I. Arch. nat. LL. io/i4, p
a. Id. LL. io44, p. 7a.
monter en chaire et annoncer la parole de Dieu aux peuple et habitants qui étaient dans l'église. Le dit procureur, étant sorti de sa place, est allé au grand autel. Après avoir adoré le très saint Sacrement, il s'est levé sur le marchepied d'icelui-cy, et ayant reçu l'étole de la main du marguillier ci-dessus nommé, s'est tourné vers le dit prêtre qui était à genoux au pied du dit grand autel, et le père Procureur s'étant mis l'étole a donné la bénédiction au dit prêtre pour aller prêcher, ce que voyant maître Pierre Roger, prêtre et vicaire perpétuel de la dite église d'Avrainville, qui chantait à sa place l'oraison des vêpres, a interrompu et quitté, à moitié de l'oraison, sa place pour venir quereller et insulter le dit père Procureur, avec passion et paroles qui témoignaient beaucoup de chaleur et émotion d'esprit du dit Roger, auquel le dit Procureur a doucement dit : « Monsieur, vous « deviez achever l'oraison des vêpres et ne pas troubler la dévotion u du peuple. » Ce à quoi le dit Roger a répondu avec beaucoup de chaleur et d'un ton fort courroucé : u Vous n'avez que faire ici, je ne « vous connais point hors les fêtes principales. » En s'en retournant à sa place, sans achever les vêpres, il a dit plusieurs paroles peu décentes et respectueuses pour le saint lieu, où il était. Le R. P. Procureur requit le sieur Mathurin Degast, conseiller du roi, contrôleur des barrages et pavés de la ville, prévôté et vicomte de Paris, prévôt de la prévôté et chàtellenie d'Avrainville, qui assistait aux vêpres, et le pria de dresser un procès-verbal de cette scène scandaleuse ^
Le 3o mars 1670, le sieur Roger intenta un procès aux Bénédictins devant la cour du Parlement. 11 demandait que les religieux ne le troublassent point dans son droit de donner la bénédiction les jours qu'il y avait sermon à l'église. 11 leur défendait de prendre les oblations et les offrandes de la confrérie du baston de la Vierge, érigée en la dite église d'Avrainville, et il leur réclamait celles qu'ils avaient indûment perçues. Les religieux de Saint-Germain-des-Prés déclaraient qu'ils laisseraient toute liberté au vicaire perpétuel pour exercer ses fonctions curiales, hormis aux quatre solennités qu'ils s'étaient réservées. On ne voit pas qu'il fut question dans les débats de la bénédiction à donner aux prédicateurs et des offrandes à prélever. Que fut-il réglé sur ce point? Nous l'ignorons'.