Arch. nat. LL. io4a, p. 9; LL
aubaines, droits d’échanges et de forages. Des lettres royaux du a3 juin,
1 495, leur reconnaissaient le pouvoir d’entendre et de juger en première instance tous les hôtes du dit lieu, à l’exclusion du prévôt de Creil. L’infirmier y avait institué, le 7 septembre 1488, un maire et un garde de la justice *. Plusieurs contestations s’élevèrent à ce sujet et se terminèrent en général à l’avantage des Bénédictins.
Le 3 février 1572, la veuve d ’Amus de Garges avait donné l’ordre d’arrêter avec son harnais le fermier des religieux, Guillaume Roussel, qui dépeçait un arbre abattu par l’impétuosité du vent, appelé l’arbre de Tiverny, sur le chemin de Saint-Leu. Les Bénédictins obtinrent commission des grands sceaux pour faire assigner cette dame, qui violait leurs privilèges i. 2.
Un poteau peint en couleur rouge, planté sous deux gros ormes, près la croix du carrefour et place publique de Tiverny, portait sur ses quatre faces les armes de l’abbaye avec une crosse et une mitre. Il était en outre armé d’un collier de fer. Certains quidam mal avisés arrachèrent les armes et le collier. François Carlier, notaire royal et apostolique, résidant à Mello, canton de Creil (Oise), et prévôt de la justice de Tiverny, se transporta sur les lieux, à la demande des religieux, pour rétablir les armes et le collier, en présence de plusieurs témoins affirmant qu’il les avaient vus là depuis 3o ans (6 octobre 1760) 3.
Les religieux de Saint-Germain-des-Prés étaient seigneurs de Tiverny conjointement avec M. Jean de Chabert. Pour éviter les procès à l’avenir et mettre fin aux difficultés pendantes, ils délimitent leur censive et fixent leurs droits honorifiques. La ligne qui sépare les domaines part de la chaussée du moulin de Montataire, passe par la sente de l’abbreuvoir à la Cavée, devant la grande porte de l’hôtel seigneurial des Bénédictins, à la croix du carrefour de Tiverny, gagne le chemin de Précy-sur-Oise, canton de Creil, et s’avance jusqu’à l’extrémité de la paroisse. Il est convenu que les terres, vignes, bois, maisons et autres héritages qui s’y trouveront à gauche, dans l’étendue, fin et limites de Tiverny, seront et demeureront toujours en la seigneurie directe, en la censive, justice haute, moyenne et basse du sieur de Chabert et de ses successeurs, excepté certains héritages appartenant aux
i. Arch. nat. LL. io4a, p. ig-a3. S. 2944.
a. Id. LL, io4a.