LL. 10/17, P- '99a. Abbé Enjalvix
et pour le maintien de leurs droits remplirent toute la première partie de l'histoire de la prévôté d'Antony.
Deux diplômes de Robert le Pienv nous montrent d'abord les injustices commises par quelques vicaires. C'étaient des agents qui, dans un ressort assez limité, tenaient des plaids de justice, y faisaient exécuter les sentences rendues, et touchaient les amendes imposées à ceux qui contrevenaient aux règlements de police. L'un deux, nommé Pipmel Guarin, possédait une vicairie dans les environs d'Antony. En dépit des chartes d'immunités, il molesta les sujets des religieux de Saint- Germain en voulant exiger d'eux des redevances qu'ils ne lui devaient point. L'abbé Guillaume porta ses plaintes au roi. Pipinel Guarin reçut l'ordre de comparaître devant le monarque pour rendre compte de sa conduite. Il obéit, mais ne put se justifier des faits qui lui étaient reprochés. Il mourut avant que l'afTaire fût terminée, sans avoir aiîronté les chances du duel judiciaire. L'héritage de la vicairie revint à sa veuve, Hersinde ; mais celle-ci, par peur de la justice, effrayée aussi des crimes de son mari, y renonça en faveur du roi. Robert le Pieux la donna alors à l'un de ses chevaliers, nommé Warin. Celui-ci, voulant augmenter ses revenus, imita l'exemple de son prédécesseur. Adraud, l'abbé de Saint- Germain, se plaignit. 11 fut réglé que Warin n'avait droit de vicairie que sur les terrains non cultivés entourant le village. Enfin le roi Robert céda aux Bénédictins la vicairie du village d'Antony, qu'on détacha de la sorte de la vicairie obtenue par Warin'.
En 1082, le roi Phihppe P^" était venu passer, dans sa résidence de Poissy, les fêtes de l'Epiphanie, lorsque se présenta devant lui Isambard, abbé de Saint-Germain-des-Prés, accompagné de quelques-uns de ses religieux; il venait recourir à la justice royale contre le chevalier Hugues Stavel, qui prétendait avoir droit d'avouerie sur Dammartin et les autres dépendances de l'abbaye; ce droit, il l'avait cédé à un autre chevalier, nommé Henri, qui avait désolé, à la tête de ses hommes d'armes, tout le pays. Sur le jugement du Roi et de ses barons, le chevalier Hugues dut restituer son avouerie à l'abbé'.
Au XIP siècle, ces mêmes dilVicultt's se reproduisaient et venaient
1. Arck. nat. LL. 1028 ; LL. 1024, p. 36. Pi-istek, [ icatries, ilnHdknits et comtés du roi Robert, p. ii(3. Bocillart, Pièces justificatives, p. 27 et 3o.