Tome I
Voir : Marolles, t. I, p. a5a ;
Saint-Germain-Laval, ibid. , p. 264;
Aussonville, ibid., p. 2^2.
Comme l’a bien montré Paul Quesvers1 2, Vieux-Marolles et Alsiacum sont deux noms qui ont disparu et mystérieusement égaré des maîtres experts, comme MM. Guérard et Longnon. Nous avions cru pouvoir suivre le sentiment de ce dernier, mais, éclairé par une plus ample réflexion et par les propres aveux de ce savant intègre1, nous avons dû renoncer à notre première manière de voir.
Où se trouvait Marolles que le glorieux Charlemagne donna à
1. Deux noms de lieux disparus : Vieux-Marolles et Alsiacum, par Paul Quesvers, A. Picard, édit., 82, rue Bonaparte, Paris, in-8, 2 k p.
2. Polyptyque, par Longnon, t. I, pp. 200-203 ; t. II, p. 269.
l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, le 5 novembre 786 ? La charte qui nous fait connaître cette princière libéralité place cette ville dans le pays du Melunais, sur la rive droite de la Seine (in pago Meledulense super Jîuvium Sequand)1. Deux actes mentionnent cette localité, d’abord en 791, puis en 82g2. Un diplôme de Charles le Chauve, en 872, nous indique à nouveau sa situation : « In Milidunense, Matriolas quam inclitæ memoriæ avus noster Karolus ad ligna subministranda clementer memorato contulerat cœnobio3. »
Au XIIe siècle, ce Marolles change de physionomie, perd les grâces de la jeunesse, de la prospérité, et devient le Vieux-Marolles. En effet, l’année 1168, des difficultés s’étant élevées entre l’abbé de Saint- Germain-des-Prés et Eudes de Pougy, seigneur de Marolles, au sujet d’un bois situé « entre Marolles le Vieil, Saint-Germain-sous-Montereau et Fresnières » 4 5, Eudes céda volontairement ses droits, à l’exception de certains usages qu’il se réserva pour lui et les habitants du Vieux-Marolles.
Au siècle suivant, en i23o, l’abbé Eudes racheta de Jean de Valéry et d’Agnès, sa femme, la petite-fille d’Eudes de Pougy, toutes les coutumes, corvées et droitures qu’ils exigeaient des habitants de Saint- Germain-sous-Montereau et de Laval et, outre cela, les bois plantés entre Fresnières et le Vieux-Marolles6.
Remarquons-le, le Vieil-Marolles se trouve sur la rive droite de la Seine, comme Fresnières et Saint-Germain-sous-Montereau. De plus, cette dénomination implique l’existence d’un Marolles nouveau, que nous confirme une bulle d’Alexandre III, en 11776. Elle nous présente l’église de Marolles (ecclesiam de Matricolis), et l’église Saint- Pierre du Vieux-Marolles (ecclesiam sancti Pétri de veteribus Matriolis).
Deux Marolles existent en même temps, comme plusieurs textes le prouvent.
En 1126, une transaction intervient entre l’abbé de Saint-Germaindes-Prés et l’abbé de Saint-Jean de Sens relative à des droits qu’ils re-
1. Bouillart, Hist. de Saint-Germain-des-Prés, pièces justif., XIII, p. xn.
а. Tardif, Carton des Bois, p. 70. Bouillart, Pièces justif., n* XV, p. xiv.