‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés (volume 5)Chapitre 225 sur 268 · PALAISEAU · texte numérisé non relu

PALAISEAU

Cette localité lirait son nom (PalatiohimjiVxme résidence que les rois mérovingiens avaient fait construire au centre de leur fisc royal, et où ils venaient faire de longs et fréquents séjours. L'iiistoire on fait mention dès le VP siècle. C'est dans cette résidence que se trouvait le roi Childebert P'", vers l'année 53o, lorsque comparurent devant lui deux vénérables personnages, saint Rigomer, prêtre du diocèse du Mans, et une jeune fille noble, Tenestina, qui avait voué sa virginité au Seieneur. Une infâme calomnie les accusait d'entretenir des relations criminelles ; 'pour faire éclater l'innocence de ses deux serviteurs. Dieu permit que, miraculeusement, les cierges qu'ils tenaient dans leurs mains pour les offrir au Roi s'allumassent spontanément. Frappés de ce prodige, le Roi et les assistants se prosternèrent, adorèrent Dieu et renvoyèrent les accusés après les avoir comblés d'honneur et de présents. Pour perpétuer la mémoire de cet événement, Childebert fit construire ime éghse sur le territoire de son domaine, c'était celle de Saint- Rigomer-Vauhallan proche la résidence royale. La reine Balhilde, veuve de Clovis II, demeura souvent à Palaiseau durant la minorité de son fils Clotaire. En 603, l'abbé saint Wandrille se rendit à Palaiseau pour obtenir du Roi Clotliaire P"' la confirmation de la terre de Fontenelle au diocèse de Rouen".

Sous la protection des murs du Palais-Royal et le patronage spirituel du saint qui avait illustré la contrée par la miraculeuse preuve de sa

I. Arrondissement de Versailles (Seine-el-Oise). I. Notice historique sur Palaiseau, par du Mes:«il.

vertu, les habitants vinrent grouper leurs demeures, et peu de temps après le bourg de Palaiseau existait et ne tarda pas à acquérir une réelle importance.

Le 25 juillet de l'année 76^, alors que l'abbé Lanfroy faisait transporter dans son église de Saint-Vincent les précieux ossements de saint Germain qui avaient été déposés dans l'oratoire de Saint-Symphorien, les vieilles chroniques nous montrent le roi Pépin ravi des miracles opérés dans cette heureuse translation, et donnant au saint et par suite à son monastère la ville de Palaiseau avec toutes ses dépendances, par cette formule qui dut être dans le cœur du père de Charlemagne, si elle ne fut pas sur ses lèvres : « Accipc, Beatissime Germnne, villam nostram Palatiolum ciim omnibus appencUtiis suis, tibifamilixque tuœ hactenus inimicom, amodo aulem et deinceps perpetuo profuturam'. » Cette donation se trouvait également confirmée par une inscription qui fut gravée sur le tombeau de saint Germain et qui ne disparut qu'à la Révolution française : u Hic, pausante S. Germano in die translationis, dédit ei rex Pipinus Jiscum Palatiolum cum appendiciis suis omnibus. »

Quelles avaient été les dissensions qui avaient existé entre les moines de Saint-Germain et les habitants de Palaiseau et qui avaient été assez envenimées et assez persistantes pour être mentionnées par le royal donateur? Dubois prétend que les religieux se plaignaient que quelques-unes des dépendances (villulœ) du monastère, situées près de Palaiseau, étaient souvent pillées par les habitants de cette localité. Ces plaintes durent être portées devant le Roi Pépin, cjui, par sa donation, trouva le moyen de satisfaire sa piété et en même temps de mettre fin à ces débats '.

Le Polyptyque d'irminon nous fait connaître l'importance de la dojiation du Roi Pépin : l'abljaye de Saint-Germain y possédait une maison signeuriale avec tous les bâtiments qui en dépendaient. Le territoire était divisé en 6 autres exploitations ou cultures qui formaient 287 bonniers de terre, 011 on pouvait semer i3oo muids de froment, plus 127 arpents de vigne pouvant produire 800 muids de vin, et 100 arpents de pré donnant i5o charretées de foin; le bois avait une lieue de circuit et pouvait nourrir 5o porcs ; il y avait,

1. DuBRELiL, Anliq. paris., p. 336 ; Dubois, Hist. Eccl. Paris., l, p. 2^7.

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