Marguerin Quesnel.
1598. Jean Marquis.
1607. Alexandre de Houden.
1623. Antoine Limereuse.
1653. Gaspard de Condamine.
On prélevait sur les revenus de Thiais :
1° Le ix des calendes d’avril, ou le 24 mars, xl sols, pour l’anniversaire de Louis Gastenet (de Gasteneto).
2° Le ix des calendes de mai, ou le 28 avril, lx sols parisis pour l’anniversaire d’Adam Doroer, ancien prévôt de Thiais.
3° Le vi des ides de juin, ou le 8 juin, xx sols pour l’anniversaire d’Aimeri de Tyes. Cette redevance était assise sur un arpent de terre à la Pierre Saint-Leu.
4° Le vin des ides de juillet, ou le 8 du même mois, xl sols parisis, pour l’anniversaire de Gautier, ancien grand prieur de Saint-Germain.
5° Le ni des ides de septembre, ou le xi du même mois, 24 sols parisis pour l’anniversaire de Pierre de Thiais.
6° Le iv des nones de novembre, ou le 2 du même mois, xl sols parisis pour la commémoration de Gautier de Thiais, prieur de ce lieu.
7° Le vin des ides de décembre, ou le 6 de ce mois, jour de Saint- Nicolas, le prieur de Thiais devait payer xn sols vi deniers.
8. Le xin des calendes de janvier, ou le 20 décembre, jour où l’on chante l’antienne : O Rex gentium, le même prieur de Thiais devait fournir xx sols parisis pour la pitance de Saint-Germain-des-Prés 1 2.
1 Chnp. conv. Bib. nat. ms. fr. 1(1857 p. 435.
2 Arch. nat. LL. 1027.