I.XXVIII
D’abord, chaque monastère n’eut ordinairement qu’un avoué; dans la suite, il en prit autant qu’il avait de domaines importants à protéger. Un même prieuré ou domaine monastique pouvait être gardé par plusieurs avoués. En entrant en fonction, l’avoué prêtait serment et était investi par la bannière. Gomme revenu, on lui attribuait généralement le tiers des amendes, ce qui ne l’empêchait pas de prélever des redevances en nature sur les domaines abbatiaux et d’exiger, en certains cas, le gîte et la procuration.
Dès que l 'avoué se rend inamovible, il n’hésite pas à combattre ceux qu’il doit défendre. Il profite de ses fonctions pour se livrer au pillage et commettre nombre d’iniquités. 11 empiète sur la justice abbatiale, qu’il s’approprie, lève des redevances arbitraires sur les paysans, leur impose des corvées et des prestations, les cite fréquemment devant son tribunal, dévalise les marchands qui se rendent aux foires des moines. Si, pour se défendre contre ce faux protecteur, l’abbé choisit un autre avoué pour combattre le premier, ce remède est souvent pire que le mal. En effet, il ne tarde point à être victime de deux ennemis. Il est mieux avisé en recourant au pape et surtout au roi, qui le secourent dans son infortune. Quelquefois il passe un accord avec l’avoué et lui abandonne ses droits de juridiction sur les étrangers ou sur la moitié de ses sujets. L’abbé s’estime heureux quand il peut réduire ce personnage au rôle de simple commis, chargé d’exécuter les sentences de son tribunal et de saisir les délinquants. Mais voilà que ces tyrans se multipltent par l’apparition des sous-avoués (subadvocali, proadvocati, viceadvocati, advocati infeodali), établis dans un démembrement du domaine primitif. On réclame de toutes parts et on prend le parti de se débarrasser de ces gênants parasites en rachetant les avoueries.
A l’origine, le vidame était un ecclésiastique chargé de seconder l’évêque et choisi parmi les prêtres du diocèse. A l’époque de la féodalité, la vidamie devient une fonction laïque exercée héréditairement par un seigneur. Celui-ci détient, en
fief, la mission de garder les biens temporels de l’évêché, de représenter l’évêque au tribunal du comte, d’exercer, en son nom, au temporel, la juridiction épiscopale, de conduire les troupes de l’évêché à l'ost (à l’armée), de garder la maison épiscopale, après la mort de l’évêque, et de la protéger contre ceux qui prétendent à la dépouille. La seigneurie propre du vidame comprend d’ordinaire une maison située près du palais épiscopal et un domaine territorial dans la ville et la campagne.
Le vidame prélève, en outre, certaines redevances sur les habitants de la cité. Dans plusieurs contrées, le vidame, au lieu de rester subordonné à l’évêque, prend le titre de châtelain ou de vicomte , et s’arroge une part de la juridiction qu’il exerce en son nom personnel. Si les vidâmes n’ont point mérité tous les reproches que les avoués ont assumés sur leurs têtes, souvent ils ne se font point faute de participer, après la mort de l'évêque, au pillage de sa maison qu’ils auraient dù faire respecter1.
Les commendes.
Les monastères n’ont pas toujours été gouvernés par des religieux ; on a souvent trouvé à leur tête des laïques, des clercs, des évêques. On disait alors qu’ils étaient en commende. Cet usage était contraire au droit commun. Les papes et les conciles l’ont souvent condamné, sans pouvoir le faire disparaître entièrement. Léon X publia, l’an 1 5 1 4 » dans la neuvième session du concile qu’il assembla à Rome, un édit défendant de donner en commende des monastères habituellement possédés en règle, c’est-à-dire ordinairement présidés par des réguliers, à moins que cela 11e fut nécessaire pour le bien du Saint-Siège.
1. À.. Luchaire, op. cit. — Chardon, op. cit. — Guérard, op. cit.
Quant aux couvents généralement soumis à la commende, il ordonne de ne les attribuer désormais qu’à des cardinaux ou des personnages de distinction. Lorsque les commendataires ont une mense séparée de la mense conventuelle, il est décidé qu’ils doivent abandonner le quart de ces revenus monastiques pour l’entretien des bâtiments, des ornements et le soulagement des pauvres. S'il n’y a qu’une mense commune, le commendataire, après avoir acquitté les diverses charges, est tenu d’abandonner aux moines, pour leur subsistance, le tiers du revenu net.
Le même concile prescrit aussi de ne donner les monastères en commende qu’à des réguliers profès du même ordre.
Une maison, chef d’ordre, imposait à son commendataire l’obligation de faire profession, dans les six mois, sous peine de perdre son bénéfice.
L’abbaye de Saint-Germain-des-Prés demeura en commende jusqu’à la veille de la Révolution. Il est vrai que d’illustres personnages l’honorèrent de leur nom et de leurs bienfaits. Plusieurs même s’ingénièrent à encourager l’observance et à purifier la doctrine, surtout à l’époque où l’erreur de Jansénius avait pénétré dans ce cloître célèbre. Souvent les divers officiers dont il nous reste à parler trouvèrent en eux une bonté et déférence paternelles1.
Les offices monastiques.
A la tête d’un grand monastère bénédictin, comme Saint- Germain-des-Prés, se trouvait l’abbé. Ce prélat avait à son service un ou plusieurs chapelains, un copiste et un serviteur2. Au-dessous de lui venait le prieur, qui le remplaçait, en cas d’absence, de maladie ou de vacance. Il devait s’occu-
i. Piales, Traité des commendes, t. I, p. i5a, Paris, 1758.
a. Bib. nat., ms. fr. 30847.
per de tous les menus détails concernant l'administration intérieure du monastère. Il était secondé dans sa tâche par un prieur en second ou sous-prieur et un prieur en troisième, quelquefois même par un quart-prieur, un quint-prieur l.
Le prieur est appelé prior major ou prior claustralis, pour qu’on le distingue, soit des prieurs en sous-ordre qui se trouvent en l’abbaye, soit des prieurs chargés d’une obédience, d’une mission à l’extérieur et souvent désignés sous le nom de prieurs forains. Comme l’autorité du prieur était parfois gênante pour l’abbé, il laissait vaquer cet office, de temps à autre. L’évêque régional l’en réprimandait dans le cours de ses visites. Les statuts ecclésiastiques défendaient au prieur claustral d’accepter une obédience, une occupation au dehors. Ils lui interdisaient, comme à l’abbé, les chevauchées, les voyages inutiles et l’usage d’une chambre à part. Au XIe siècle, le prieur claustral portait, dans beaucoup de monastères, le nom de decanus (doyen), quelquefois de præpositus (prévôt), mais ces dénominations ont disparu des abbayes pour se conserver dans les communautés de chanoines.
Le chambrier. — Le chambrier ( chamarier , camérier , camerarius ) gérait, avec l’abbé, les finances de la communauté. La chambre ( caméra ) renfermait l’argent, les vêtements et les archives du monastère. On distinguait la caméra vestimentorum et la caméra calciamentorum. Le chambrier présidait aux distributions régulières des chaussures et des vêtements. Certaines abbayes avaient plusieurs chambriers. Il ne faut pas les confondre avec les cubicularii, serviteurs préposés à la chambre particulière de l’abbé. Le terme vestiarius désigne aussi le chambrier.
Le cellérier. — Le cellérier avait l’intendance de la cave et de l’office. Dans les monastères importants on trouvait le cellérier de la cuisine ( cellerarius coquinæ), et le cellérier du vin
i. Bib. nat., ms. fr. 20846, pp. 177, 182, i83, 192 ; ms. fr. 20847, PP- 26, 28, 32.
cellerariiis vini). Le grand cellérier ( cellerarius major), ordinairement un moine, avait à sa disposition des employés laïques qui portaient le nom de cellerarii.
Le cellérier du vin devait faire cultiver les vignes que le monastère possédait, surveiller les vendanges, la perception des dîmes du raisin et s’entendre avec le charpentier de la communauté pour mettre en état les cuves, tonneaux et pressoirs nécessaires. Durant toute l’année, ce cellérier était chargé de pourvoir le monastère de vin, qu’il donnait pur les jours de fêtes et d’anniversaires, et mouillait en temps ordinaire. Il lui était recommandé de ne pas fournir aux moines une abondance trop claire. Le cellérier devait aussi procurer de l’eau aux religieux. Il devait veiller à entretenir les fontaines de l’abbaye, à empêcher qu’elles ne fussent contaminées. Si l’eau venait à geler en hiver, il devait allumer de grands feux sous les robinets pour faire fondre la glace1.
Le sacriste, le trésorier, le chevecier.
Ces trois noms ne désignent pas toujours des fonctions distinctes ; ils sont quelquefois synonymes et visent le moine qui est chargé de l’entretien de l’église et des chapelles, de la garde du trésor, c’est-à-dire des objets précieux consacrés au culte,
i. Abbaye de Saint-Martial de Limoges, par Charles de Lasteyrie, A. Picard, 82, rue Bonaparte, Paris. — Le pitancier, le cénier, le réfectorier remplissaient une charge analogue à celle du cellérier ; ils s’occupaient plus ou moins de la pitance de la communauté.
Le pitancier et le cénier employaient les rentes qu’ils percevaient à acheter des denrées nécessaires à la nourriture des religieux.
Le réfectorier était placé sous les ordres du cellérier de la cuisine. C’était lui qui devait, avec l’aide d’un serviteur, mettre et enlever le couvert dans le réfectoire. Il garnissait les tables de divers condiments, comme le sel, l’huile et la moutarde. Il avait la garde de la vaisselle, des couverts et de tous les ustensiles. Quand les moines se servaient de cuillers argentées, le réfectorier les comptait soigneusement après chaque repas et les serrait ensuite dans une armoire.
tels que vases, ornements sacerdotaux, châsses et reliques. Quand il y avait plusieurs sacristains, le principal s’appelait sacrista major.
L’infirmier, l'hospitalier, l’aumônier
L 'infirmier se vouait au soulagement des religieux malades, qu’il recevait dans un local particulier. Grâce aux ressources qu’il possédait, il leur procurait un régime bienfaisant, propre à les remettre des austérités du cloître.
L 'hospitalier était tenu de recevoir et de nourrir, dans le bâtiment destiné à cet effet, les hôtes, c’est-à-dire les moines de passage, les pèlerins et tous ceux que diverses affaires appelaient à séjourner momentanément à l’abbaye.
L 'aumônier faisait distribuer aux pauvres, plusieurs fois la semaine, sinon chaque jour, les vieux vêtements des religieux, des vivres et les restes du réfectoire.
Il devait tous les huit jours parcourir la terre du monastère et chercher les pauvres malades. Si c’était des hommes, il entrait dans leurs cabanes et leur remettait des secours ; si c’était des femmes, il se tenait à la porte et envoyait son domestique vers elles, avec du pain, du vin et ce qu’il pouvait avoir de meilleur. C’était l’aumônier qui faisait balayer et joncher l’église et le cloître1. Dans quelques monastères, à certaines grandes fêtes, comme Pâques, la Pentecôte, il offrait à manger à tous ceux qui se présentaient. Quand l’abbé partait en voyage, pur attirer les bénédictions du ciel sur le prélat, l’aumônier donnait du pain, du vin, de la viande aux indigents.
Le bibliothécaire , le chantre. Ces deux fonctions étaient par-
i. Les églises étaient surtout jonchées de paille le jour de Noël et d’herbes odoriférantes le jour de l’Assomption. Les archives de Saint- Germaindes-Prés mentionnent çà et là la fourniture de ces matières comme une redevance féodale ou contractuelle. Cet usage est signalé dans Lebœuf (Histoire de Paris, t. III, p. ig4).
fois remplies par la même personne. Les bibliothécaires ( armarius ) et ses aides se trouvaient chargés de la garde, de l’entretien, du prêt et même de la confection des livres. Le grand chantre ( præcentor ) et le sous-chantre (. succenlor ) présidaient aux exercices du chœur et à tout ce qui concernait la liturgie.
Dans les communautés importantes, comme à Saint-Germain, l’abbé a un chapelain ( capellanus ) et un scribe (scriplor).
Si le monastère recevait des enfants devant se donner à la vie religieuse, on leur assignait un maître pour les surveiller et les instruire ( magister scholæ). Ces élèves ( alumni ) souscrivaient souvent les chartes abbatiales et leur signature venait après celle des sous-diacres.
Il serait superflu de parler des serviteurs ( famuli ), chargés des affaires temporelles du couvent, et de certains agents exerçant, au nom du supérieur, un pouvoir judiciaire, administratif et financier, dans les villages soumis à la communauté, comme vicaires ou maires. Nous avons signalé antérieurement les principales attributions de ces derniers.
Personnel monastique
La population monastique se compose de moines profès, de novices, qui se préparent à la vie religieuse, de convers engagés par des vœux, et d’oblats. On distingue plusieurs catégories d’oblats.
i° Les oblats qui ont été offerts à l’abbaye par leurs parents ou qui se sont donnés eux-mêmes avec leur famille et leurs descendants ;
2° Les serfs moines qui professent les trois vœux, portent la tonsure, une forme d'habit religieux et appartiennent corps et biens à la communauté.
Il faut ajouter à ce personnel plus ou moins affilié à la vie monastique les employés et gens de service et les enfants qu’on instruit.
Fondations. — Quand l’abbaye devient trop nombreuse, elle fonde un monastère nommé, au XIe siècle, celle, prévôté, obédience ( cella , præposilera, obedientia), et prieuré ( prioratas ), au XIIe siècle. Elle y exerce ses droits de visite, d’inspection et de haute surveillance, comme sur toutes les maisons filiales.
Pour administrer ses biens, elle établit au centre de ses propriétés des granges où elle envoie temporairement quelques religieux. Autour de ces bâtiments, parfois considérables, ressemblant à des forteresses et destinés à recevoir les animaux domestiques et le produit des récoltes, viennent habiter des paysans qui forment bientôt un hameau. Nombre de villages rappellent leur origine par le nom qu’ils portent1.
Fraternité, rouleau mortuaire. — Les communautés monastiques n’ont pas seulement entre elles des liens de filiation, de dépendance, elles ont aussi des liens d’amitié. Leur diversité d’origine ne les empêche pas de contracter une société d’assistance spirituelle et temporelle. Elles prient réciproquement pour leurs morts dont elles s’envoient, à un jour fixé, les noms écrits sur un rouleau de parchemin et promettent d’hospitaliser charitablement les religieux de passage.
Pour clore cette étude, nous avons cru utile de donner quelques explications sur la célèbre réforme qui fut introduite, en i63i, dans l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Accomplie en Lorraine, en 1600, elle passa en France et forma une congrégation, sous le patronage de saint Maur, premier disciple de saint Benoît. Cette congrégation comprenait six provinces qui portaient les noms de : France, Normandie, Bretagne, Bourgogne, Gascogne et Chezal-Benoît.
Avant i644, les monastères étaient gouvernés par des abbés et des prieurs, nommés prélats. Depuis cette époque, les supérieurs prirent le titre de prieurs.
1. Dépendances de Saint-Germain-des-Prés, 1. 1, pp. 53, 94, 214, 294; t. II, p. 123.
Avant i633, les chapitres généraux de Saint-Maur étaient composés de supérieurs et de conventuels. Dans la suite, les supérieurs du régime et quatre prieurs, par province, y prirent seuls part.
L’arrêt du 6 juillet 1766 dérogea à cet usage, en ordonnant que chaque diète provinciale députerait au chapitre général deux prieurs et deux conventuels. Depuis longtemps on représentait, peut-être non sans raison, qu’une assemblée délibérante formée exclusivement de supérieurs était exposée à couvrir des abus de pouvoir et à négliger les intérêts majeurs des communautés.
Avant i63o, les chapitres furent annuels. Cependant ils n’eurent pas lieu en 1620 et en 1629. A partir de cette époque, ils se tinrent tous les trois ans, excepté en 1732. La réunion capitulaire que les règlements réclamaient alors fut renvoyée à l’année suivante.
Le chapitre général se réunissait tous les trois ans, le jeudi de la quatrième semaine après Pâques, et dans le lieu que le définitoire avait fixé.
Il était précédé par l’assemblée de la diète provinciale. Prenaient part à cette réunion le supérieur de chaque monastère et un moine choisi par le couvent de cette même communauté. Le visiteur de la province s’y rendait aussi et y exerçait son droit de présidence et de contrôle. Ces religieux ainsi congrégés députaient deux prieurs et deux conventuels, ou simples moines, pour prendre part aux délibérations du chapitre général. Cette assemblée confiait ses pouvoirs à des définiteurs.
Avant l’année i645, un ou deux chapitres choisirent d’abord un définiteur par province, et prirent les trois autres indistinctement parmi les supérieurs du régime et les autres supérieurs députés. Depuis ce moment, on ne s’astreignit plus à nommer un définiteur par province.
Les définiteurs étaient tantôt 7, tantôt 8, et quelquefois 9. On pouvait élire comme définiteurs les quatre supérieurs du
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régime et un député par province. Depuis 1766, trois supérieurs du régime seulement entrèrent dans la composition du définitoire. Les définiteurs étaient au nombre de neuf. Pendant la durée du chapitre, toute l’autorité de la congrégation résidait dans ce corps ; c’est lui qui disposait de tout, au spirituel et au temporel. Le définitoire nommait les supérieurs du régime et des monastères, le dépositaire général et les procureurs en cour de Rome. L'arrêt du 6 juillet 1766 attribua aux capitulants le privilège de nommer le supérieur général et les assistants.
Le général pouvait être continué dans ses fonctions par tous les chapitres ; les assistants ne Pétaient que pendant six ans, les visiteurs, trois ans, dans la même province, les supérieurs, six ans dans le même monastère. En cas de nécessité, ces derniers pouvaient être continués pendant neuf ans.
Le régime comprenait le supérieur général, deux assistants, deux procureurs généraux, le dépositaire général et six visiteurs. Ceux-ci assistaient au chapitre général, présidaient la diète provinciale, corrigeaient les abus dans leurs visites et examinaient les comptes \
1. Il fut décidé au chapitre général de 1788 que les visiteurs exerceraient en même temps la charge de prieur dans quelque monastère de leur province. Le régime comprit alors le supérieur général, les assistants, les pro¬
cureurs généraux et le dépositaire général.
Le supérieur général avait aussi un secrétaire particulier.
Le régime comprenait vers 1768 :
Le T. R. P. Dom Boudier, Pierre, Fr., sup. gén . 65 ans
Dom Busson, assistant . 71 —
Dom Jourdain Claude, Maur, assistant . 69 —
Dom Arnault-la-Pie, Thomas, visit. de Chezal-Benoît . 62 —
Dom Viot, Jacques, visit. de Bretagne . 64 —
Dom Fourgeras de Chavaille, Victor, visit. de Normandie. . . 56 —
Dom Trouvain Et., Hyac., visit. de France . 52 —
Dom Crétu, Joseph, visit. de Bourgogne . 49 —
Dom Deschamps, Léonard, visit. de Toulouse . 49 —
Dom Dehen, J. -B., secrétaire dn général . 65 —
Dom Duélaud, Joseph, secrét. de Chezal-Benoît . 35 —
Dom Milon, René, secrét. de Bretagne . 44 —
Lxxxvm
Le régime résida ordinairement à l’abbaye de Saint-Germain. des-Prés, où il avait des appartements séparés, une table à part. Il payait pension pour chacun de ses membres.
Depuis 163g, les supérieurs généraux et les assistants n’acceptèrent plus la direction particulière d’aucun monastère.
La diète annuelle se réunissait chaque année laissée libre par l’absence d’un chapitre général. Cette assemblée, qui avait pour but principal de pourvoir au vacances des supérieurs et des professeurs, de corriger certains abus, se composait du supérieur général, des assistants, du dépositaire général et des six visiteurs. Elle se tenait, en règle générale, à Saint-Germain-des-Prés, le jeudi de la quatrième semaine après Pâques.
Les décrets d’un chapitre général n’avaient force de loi qu’après avoir été adoptés par les deux tiers des députés, et confirmés par deux chapitres consécutifs.
Le noviciat
Il y avait une année de candidature , candidat ou de postulat, une année de noviciat proprement dit, après laquelle avait lieu le ballottage et la profession. Après venaient une ou deux années de séminaire pendant lesquelles les jeunes profès, comme les candidats ou postulants, complétaient leurs humanités en se livrant à l’étude du latin, du grec, du français, de l’histoire. Les lundi, mercredi et vendredi, à la récréation, on devait
Dom Duriez, Léonard, Domin. secrét. de Normandie . 34 ans
Dom Mabillon, André, Louis, secrét. de Bourgogne . 43 —
Dom Grandidier, Jacq., Alex., secrétaire de France . 36 —
Dom Franc, Joseph, André, secrét. de Toulouse . 33 —
Officiers
Dom Le Marchand, Jacques, déposit. de la congrég . 63 —
Dom Yernet, Jean, proc. gén. au parlement . 59 —
Dom Coulon, J.-Bapt., proc. gén. aux conseils . 36 —
(Arch. nat. G9 3i-32).
Lorsque les visiteurs gouvernèrent un monastère de leur province, ils durent emmener avec eux leur secrétaire.
s'entretenir en latin des matières et sujets classiques. On consacrait une année entière à la philosophie, trois années à la théologie. L’année qui précédait le sacerdoce était employée à la récollection, à la spiritualité. Elle fut bientôt envahie par la révision de la théologie et l’étude élémentaire du droit civil et canonique. Devenu prêtre, le religieux s’adonnait aux sciences d’inclination ou à l’étude des langues orientales.
Il y aA^ait dans chaque province une ou deux maisons de noviciat. On y recevait des sujets de tout le royaume ; mais on excluait tout ce qui n’était pas regnicole. Chaque province comptait aussi plusieurs maisons d’études qui n’enseignaient pas toujours les mêmes matières, comme le montre la liste des professeurs qui ont enseigné à Saint-Germain*.
Nota. — Dans les Dépendances de Saint-Germain-des-Prés il est souvent question de colombiers. Les seigneurs semblent revendiquer le droit exclusif d’en posséder. Dès 1276, en Normandie, il fut défendu d’établir des colombiers en dehors des fiefs nobles. Suivant la coutume de Paris, les seigneurs hauts justiciers et les seigneurs non hauts justiciers possédant des terres de cinquante arpents d’étendue pouvaient seuls avoir des colombiers5.