‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-PrésChapitre 30 sur 168 · II. — Avoués, vidâmes · texte numérisé non relu

II. — Avoués, vidâmes

Les églises et les abbayes avaient des intérêts temporels à gérer et à défendre. On confia ce soin à des avoués et à des vidâmes. Les premiers ( advocati ) étaient préposés à la garde des monastères, les autres ( vicedomini ) étaient chargés de la protection des évêchés. À l’époque carolingienne, et encore parfois au XIe siècle, les deux mots avoués et vidâmes sont pris l’un pour l’autre et appliqués indifféremment à la même personne, ce qui ne se produit jamais plus tard. En général, les avoués sont de hauts barons, tandis que les vidâmes sont des seigneurs de médiocre importance qui dépendent plus ou moins de l’évêque.

A l’époque dont nous parlons, il y eut deux sortes d’avoueries dans les provinces françaises. L’une est plutôt un office qu’un fief, elle est exercée par un puissant seigneur, baron, comte, duc, ou roi. Pour s’indemniser des frais de garde, il jouit d’un domaine et des droits utiles qui y sont attachés. L’autre est un fief au pouvoir de modestes seigneurs qui se le transmettent par héritage et qui en vivent. Dans ce dernier cas, le noble qui prend le titre d’avoué a pour mission de représenter l'abbé en tant que seigneur féodal ; il plaide les causes de l’abbaye, devant le tribunal du comte ou du haut seigneur, et rend lui-même la justice, au nom de l’abbé, aux vassaux et tenanciers du monastère. L’abbé possède néanmoins son tribunal propre, et tient ses plaids auxquels l’avoué est obligé d’assister, quand il en est sommé par le seigneur d’Eglise. L’avoué représente aussi l’abbaye dans le duel judiciaire^ qui est interdit, en principe, aux ecclésiastiques. Il préside aux combats et peut lui-même être tenu de servir de champion, aux moines. C’est lui qui conduit à la guerre ses vassaux et les soldats de l’abbaye, sous la bannière du saint auquel elle est consacrée. Il reçoit les donations faites à l’abbaye, s’occupe de la haute gestion du domaine ecclésiastique qu’il est chargé de défendre.

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