‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 4)Chapitre 97 sur 121 · CHARTRETTES · texte numérisé non relu

CHARTRETTES

Chartrettes est une commune de l’arrondissement de Melun, Seineet-Marne. Les religieux de Saint-Germain-des-Prés y possédaient un tief. Le 13 octobre 1574, il était baillé à André Leprestre,au prix de 100 sols de loyer 4.

Vingt ans plus tard, il était aliéné à Audebert Catin, conseiller du roi, moyennant 100 escus d’or soleil 5 et 2 muids devin (4 août 1595). Nous ne connaissons rien de précis sur l’origine de ce fief.

1 Arch. nat. L, 780.

2 Id. S, 2979, p. 397.

3 Id. L, 700, ii. 29. Dom Dr lîouu;. 30.

* Id. S. 2979. |>. 397 S. 2970.

5 Id. S. 2970, hOl ILLAHT. |>. 209.

C0ULAV1LLE. - COMBS-LA-VILLE \

Cette localité, que nous trouvons désignée dans les anciens documents sous les noms de Combis villa, Cons villa, Villa cons, Cons, était située sur les coteaux qui enserrent la petite rivière de l’Yerres; elle appartenait à la partie du diocèse de Paris, connue sous le nom de Briacensis pagus et dépend aujourd’hui du département deSeineet-Marne, canton de Brie-Comte-Robert. Dans son testament, le roi Dagobert léguait cette ville à l’église de Saint-Vincent, qui allait devenir Saint-Germain-des-Prés.

Combs-la-Ville était le centre d’un fisc royal, comprenant de vastes étendues de terres cultivées, de prés, de vignes et de bois, qui passa avec ses serfs dans le domaine de l’abbaye. L’abbé Irminon, dans son Polyptique, nous fait connaître l’importance de ce domaine monastique.

Le manse seigneurial comprenait le château avec les bâtiments de la dépendance. Six cultures, formant une étendue de 168 bonniers de terre où l’on peut semer 850 muids de froment, 94 arpents de vigne rapportant 1200 muids de vin, 88 arpents de pré qui produisaient cent charretées de foin, une forêt qui avait à peu près trois lieues de tour et où l’on pouvait nourrir mille porcs, deux moulins d’où l’on retirait un cens de 120 muids, 40 de froment et 80 de méteil. Dans ce. territoire s’élevaient deux églises, construites en bel appareil, avec un domaine, dont les revenus étaient destinés à l’entretien des bâtiments et du culte divin, et qu’augmenta notablement l’abbé Irminon. Il y avait à Combs : 33 manses ingénuiles qui payaient tous les ans de taxe militaire ou 3 chariots, ou 8 bœufs, ou en argent 3 livres et 4 sols; de droit de charnage, 1 livre et 14 sols, et la troisième année 30 brebis avec leurs agneaux; plus, 30 autres manses ingénuiles qui ne payaient pour la taxe militaire que 60 moutons : plus, 13 manses serviles qui payaient 13 muids de houblon. Tous ces manses, tant ingénuiles que serviles, payaient pour droit de paisson 130 muids de vin : il y avait aussi 12 manses qui payaient pour le droit de paisson 4 sols et 2 pour la capitation 1 2.

La ville de Combs devait être protégée par des remparts assez puis-

1 Gant. Brie-Comte-Robert. Arr. de Melun (Seine-el-Marne).

2 Polyptique d’ Irminon (ed. Longnon), p. 335.

sauts pour résister aux invasions normandes ; car c’est là qu’à deux reprises différentes, en 845 et en 855, se réfugièrent les religieux de l’abbaye de Saint-Vincent, dont le monastère, situé en dehors des murs de la cité, se trouvait exposé à toutes les entreprises de l’ennemi; ils emportaient avec eux dans leur donjon de Gombs ce qu’ils possédaient de plus précieux et notamment les reliques de saint Germain, qui y signalèrent leur présence par un certain nombre de miracles.

Le duc Hugues le Grand, qui n’avait de monastique que le titre d’abbé de Saint-Germain et de Saint-Denis, et les revenus de ces monastères qu’il pouvait défendre de son épée, s’il n’avait pas la prétention de les régir avec sa crosse, les considérait comme des patrimoines mis à la disposition de sa cupidité ou de ses besoins. En 954, il enleva la ville de Gombs au monastère de Saint-Germain et la donna en fief au comte Hilduin de Montdidier. Après la mort de ce dernier, Combs rentra dans la possession d’Hugues le Grand, qui en garda l’usage et la transmit avec le reste de ses biens à son fils le roi Hugues Capet. Plus tard, le roi Robert, à l’occasion du mariage de sa sœur avec le comte Raynier de Mons, voulu lui donner en dot quelques villes, Cubinium, Fraxinum, Niniam, Evam, Bens G situées sur la rivière de la Meuse et appartenant à Saint-Germain-des-Prés. Il en obtint la cession et rendit, en échange, au monastère la ville de Gombs, qui revenait ainsi à ses propriétaires légitimes; elle ne devait pas cependant rester longtemps en leur pouvoir. Profitant des troubles du commencement du règne de Henri Ier, le comte Manassès, neveu du comte Hilduin, alla réclamer au Roi la ville de Combs, menaçant, s’il n’obtenait satisfaction, de passer dans les rangs de ses ennemis. Effrayé de cette menace, Henri Ier céda et rendit à Manassès la ville, objet de ses désirs. A la mort du comte, Combs revint aux mains du Roi, qui s’empressa de réparer sa faiblesse et son injustice en la restituant au monastère. Mais à l’avènement du roi Philippe Ier, les grands, qui tenaient en tutelle le Roi et le Royaume, exigèrent la concession de nombreuses faveurs; le comte Üdon, fils de Manassès, réclama la ville de Combs. Malgré les remords de sa conscience, le Roi ne se sentit pas assez fort pour résister et livra de nouveau cette place à Odon. Pour réparer, autant qu’il était en son pouvoir de le faire, cette donation sacrilège, Philippe donna aux religieux de Saint-Germain la ville de Bagneux et le fisc royal qui en dépendait, en attendant qu’il pût leur restituer la ville de Combs, ce

1 Couvin, Fresnes, Nime, Eve et Bons. Couvin est un chef-lieu de canton de l’arrondissement de Philippeville (Belgique).

qui ne se produisit jamais. Tout ces faits se trouvent rapportés dans la charte que lit dresser, en 1061, Philippe Ier pour cette donation de Bagneux L

Nous avons constaté, par le Polyptique d’Irminon, l’existence, sur le territoire de Combs, de deux églises, dont le document monastique vante la construction, œuvre probable des religieux. Ces deux églises étaient, sans doute, celle de la ville de Combs et celle du village d’Evry, situé sur le territoire. La première, qui était sous le vocable de Saint-Vincent, patron de l’abbaye, devait dépendre, dans l’origine, des religieux. Mais les bouleversements, que nous venons de résumer pour la ville, se produisirent aussi pour son église. Au xr siècle, nous la trouvons dans la dépendance des évêques de Paris.

En 1042, Imbert, évêque de Paris, accorda aux religieux de Saint-Germain plusieurs églises paroissiales de son diocèse, parmis lesquelles l’église de Saint-Vincent de Combs. Cette donation lut confirmée par le roi Henri I01', en 1058 2.

Mais la domination spirituelle des religieux ne lut pas plus stable à Combs-la-Ville que leur domination temporelle. Nous voyons l’évêque Etienne donner, dans la première moitié du xnP siècle, l’église de Combs à l’abbaye de Saint-Victor de Paris et l’église d’Evry, à l’abbaye d’Yerres 3.

PRINGY 4.

Dans une liste de fiefs relevant de Saint-Germain-des-Prés, en 1176, et citée par Monsieur Longnon 5, nous trouvons que ce monastère avait des propriétés ou des droits à Pringy. Guy de Melun, clerc, tenait des Bénédictins tout ce qu’il possédait en ce lieu et à Bossanville 6 et tout ce que Louis de Melun, chevalier, son neveu, possédait en son nom. La charte, par laquelle ce dernier cède certains avantages aux religieux de Saint-Germain, nous fait mieux connaître l’importance de

4 Arch. nat. FF. 1024. p. 41.

2 ld. K. 19, n° 40 ou 4.

3 Lebeuf, V. 228. Combs-la-Ville et Evry-lez-Chàteau, cant. de lîrie-Comte-Boberl (Seine-et-Marne) ne formaient qu’une paroisse jusqu’au xiB siècle.

4 Pringy, cant. et arr. de Melun (Seine et Marne).

5 Polyptique d'irminon, t. I, f. 229.

6 Bosanville? Nous ne connaissons pas cette localité.

ce domaine, qui nous paraît assez considérable, si nous examinons de près les termes de cet acte. Louis de Melun avait, au territoire des Bénédictins à Pringy et dans la vallée de la rivière d’Ecole, des droits de voirie, de justice, de corvées, de sauvement, d’un setier d’avoine par arpent, la moitié de la terre de Gahervilla. Il percevait 7 sols de cens avant les religieux, qui partageaient avec lui le surplus de ces redevances annuelles, lorsqu’il y avait un excédent. Le généreux chevalier lit don à l’abbé Hugues de Monceaux et à sa communauté de la moitié de ces biens et consentit à leur faire hommage pour toutes les possessions, dont il jouissait en cette localité. Ses descendants devaient imiter cette déférence après sa mort. Les religieux de Saint- Germain-des-Prés surent lui témoigner leur reconnaissance.

Ils lui abandonnèrent également la moitié de tout ce qu’ils avaient à Pringy, en forêts, terres arables, botes, prés, moulins et droits de censive. Cette donation fut entourée de clauses dictées par une sage prévoyance. On devait exercer la justice et exiger les revenus d’un commun accord. Louis de Melun s’engageait à ne donner sa part d’héritage à nul autre qu’au monastère de Saint-Germain. Il y avait un religieux à Pringy, puisqu’on réserva un arpent de terre pour lui construire une habitation. A quelle date remonte le document que nous avons sous les yeux? Nous ne le savons trop. Cependant nous pouvons dire qu’il est postérieur à l’année 1175, puisque nous y voyons figurer un prieur de Saint-Germain-des-Prés, nommé Robert, qui ne fut revêtu de cette dignité que vers cette époque L

Nous trouvons dans le dénombrement de 1384 ce qui suit : Item, en la ville de Pringi, près Mélun, cens et rentes, droitures, xxiiij arpens de terre, tout loué xx livres et pertissens avec le seigneur de Montgermon 1 2.

1 Arck. nat. L, 781; LL, 1024, p. 7!); LL, 1026, p. 244.

2 Id. L, 760, n. 29. Dom du Bonte, p. 33.

VILLUIS.

Les religieux de Cîteaux avaient obtenu des Bénédictins de Saint- Germain-des-Prés le prieuré de Gilly, en échange d’une rente de 400 livres. Pour se libérer de cette redevance, ils abandonnèrent à leurs vénérables créanciers la seigneurie de Cordou et une ferme contenant 160 arpents de terre et 18 arpents de pré, situés à Villuis, canton de Bray-sur-Seine (1499) l.

Il y avait dans cette paroisse une maladrerie, dotée peut-être de revenus insuffisants. Les religieux de Saint-Germain ne voulurent point se charger de l’entretien des pauvres lépreux. Une sentence obligea les Cisterciens de fournir à ces infortunés une pension sur les revenus de leur prieuré de la Cour-Notre-Dame (1536 et 1620) 2. Le mot Villuis s’est écrit de différentes manières; suivant les époques, on trouve Villuys, Vilhuis et Villuis 3.

L’église du village était dédiée à saint Martin, et l’archevêque de Sens présentait à la cure 4. Une chapelle, connue sous le vocable de Saint-Michel, fut attribuée aux Bénédictins de Saint-Germain-des- Prés5. Trois baux ou déclarations nous fournissent des renseignements précis sur la ferme de Villuis. Quoiqu’ils soient presque totalement semblables, nous les citerons en entier; ils nous donneront peut-être quelque chose du caractère de leur époque.

Le premier est du 13 mars 1678. Nous y voyons que les religieux, baillent à ferme à maître Jacques Cressy, avocat en parlement et marchand, demeurant en la ville de Bray-sur-Seine, et actuellement en la ville de Paris, logé rue de la Mortellerie, paroisse de Saint-Jacques en Grève, tous les revenus, fruits, proiits et esmoluments quelconques de la chapelle de Saint-Michel de Villuis, avec ses appartenances et dépendances, contenant 180 arpents de terre labourable et prés environ, situés au village de Villuis et de Baby 6.

Item, la rente du moulin de Champignol 7 de 12 petits septiers de

1 Bouillart, 175.

2 A rch. nat. LL. 1152.

3 Michelin. Essais historiques sur le département de Seine-et- Marne, 1480.

4 Id.

& Id.

6 Baby, canton de Bray-sur-Seine, Seine-et-Marne.

7 Champignol, cant. de Bar-sur-Aube. Aube.

seigle, mesure de Tresnel, à prendre sur ledit moulin, au jour de la feste de la Toussaint, avec un plat de poisson.

Item, vingt petits septiers d’orge deubs par messieurs de Saint-Pierre de Troyes, à prendre sur le moulin des Fontaines 1, au dit jour de la Toussaint, à la mesure dudit Tresnel 2.

Item, la rente et censive de 24 bichets de blé froment et o sols d’argent à prendre sur le climat de Gorrois, au linage de Courceaux 3, dus par plusieurs particuliers, et oultre aussy la disme que les dits sieurs religieux ont à prendre et percevoir par chacun an sur ledit climat de la nature qu’elle est due.

Item, la disme, cens et rente dus aux dits religieux et qu’ils ont à prendre sur une pièce de 80 arpents au finage de Compigny 4, lieu dit Bois Buchoir, qu’ils ont donnés par bail à vie, à raison, pour ledit cens, de 15 deniers par arpent, sans préjudice de leurs droits pour rentrer en la possession et jouissance des dites terres.

Item, le tiers des grandes dismes de Villuis, appartenant auxdits sieurs religieux, et à partager, au total des dites dismes, avec les propriétaires des deux autres tiers.

Item, la disme de vin des vignes de la coste de Saint-Michel.

Item, tous les cens, rentes, lods et ventes et droits seigneuriaux du dit Villuis appartenant aux dits religieux, à l’exception seulement des droits d’indemnité pour les acquisitions, qui se font par gens de main-morte, que les dits sieurs religieux se sont réservés, et généralement tous les droits et redevances qui en dépendent et appartiennent aux dits sieurs religieux, à cause de la dite chapelle de Saint-Michel de Villuis et es environs, de quelque qualité qu’ils puissent être, sans aucune chose en retenir, excepter, ny réserver, sinon les droits d’indemnité, qui pourront escheoir pendant le présent bail, et sans aussy que le preneur puisse prétendre aucuns droits de lods et ventes des acquisitions que les dits sieurs religieux pourront faire le temps du dit bail. Ce présent bail est fait moyennant 900 livres de ferme et loyer pour et par chacune des dites dix années, payables en deux termes et payements, à la Saint-Jean et à la Noël.

Le preneur sera tenu, à la fin du présent bail, de fournir un arpentage des dites terres et prés, de faire chanter et célébrer, pendant la

1 Fontaine, territoire de Champignol.

a Tresnel on Trainel, canton de Nogenl-sur-Seine, Aube.

3 Courceaux, canton de Sergines, arrond. de Sens, Yonne.

4 Compigny, canton de Sergines, Yonne.

durée du bail, le service divin accoustumé être fait, dit, chanté et célébré en la dite chapelle de Saint-Michel de Villuis, payer toutes les décimes ordinaires et extraordinaires et autres charges n’excédant pas 100 livres. Il devra aussi entretenir la dite chapelle de toutes réparations, à l’exception des gros murs et des bois de charpente l.

Le bail du 6 octobre 1770 est presque entièrement identique à la déclaration de 1790. Suivant ce contrat, le domaine et les revenus de la chapelle de Saint-Michel de Villuis comprennent :

1° 180 arpents de terres labourables.

2° 14 arpents et un quartier de pré.

3° 20 petits septiers d’orge, mesure de Traisnel, dus annuellement par le chapitre de Saint-Pierre de Troyes.

4° 24 bichets de froment et 5 sols à prendre au linage de Corrois, terroir de Courceaux, et la dîme à la 16p gerbe sur le dit finage.

3° La rente de 24 bichets d’orge et 24 bichets d’avoine dus annuellement par le marquis de Traisnel.

6° Les droits de champarts, payables à la 13e gerbe, et le cens de 13 deniers par arpent, sur une pièce de 80 arpents, terroir de Compigny.

7° Le tiers des grandes dîmes de Villuis à la 16e gerbe, qui sont hors du clos de monsieur le Curé, qui y dîme seul.

8° La dîme du vin de la côte Saint-Michel, à la 16e hottée de vendange.

9° Enfin, tous les cens dus à Villuis et aux environs à cause de la dite chapelle de Saint-Michel, excepté seulement les droits d’indemnité dus par les gens de main-morte.

Le sieur Poyau offrait 1400 livres de fermage, en 1770. Il se chargeait en outre :

1° De payer la desserte des messes qu’on était obligé de faire acquitter, savoir une messe par chacune semaine.

2° De faire célébrer et chanter à ses frais et dépens le service annuel de la fête de Saint-Michel .

3° D’acquitter toutes les charges dont les biens étaient grevés.

4° De donner, avant d’entrer en jouissance, la somme de 2000 livres de pot-de-vin.

3° De remettre toutes les quittances des avances qu’il avait faites, tant pour réparation du chœur et cancel que pour d’autres objets.

La déclaration de 1790 expose que le fermier, le sieur Auger, payait 2000 livres par an et avait donné 4800 livres avant de commencer le bail.

1 Arck. nat. S. 2978, p. 149.

Elle mentionne aussi une rente de 3 livres sur 5 quartiers de terre L Les religieux de Saint-Germain-des-Prés payaient chaque année 270 livres de décimes pour Villuis 1 2.

Le prix du fermage pour Villuis a toujours suivi une marche ascendante depuis 1350, comme le prouvent les indications suivantes :

fermage

livres

id.

id.

id.

id.

id.

id.

id.

id.

id.

Le 22 juin 1705, le cellérier de Saint-Germain-des-Prés acheta, moyennant la somme de 1200 livres, payable en 10 ans, une maison pour la ferme de Villuis qui n’en avait pas. Il trouva ainsi un fermier solvable, qui proposait 00 livres d’augmentation 3.

Les chanoines du chapitre de Saint-Pierre de Troyes possédaient le moulin de Fontaine 4, grevé d’une redevance de 20 septiers d’orge envers la ferme de Villuis. Pour être déchargés de cette rente, ils consentirent à céder ce moulin à l’abbaye de Saint-Germain. Comme cette redevance ligure dans la déclaration de 1790, on ne sait si l’échange eut lieu.

1 Arch. nat. S. 2858. Bib. nat. ms. fr. 16859, p. 357, Id. 20818, p. 31.

2 Bib. nat. ms. fr 20848, p. 58.

3 Id. 16857, p. 388.

1 Fontaine, près Trainel.

ERABLOY ou ARABLOY.

Dom Bouillart, dans son histoire de Saint-Germain-des-Prés, nous parle à plusieurs reprises des bois de Erabloi, appartenant à cette communauté x. Nous ne trouvons plus aujourd’hui ce nom tel que l’écrit l’historien des Bénédictins de Paris. Nous sommes réduits à chercher s’il se confond avec la Chapelle-Bablais, canton de Nangis (Seine-et-Marne), ou avec Arrabloy, canton de Gien (Loiret). Bien que nous ne puissions nous prononcer avec certitude, nous sommes portés à croire qu’il s’agit ici de bois situés dans le voisinage de la Chapelle-Bablais. En effet, les divers documents qui concernent cette propriété mentionnent des bois à proximité de Villaboulain (juxtavillam bolein)1 2, aux environs de Laval-Saint-Germain (ergaVillam de Laval) 3.

Lorsque l’abbé Gérard, dit de Moret, mourut, on constitua une rente annuelle pour payer les frais de son anniversaire. Parmi les biens imposés à cet effet, figurent 30 arpents de bois situés à la chapelle d’Arbloy et attenant à ceux de Fresnières. « Octoginta arpenta nemoris cum lundo ad capellam d’Arbloi de Froneriis, empta per nos a domino Gilberto de Sacella, milite, contigua nemoribus nostris de Froneriis 4. »

Sans aucun doute, il s’agit ici de la Chapelle-Bablais. Son nom s’est modifié par la transposition de Va initial après le r, et par le changement de Y o en a. Il est vraisemblable qu’Erabloi ait donné Baillais dans le cours des âges. Si Fresnières n’est pas éloigné de la Chapelle Bablais, nous savons aussi que Villeboulain et Laval-Saint-Germain ne s’en trouvent pas séparés par une longue distance. C’est aussi dans cette région que l’on rencontre Nangis, dont Héloïse était la dame, comme nous allons le voir. On comprendra sans peine qu’elle revendiquât ses droits sur des propriétés touchant à ses domaines.

En 1208, Pierre Château et Gaultier d’Espaisse, chevalier, vendirent aux religieux de Saint-Germain-des-Prés toute la gruerie qu’ils possédaient dans leurs bois situés à Erabloy, moyennant le prix de 200 livres. Au mois de janvier de l’année suivante, Milon de Courceri approuva, comme seigneur féodal, cette transaction.

1 Bouillaht, pp. 110 el 117.

2 Arch. nat. LL. 1026, p. 205.

3 Id. LL. 1026, p. 200.

4 Id. LL. 1027, p. 124.

Guillaume, frère de Gaultier, donna son assentiment à tout ce qui avait été lait, comme le démontrent Nicolas de Ghevrauville, chevalier et bailli du roi, et Gilon de Flagy, châtelain de Sens, dans des lettres du mois de novembre 1215 G

Héloïse de Nangis et ses enfants cédèrent aux Bénédictins tous les droits qu’ils prétendaient avoir sur les bois de Erabloi. Ces derniers leur abandonnèrent l’usage de la moitié de ces bois pendant six années (décembre 1208)1 2.

L’abbaye de Saint -Germain -des -Prés avait acheté, moyennant 200 livres, la gruerie de ces bois de Jean de Vré et Evrard de la Bouloie, qui la tenaient d’Héloïse de Nangis 3.

Cet accord fut confirmé, la même année, par Philippe-Auguste 4. Innocent III le sanctionna lui-même, le 18 juin 1216 5.

En 1215, Gaultier Cornu et ses frères renoncèrent aux droits de chasse qu’ils avaient dans les bois de Erabloi 6.

Une charte du mois de mars 1226 nous expose que Henri Britaud, chevalier, avait des droits sur les bois de Saint-Germain-des-Prés, situés entre les bois des chevaliers (müitum) et les bois des moines (monachorum) , connus sous le nom de bois d’Erabloi. Il les abandonna aux Bénédictins, à condition qu’ils lui prêteraient une somme de 500 livres. Ces droits consistaient dans la faculté de prendre du bois sec pour brûler et du bois vert pour bâtir. Ils comprenaient aussi des privilèges de chasse et de gruerie. Les religieux ne pouvaient vendre de bois sans la permission d’Henri Britaud, qui percevait toujours la moitié du prix de ces sortes de marchés. Au bout de quelque temps, le noble chevalier trouva que le contrat qu’il avait passé avec les Bénédictins était usuraire; il en demanda l’annulation. Pour prévenir tout conflit à l’avenir, il renonça à ses droits en faveur des religieux de Saint-Germain, qui lui donnèrent en échange une somme de 330 livres. Il promit de ne plus troubler les Bénédictins. Si quelquesuns de ses hoirs le faisaient, ils devraient payer une amende de 100 marcs. Sur la demande du curé de Saint-Germain, l’archevêque de Sens pouvait les excommunier, après avoir tenté de les ramener à de meilleurs sentiments 7.

1 Arch. nat. L. «0(5; LL. 102(5, p. 197; LL. 1025, p. 115. -

2 Id. L. 806; LL. 1026, p. 200.

3 Id. L. 806.

4 Id. K. 27, il" 18.

& Id. L. 238.

6 Id. LL. 1026, p. 205.

7 Id. L. 806.

VILLENBUVE-LE-COMTE.

Cette commune du canton de Rozoy-en-Brie, arrondissement de Coulommiers (Seine-et-Marne), qui compte aujourd’hui près de neuf cents habitants, n’était à la fin du xne siècle qu’un modeste hameau. 11 se composait d’un château et de quelques métairies, situés sur le territoire de Bailly-Romainvillers; il relevait des religieux de Saint- Germain-des-Prés. En vertu de privilèges que les papes avaient accordés à ces tils de saint Benoît, personne ne pouvait édifier quelque monument dans l’étendue de leur censive sans leur expresse permission. Gaucher de Chatillon, comte de Saint-Paul, seigneur de la Ferté- Gaucher, successeur de Baudouin VIII, comte de Flandre et sire de Crécy, ne s’inquiéta point de cette défense. Voulant fonder une ville à cet endroit, il jeta les fondements d’une église qui fut bientôt achevée. L’abbé de Saint-Germain lit entendre d’énergiques réclamations. Il alla jusqu’à demander qu’on démolît les nouvelles constructions, qu’un seigneur voisin avait élevées pour défier et léser les droits incontestables de son monastère. Guillaume, évêque de Meaux, intervint pour mettre un terme à ce conflit. Le pape désigna les prieurs de Sainte-Geneviève et de Saint-Éloy et maître Pierre Capuan, chanoine de Sens, comme arbitres de ce litige. Sur leur conseil, on transigea de part et d’autre.

L’évêque de Meaux accorda aux religieux de Saint-Germain-des- Prés le patronage de l’église de Villeneuve-le-Comte, leur permit de percevoir les offrandes qui y seraient faites et de recueillir les dîmes sur son territoire. En retour, ceux-ci lui abandonnèrent tous leurs droits sur l’église d’Esbly. Henri, curé de Villeneuve, prêta serment de fidélité à l’abbé de Saint-Germain et promit de payer, chaque année en l’octave de Pâques, au prieur de Notre-Dame du Bois 40 sols sur les revenus de son église (octobre 1217) ’ .

Honorius III approuva cet accord par une bulle en date du 3 octobre 1218 1 2.

Jobert de Villeneuve-le-Comte et son épouse, Lucie, érigèrent une

1 Arc/i. nat. LL. 1026, p. 258; LL. 1025, p. 71 ; L. 2963. Pichot et A. Aufauvre. Monuments de Seine-et-Marne.

2 Arch. nat. L. 230, n° 51.

chapelle dans l’église du village, une chapellenie sous le vocable de Saint-Jean-Baptiste et décidèrent que l’abbé de Saint-Germain-des- Prés en aurait la collation. Pierre, évêque de Meaux, confirma tout ce qui s’était fait, dans une charte du mois de mars 1233. Honorius III fulmina des peines spirituelles contre quiconque oserait contester cette fondation L

Cette chapellenie jouissait apparemment d’une dotation. Le 10 juin 1366, nous trouvons, en effet, une reconnaissance des maistres escolliers, prieur et procureur de l’hostel du cardinal Le Moine, fondé à Paris. Ils avouent devoir annuellement au chapelain de Saint- Jean-Baptiste, à cause des maisons, terres, prés et autres biens possédés par eux à Villeneuve-le-Comte, la quantité de 28 septiers de grain, les deux tiers en blé et le tiers en avoine, et 5 sols en argent1 2.

Un document de 1413 montre bien que la chapelle de Saint-Jean- Baptiste était à la présentation de Saint-Germain-des-Prés. L’évêque de Meaux, qui y avait nommé Jehan Ledoux, fut obligé de reconnaître qu’il avait usurpé un droit qu’il n’avait pas 3.

Le prieur de Bailly avait droit à la moitié des offrandes, faites à l’église de Villeneuve, et au quart des menues dîmes de la paroisse. Il les abandonna au curé qui s’engagea à lui payer 14 sols, en la fête de Notre-Dame de septembre, et à le remplacer pour le service divin dont il était chargé (1442) 4.

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