‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 5)Chapitre 105 sur 268 · Anniversaires mensuels, Arrh. uni. LL. 1027, p · texte numérisé non relu

Anniversaires mensuels, Arrh. uni. LL. 1027, p

2. N° k, district de Corbeil, registre de la vente des biens nationaux (Versailles).

des-Prés avaient un litige relatif à certains droits de justice et de voirie à Avrainville. Pour terminer ce différend, ils choisirent des arbitres et promirent de s'en tenir à la décision qu'ils prendraient ^ Ces juges prononcèrent-ils une sentence ? S'ils le firent, ils ne réussirent nullement à éteindre l'animosité qui existait entre les deux partis. En 1288, les passions s'échauffèrent et la lutte devint bientôt ardente. On se laissa aller à de sauvages agressions. Le prieur d'Avrainville avait fait creviser un gué où les habitants menaient leurs chevaux et les autres animaux boire et se baigner. Cette entreprise déplut au prieur de Saint- Clément de Chastres, membre de l'abbaye de Saint-Maur-des-Fossés. La veille de l'Ascension, il convoqua plusieurs de ses gens et se transporta au dit abreuvoir. Par ses ordres, il fut comblé en quelques instants. Tous ces hommes ne s'arrêtèrent pas en si beau chemin : ils avaient soif de vengeance. Sans respect pour la justice, ils envahirent le territoire du prieur d'Avrainville, et blessèrent mortellement à la tète un serviteur qu'ils rencontrèrent sur leur chemin. Cela ne suffisait par encore. Le samedi suivant, des personnes armées se portèrent en pleine nuit à la demeure du prieur d'Avrainville, essayant d'en forcer l'entrée ; car ils voulaient se saisir de sa personne ou de l'un de ses serviteurs pour le maltraiter. ?se pouvant réussir dans leur dessein, les bandits ne se retirèrent pas avant d'avoir mis le comble à l'injure. Le latin habitué à braver l'honnêteté est seul capable d'exprimer les méfaits qui se commirent alors. Il le fait en ces termes : « Quando viderunt se non posse intrare, removerunt femoralia sua et per posteriora sua fœdaverunt postem prioris usque ad clausuram. » Tout s'était accompli avec l'agrément du prieur de Chastres, son écuyer figurait même parmi les assaillants. Cet événement causa une scandaleuse rumeur. Les abbés de Saint-Maur-des-Fossés et de Saint-Germain-des- Prés s'entendirent pour châtier les coupables. Le prieur de Saint- Clément de Chastres dut se présenter devant les religieux de Saint- Germain assemblés au chapitre, formuler des excuses et affirmer sous la foi du serment qu'il n'avait point provoqué les injures dont le prieur d'Avrainville se plaignait à bon droit. Ce dernier comparut aussi devant l'abbé de Saint-Maur et protesta qu'il n'avait donné aucun ordre pour arracher les bornes qui séparaient les deux prieurés et couper des

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