Arch. nat . S. ag3g
a. Id. S. a858.
TIVERNY
(Départ, de l’Oise, arr. de Sentis)
Tiverny est situé non loin de Montataire, dont la rivière de Terrain le sépare, et dans le canton de Creil. Grâce à une donation du roi Charles le Simple, l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés y eut des possessions, dès l’an 918 *. Pendant près de trois siècles, l’histoire garde le silence sur ce domaine. Elle ne signale pas le moindre événement, à son sujet. Il n’en est pas de même au commencement du XIIIe siècle. Nous voyons en effet un désacord s’élever entre Gauthier de Tiverny et les Bénédictins. L’archevêque de Reims fut délégué par le pape Alexandre III, pour juger ce différend. Il décida que les deux parties percevraient par moitié tous les revenus provenant de cette terre. Cependant Gauthier avait droit en plus à dix sols de rente, pour l’avouerie et au moutonnage (1200) *. Comme ce dernier ne voulait pas agréer cette sentence, il fut considéré comme contumace et excommunié.
Rentrant enfin en lui-même, il déplora sa conduite passée et transigea avec Foulques, abbé de Saint-Germain-des-Prés. Il fut convenu qu’ils lèveraient la taille en commun et en partageraient le montant. Le roi Philippe-Auguste leur permit de la remplacer par cinq sols qu’ils demanderaient aux plus riches habitants3. Plus tard, Gauthier de Tiverny renonça définitivement aux injustes prétentions qu'il avait élevées contre le prélat des Bénédictins. Pour le plus grand bien de son âme et celle de ses aïeux, il abandonna aux religieux les dix sols de rente qu’ils lui payaient annuellement et leur vendit, pour le prix de quatre-vingt-dix livres, trois arpents et demi de pré et un arpent et demi de vigne (1201) \
Sous la date du mois de mars 1221, nous trouvons que les religieux de Saint-Germain possédaient cinq masures à Montataire qu’ils affermaient à plusieurs particuliers l.
Le ier décembre 1240, après une visite canonique à Saint-Germaindes-Prés, Jacques, évêque de Palestrine et légat du Saint-Siège, trouvant l’infirmerie dépourvue de revenus suffisants, affecta à son service les biens de Tiverny et douze livres de rente à Villeneuve-Saint-Georges. L’abbé Simon y ajouta les vignes qu’il avait achetées à Meudon et vingt sep tiers de froment 2.
Au mois de juin i25i, Thomas, abbé de Saint-Germain, avec le consentement de sa communauté, ajoute à tous ces dons trois livres de rente qu’il avait achetées d’Etienne Sezille sur trois mesures situées dans la censive de Montataire 3.
Gauthier de Tiverny et son épouse contribuèrent à augmenter notablement les possessions que les Bénédictins avaient dans la localité du même nom. En 1208 et 1210, ils leur vendirent trente et un arpents de terre neuf sols et neuf deniers de rente 4.
Au mois de juillet, 1256, Bernard de Saint-Loup, dit du Breuil, et Agnès, sa femme, leur firent généreusement don de deux pièces de terre au même lieu 5 6 7.
Pierre de Tiverny éprouva un remords de conscience. Il trouvait que ses prédécesseurs avaient empiété sur les droits des religieux de Saint- Germain. 11 leur restitua la moitié de la voirie et des pâturages que lui et ses ancêtres avaient détenus injustement. Les Bénédictins lui avaient clairement démontré l’existence de cette iniquité, et lui se hâtait de leur rendre justice (janvier 1266) 9.
Les religieux de Royaumont possédaient, dans la censive de Saint- Germain-des-Prés, une pièce de terre chargée de douze deniers envers les Bénédictins. Gomme ceux-ci voulaient s’en démettre, ils consentirent à faire un échange (1271) \
Oudart du Carrouer, et Denise, son épouse, cédèrent au profit de