‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 5)Chapitre 127 sur 268 · Id. LL. 1024, p. 89; LL. 1087, p · texte numérisé non relu

Id. LL. 1024, p. 89; LL. 1087, p

cultiver le domaine seigneurial. Les quatre premiers, il recevra du prieur de Villeneuve deux pains de deux deniers, et une quarte de vin ; le cinquième jour, il aura droit à trois deniers. Les hôtes de Saint- Maur-des-Fossés et les féodaux ne subissent point la loi commune dans son entier : ils doivent seulement quatre journées de travail, une à chaque époque du labour. On ne pouvait faire moudre le blé et cuire le pain ailleurs qu'au moulin et four banniers, sous peine de confiscation. Toutefois les jours de marché, on avait la permission de vendre du pain de toute provenance. Quant à la vendange, les manants étaient obligés d'user des pressoirs des religieux. Ils payaient pour la dîme deux setiers de mère-goutte, par muid, et la troisième partie des pressurages. Les hôtes qui occupaient, à Villeneuve-Saint-Georges, les terres de feu Adam Rigault se trouvaient exemptés de ces droits de fournage, pressurage et mouturage, mais ils étaient tenus de payer 24 sols de rente pour leurs masures, et le cens capital ou chevage, en la fête de saint Denis. Les successeurs de défunt Pierre Damont et Hubert Lepicard, à Valenton, jouissaient du même privilège. Ils payaient chaque année 12 sols et 10 deniers pour leurs masures, avec chevage, en la fête saint Remy. Personne ne devait vendanger sans en avoir obtenu la permissoin du prieur de Villeneuve-Saint-Georges, et ce travail s'interrompait pendant tout le temps que la vendange se faisait dans le clos abbatial. En outre, les hal)itants de Villeneuve se voyaient obligés de fournir à l'abbé de Saint-Germain séjournant au milieu d'eux et à ses compagnons des draps et autres choses nécessaires pour leur permettre de pernocter à l'aise dans ce lieu. Durant un mois entier, à partir de Pâques, les religieux avaient seuls la faculté de vendre du vin sur le territoire de Villeneuve et de Valenton, par eux-mêmes ou leurs sergents. Les habitants étaient taxés de prendre au moins un setier de vin de 8 deniers, par chaque masure. S'ils étaient libérés des tailles arbitraires, les gens de Villeneuve-Saint-Georges n'avaient pas le même avantage pour les subsides imposés par le roi. 11 y avait obligation pour eux de les payer. Pour répartir et lever cet impôt, on choisissait douze hommes qui devaient apporter leur collecte dans les deux mois suivants. Avant d'entrer dans l'exercice de leurs fonctions, ils promettaient par serment de ne point grever injustement quelqu'un des leurs. Si on ne voulait pas fournir ce qui était demandé, les religieux saisissaient les biens de leurs sujets récalcitrants et les vendaient au bout de

huit jours jusqu'à concurrence de la somme exigée (février 1249) '•

Des contestations s'élevèrent à diverses reprises entre l'abbé de Saint- Germain et les gens de Villeneuve à propos de ce sujet fort délicat. On eut recours au Parlement. Ce fut d'abord en 1277, à l'occasion du charroi de l'armée de Navarre. Une sentence condamna les habitants de Mlleneuve-Saint-Georges à contribuer pour fournir la somme que le Roi demandait, à aider l'abbé dans cette circonstance (1277)^.

Le prélat ne fut pas aussi heureux en 1299. Il ne put forcer ses justiciables de payer ce qu'il avait dépensé pour le Roi à la guerre avec le comte de Flandre'.

Le roi, en guerre avec le comte de Flandre, demanda à lever des subsides sur les vassaux d.' Saint-Germain-des-Prés. Ceux de Villeneuve-Saint-Georges ne payèrent que forcés par un arrêt du Parlement (l320)*.

Le Roi, la Reine et autres seigneurs et Dames de son sang, allant à l'esbattement de la chasse, avaient accoutumé de loger à Villeneuve- Saint-Georges, et les manants devaient contribuer aux frais de ce gîte, comme le montre un arrêt de Hugues de Crusy, prévôt de Paris ^ Là ne se bornaient point les charges qui leur incombaient. Ils étaient tenus à donner à chaque roi de France un dîner pour son joyeux avènement, ce qui leva" causait de grandes dépenses. Ils s'en plaignirent à Charles VI, qui leur fit complète remise de ces redevances (septembre 1407) «.

Une quittance en date de 1847 nous apprend que l'abbé de Saint-Germain-des-Prés avait été condamné à payer 49 livres à ses hôtes de Villeneuve-Saint-Georges. Quel était le motif de ce jugement? Nous ne saurions le dire, car nous manquons de document explicatif.

Procurations

Les religieux de Saint-Germain n'apportaient pas une médiocre

1. Id. L. 809. LL. 1025, p. 233; 1087, p. 68-G9; 1090, p. ôG-ây ; 1026, p. i58.

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