‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 4)Chapitre 96 sur 121 · SAINT-PLACIDE · texte numérisé non relu

SAINT-PLACIDE

Le fief de la Folie, connu plus tard sous le nom de Saint-Placide, appartenait, en 1523, à Denis Gassion. Il consistait en bâtiments et 150 arpents de terre labourable, prés, vignes, jardins, situés vis-à-vis de Choisy, de l’autre côté de la Seine. Cette propriété était affermée 6 muids de blé méteil, mesure de Paris, 6 chapons et 3 oies grasses. Comment cette propriété est-elle venue en la possession de Saint- Germain? Nous ne le savons pas, mais c’était déjà un fait accompli en 1646, puisque nous voyons Dom Firmin Hainssant, prieur de Pabbaje, l’affermer au prix de 800 livres tournois par an L

Nous lisons dans les délibérations conventuelles de Saint-Germaindes-Prés, à la date du 5 décembre 1650, que Jacque de la Fosse, seigneur de Beaurepaire, donna aux religieux 14000 livres pour être appliquée au petit couvent de Saint-Placide-lez-Choisy. En reconnaissance de ce bienfait et de plusieurs autres, la communauté de Saint- Germain s’engagea, par acte authentique, à lui donner la sépulture auprès de son tils dans l’église abbatiale et à lui faire des funérailles comme aux religieux 1 2 3.

Le généreux donateur que nous venons de mentionner ne semble pouvoir être confondu avec un certain pientissimus vir Frapinus, qui légua une somme importante pour édifier un monastère en ce même endroit. Le religieux désigné pour faire exécuter ses dernières volontés dédia cette nouvelle communauté à Saint-Placide, dont on venait de recevoir quelques insignes reliques (octobre 1643) 3.

Le chapitre général décida que la fondation de Saint-Placide appartiendrait à Saint-Germain-des-Prés, qui en supporterait tous les frais (30 juin 1654) 4.

Le 30 mai 1655, la ferme de Saint-Placide était affermée au sieur la Nouillé pour la somme annuelle de 800 livres et 12 livres de beurre, au jour de la fête Saint-Leu. Il devait fournir 11 journées de harnais, dont 6 pour les vendanges, charroyer tous les matériaux pour les réparations de la ferme, peupler le colombier de pigeons.

1 Arch. nat. S. 2908; LL. 1039, p. 221.

2 Chap. conv. Bib. nat. ms. fr. 16855.

3 Id. ms. lat. 13861, p. 476.

4 Id. ms. fr. 16855.

Le 14 décembre 1716, la maison de Saint-Placide était baillée à vie à madame d’Hauterive. Sa tille, madame de Saint-Simon, obtint qu’on lui accordât un pareil bail après la mort de sa mère. Elle promit de faire des aménagements pour 4000 livres au moins et s’engagea à payer 2o0 livres par an L

Le 14 avril 1749, madame de Brigy d’Averne prit le château de Saint-Placide aux mêmes conditions, avec la seule différence qu’elle payait 300 livres par an 1 2.

On ne voit pas que Saint-Placide fût compris parmi les immeubles cédés au roi, en 1764. Que devint ce domaine? On ne le trouve pas nommément signalé dans la déclaration de 1790. Faut-il le confondre avec la propriété de l’hôtel de Clermont?

1 Cknp. conv. Bib. nat. ms.fr. 16857, |>. 509.

2 Id. 16859, p. 56.

Département de Seine-et-Marne.

Melun G

Les Bénédictins de Saint-Germain-des-Prés possédèrent quelques biens dans la ville de Melun, dès le commencement du xme siècle. Étienne Guachet., prêtre, leur avait donné la cinquième partie d’une maison et vendu le reste pour la somme de 80 livres. Ce bâtiment, situé rue Platrière, se trouvait dans la censive des religieux de Saint- Pierre de Melun, qui exigèrent pour redevance de la main morte un tribut annuel de 6 deniers, payable au jour de Noël, et réservèrent leur droit de justice sur cet immeuble. L’abbaye de Saint-Germain avait aussi de ce chef des obligations envers l’église de Saint- Aspais, a laquelle elle soldait tous les ans une rente de 12 deniers (5 lévrier 1228) 1 2.

Ce monastère fit de nouvelles acquisitions. Nous trouvons en effet, à la date du mois de mars 1258, que Jean de Chavigny, clerc et Émeline, son épouse, renoncèrent, en faveur des religieux de Saint-Germain-des-Prés, aux prétentions qu’ils pouvaient avoir sur une maison, sise à Melun, rue Platrière, dans la censive de Geoffroy de Prennes, chevalier, vicomte de Joigny, et de Jean de Perrochel, écuyer; ils reconnurent que cette maison et la place attenante, contiguës à une maison que Saint-Germain possédait déjà, appartenaient depuis longtemps à cette abbaye 3.

Par lettres du mois de juin 1261, Guillaume, archevêque de Sens, déclara qu’en sa présence, Seguin, curé de Saint-Aspais et doyen de la chrétienté de Melun, avait donné aux religieux de Saint-Germain, une maison sise dans la grande rue de Melun, près le fossé de la forteresse, s’en réservant l’usufruit, sa vie durant 4.

1 Dép. Seine-et-Marne.

2 Arch. nat. L. 780; LL. 1029, p. 48.

3 Id. L. 780.

4 Id. L, 780; LL, 1026, p. 165; LL. 1029, p. 47.

Héloïse, dite la Ferronne, nièce du doyen, n’approuvait point les dispositions de son vénérable oncle. Cependant elle consentit à respecter ce qui avait été fait, moyennant 10 livres que lui donnèrent les religieux de Saint-Germain-des-Prés L Le 13 janvier 1402, une sentence fut rendue au Châtelet de Paris, condamnant Jean Jodouin à payer à l’abbaye de Saint-Germain 8 livres de crois de cens et de rente perpétuelle, chacun an, tant qu’il serait détenteur d’une maison, sise à Melun, rue de la Plâtrière1 2.

Le dénombrement de 1384 porte ce qui suit : Item, sur la ville de Melun, l’église a une maison, laquelle est louée xv frans et sur ce la fault souttenir 3.

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