Arch. nat. L. 760, n
saules sur le territoire de Saint-Clément de Chastres, comme on l'en avait accusé injustement. Le prieur de Saint-Eloi, le trésorier de Saint-Germain-des-Prés et Geoffroy de Saint-Lovens furent choisis comme arbitres par les complaignants (3 mars 1288) '. Ils devaient se prononcer sur la cause des bruyants conflits que nous venons de raconter : il s'agissait de droits juridictionnels depuis longtemps contestés. Au mois d'avril 1290, ces juges déclarèrent qu'ils maintenaient aux religieux de Saint-Germain-des-Prés la justice et la voirie sur les terres de l'abbé et du couvent de Saint-Maur-des-Fossés, à Avrainville*.
Quoique les Bénédictins n'eussent pas de château en ce lieu, mais seulement une ferme, ils y exerçaient la justice sur tout le territoire. Cette justice s'étendait même sur une maison située à Châtres (Arpajon), près l'église Saint-Clément, hôtellerie dont nous avons déjà parlé et qui était connue sous l'enseigne du Singe Verd. De temps immémorial, les religieux de Saint-Germain y tenaient une assise, au jour de la Saint-Martin d'iiiver, avec leurs prévôts et leurs otriciers. Dans cette assemblée, les justiciables de la justice d'Avrainville étaient appelés nominativement et obligés de comparaître en personne ou de faire valoir une excuse. Chaque chef de famille y était représenté. Ceux qui ne pouvaient produire une excuse légitime étaient condamnés par le prévôt à une amende de trois livres. On lisait, dans cette tenue des assises, les ordonnances de police d'Henry 11, les règlements concernant les bestiaux et les droits limitant les pâturages. Après l'audience, le propriétaire de l'hôtellerie du Singe Yerd était tenu de donner un dîner maigre aux officiers de la justice d'Avrainville, et de payer, en outre, dix sols de redevance à la seigneurie du même nom ^ Ln document du 3 octobre 102- montre que la justice d'Avrainville ne ressortissait point de Montlhéry, mais du bailli de l'abbaye de Saint-Germain, ou du Châtelet de Paris, suivant qu'on appelait en première ou en seconde instance*.
Plusieurs sentences de mort furent prononcées à Avrainville ou contre des habitants de cet endroit. Guillaume Cordier, varlet boucher.