Arch. nat. LL. 1024, p. 3o ; LL. 1026, 2” partie, p
2. A., K. i4, n” 5. — Bouquet, t. VIII, f. Ci. — Tardif, 11° 201. — Gallia Christiana, t. VII, p. 35, 2* col.
habendam cum omnibus ejus appenditiis atque circum jacentibus cum omni integritate, hoc est una cum terris, domibus, edificiis, acolis, acolabus, libertis, mancipiis, vineis, silvis, pratis, pascuis, aquis, aquarum decursibus, greges cum pastoribus, prediis mobilibus et immobilibus, ecclesiis... et quidquid presenti tempore iu supradicta villa Nantriaco que nostra possessio esse videtur.
En 868, il ne tient pas un autre langage, comme nous le montrent les lignes suivantes :
Memoratam villam Nintriacum, cum ecclesiis et reliquis ædificiis, cum familia utriusque sexus, cum terris quoque cultis et incultis, vineis, pratis, silvis, aquis aquarumve decursibus, molendinis, pascuis, egressibus et regressibus, cumque omnibus quæ dici aut nominari possunt eidem villæ pertinentibus, memoratæ sanctæ sedi Parisii præfatoque QEneæ episcopo, jure ecclesiastico æternaliter habendam restituentes reddidimus, reddentesque restituimus *.
Nous voudrions conclure que le prince carolingien rendit à l’évêque de Paris ce qu’il lui avait pris et donné ensuite aux Bénédictins; mais comment expliquer le retour de ce fief à Saint-Germain-des-Prés ? Enée aurait-il renoncé à sa terre de Naintré, après avoir reçu une digne compensation de la célèbre abbaye parisienne ? Tout cela est purement hypothétique et ne repose sur aucune preuve matérielle. D’autre part, nous devons avouer que, depuis 868, nul document ne nous parle du domaine que l’église de Paris pouvait avoir à Naintré. Ce silence ne serait-il pas un indice qu’il n’y possédait plus rien ? Si nous admettons que les terres concédées par Charles le Chauve à l’évê^ que de Paris et à l’abbé de Saint-Germain étaient distinctes, nous simplifions le problème sans le résoudre. On se demandera toujours, en effet, pourquoi cette dissette de renseignements sur la seigneurie de l’église de Paris. Le mot ecclesie ne s’oppose pas à cette seconde interprétation. Il peut désigner des chapelles, et nous savons qu’elles ne
i. Le Bulletin paroissial de Naintré, février 1908, affirme qu’Enée, évêque de Paris, donna le domaine de Naintré aux religieux de Saint-Germain-des-Prés. Un texte, une preuve vaudrait mieux que cette assertion qui me semble purement gratuite. De plus, pourquoi ce silence sur la première charte de Charles le Chauve? Le môme Bulletin continue (mars 1907) : Peu de temps après, les vicomtes de Châtellerault s’emparèrent de ce bien ecclésiastique. C’est durant le temps de cette usurpation que se trouve mentionné Audebert de Naintré (1120), le seul seigneur ancien de ce pays qui soit connu, car les Bénédictins de Saint-Germain exerçaient tous les droits seigneuriaux.
manquaient point dans la vaste paroisse de Naintré, avant que son territoire ne subît d’importants démembrements en faveur de Châtellerault, Turé, Colombiers et Cenon \
On nous permettra une dernière remarque, elle concerne la donation faite au monastère de Saint-Germain-des-Prés. Dans l’acte, ou plutôt la copie de l’acte constatant cette libéralité, car nous n’avons pas l’original, on a confondu les abbés Authaire et Ebroin, qui vécurent à plus d’un siècle d’intervalle. Faut-il nier pour autant l’authencité de cette charte ? Les auteurs de la Gallia chris tiana ne l’ont pas cru, puisqu’ils l’ont mentionnée. Et quand même ce document serait faux, on ne pourrait nier que l’abbaye de Saint-Germain avait des biens à Naintré, dès le commencement du XIIe siècle, comme le prouve une bulle pontificale de 1122 a.
Gauthier de Bruges signale dans son Pouillé que Saint-Denis et Saint-Germain-des-Prés possédaient un prieuré au territoire de Naintré 1 2 3 4 5. Suivant l’abbé Auber, ces deux bénéfices furent réunis et possédés par les Bénédictins de la grande abbaye parisienne jusqu’à la révolution de 1789 \
Nous lisons dans les archives du Poitou qu’un seigneur du pays, nommé Guillaume Gosselin, prit l’habit religieux à Saint-Cyprien et céda à ce monastère la moitié de l’église de Naintré et du revenu curial. Entre 1088 et 1100, Pierre, évêque de Poitiers, confirma cette donation \ D’où lui venaient ces droits ? Peut-être d’une inféodation.
En n3o, deux lettres de Guillaume, évêque de Poitiers, nous apprennent que les Bénédictins de Saint-Germain-des-Prés et de Saint- Cyprien se trouvaient en désaccord à propos des droits respectifs qu’ils avaient sur l’église de Naintré. Il est à présumer qu’un contrat définitif mit fin à ce différend et que les moines poitevins renoncèrent à leurs prétentions, car on ne les voit plus jamais intervenir 6.
Pour procéder avec méthode, nous allons examiner séparément les
1. Voir Pouillé du diocèse de Poitiers, par H. Beauchet-Filleau.