‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-PrésChapitre 29 sur 168 · I. — Clercs · texte numérisé non relu

I. — Clercs

Le titre de clerc est fort envié et recherché à cause des privilèges qu’il apporte avec lui. Le clerc relève des tribunaux de l’Eglise, des cours de chrétienté célèbres par leur indulgence débonnaire. Il est exempt du service militaire, du logement des gens de guerre, de la garde et du guet, sauf en cas de nécessité. Ils ne paye point la taille pour les biens qui dépendent de son bénéfice, pour ceux qu’il recueille à titre de donation ou de succession, en ligne directe. Cette dernière exemption n’existe que jusqu’à concurrence de quatre charrues. Un ecclésiastique qui n’est pas noble peut posséder un fief sans acquitter les droits de franc-fief.

Le clerc peut se marier. Cependant celui qui se marie deux fois ou épouse une veuve, perd ses privilèges. Il lui est dès lors interdit de porter la tonsure et l’habit clérical. Le moine qui n’est pas tonsuré n’a pas droit aux privilèges du clerc.

Ces avantages ne sont pas sans inconvénients pour le pouvoir qui éprouve de ce chef une perte réelle. Les princes, jusqu’à Charlemagne, exigent que personne ne reçoive les ordres sans leur permission. Cette défense semble avoir disparu dans la suite. Cependant, au moyen âge, le serf ne peut prendre les ordres contre le gré de son seigneur, qui l’affranchit pour la circonstance1.

i. Dépendances de Saint-Gcrmain-des-Prés, t. I, p. 3i3.

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