‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-PrésChapitre 59 sur 168 · Arch. départ, de la Vienne, Q2 liasse iG, n“ 3G · texte numérisé non relu

Arch. départ, de la Vienne, Q2 liasse iG, n“ 3G

mis à l’enchère, en l’absence des officiers municipaux de la dite paroisse, qui n’ont comparu, quoy qu’avertis, de se trouver au présant procès verbal d’enchères, par deux commissaires, à la charge pour l’adjudicataire de payer dans la quinzaine, à la caisse de l’extraordinaire ou celle du district, douze pour cent du prix de son adjudication, et le surplus, en douze annuités égalles, payables en douze ans, d’années en années, dans lesquelles sera compris l’intérêt du capital à cinq pour cent, sans retenue, et autres charges et conditions portées par le décret ci-devant.

A été enchéri par le sieur Gallet, à six mille sept cent quatre vingt cinq livres.

Le jeudi seize décembre, le temporel est mis de nouveau aux enchères, à neuf heures du matin. Ce jour, nouvelle absence de la municipalité de Nintré. Personne ne veut surenchérir.

Nouvelle séance pour les surenchères fixée au lundi 17 janvier 1791.

La municipalité, avertie par deux commissaires, de se trouver au procès verbal de vente, est absente.

Vente définitive

On allume les feux, un premier et un deuxième. Les biens sont portés par surenchère à 16.000 livres.

Le troisième feu allumé s’étant éteint, le sieur Jean Montaubin, juge de paix du canton de Vouneuil-sur-Vienne, demeurant à Nintré, étant le dernier enchérisseur sur le dit deuxième feu, est déclaré acquéreur, adjudicataire.

Ont signé : Montaubin, Faverotte, curé de Naintré, procureur de la commune, Chasseloup, Chesneau, Latouche, Gallet, Paillé, Duchamp, secrétaire.

Le corps municipal de Naintré mérite un éloge spécial. Réprouvant le vol sacrilège de biens appartenant à une communauté, il refuse d’assister et de prendre part à la vente de ces immeubles. Il est regrettable pour l’honneur de cette commune que les sieurs Faverotte et Montaubin n’aient pas compris cet exemple. Le premier n’a pas craint de s’abaisser aux pires compromissions et de manquer ainsi à sa dignité de prêtre et à sa vocation de religieux. Quant au second, il s’estima heureux de gagner les faveurs du nouveau régime et de

s'engraisser aux dépens de nobles victimes que la révolution sacrifiait à son aveugle fureur. Je présume que la Providence n’a point béni la famille de cet odieux vampire.

Il existait à Naintré une chapelle connue sous le nom de chapelle des Blondeaux. Bien qu'elle ne figurât point dans le domaine de Saint- Germain-des-Prés, il sera utile de signaler la vente des biens qui lui appartenaient. Du reste, les prieurs de Naintré ont dû parfois les administrer.

Chapelle des Blondeaux

Je soussigné Jacques, René Deschamps, huissier royal à Chatellerault et y demeurant paroisse de Saint-Jean-Baptiste, déclare être dans l’intention de faire l’acquisition des domaines nationaux dont la désignation suit :

La chapelle Blondeau, sittuée paroisse de Nintré, qui a été affermée à Pierre Dubreuil, moyennant 18 livres, et à présent, à moitié, par François Petit, demeurant ditte paroisse de Nintré, consistant en :

i° Une pièce de terre, située au carroy Belliard, contenant 18 boissellées, ou environ, en Yarenne, joignant à la forest de Chatellerault, estimée 56 livres ;

2° Deux autres boissellées, ou environ, de terre varenne, sittuées à la Maison Vieille, joignant à la terre de la cure de Naintré, estimées 20 livres ;

3° Trois autres boissellées de varenne ou environ, situées au lieu appelé Létang, joignant, d’une part, à la terre du prieuré, et d’un bout au chemain de Naintré à Baudiment, estimées 6 livres ;

4° Trois autres boissellées, ou environ, sittuées au Serizier noir, joignant, d’un bout, à la terre de la veuve Phelipon, et d’autre, à celle de la cure de Naintré, d’autre, à celle de monsieur Laroche-Toullon, estimées 24 livres ;

5* Un petit morceau de terre ou pré, situé dans l’Isle de Ré, contenant 3/4 de boissellées ;

6° Trois autres boissellées, ou environ, en prés sittuées dans la prairaie de Moussais, estimées 3o livres.

Tout lequel terrain est d’une très mauvaise qualité et calcul fait d’icelluy, en est trouvé le nombre de 29 boissellées 3/4, qui suivant

estimation se montent à cent quarente deux livres, qui forment de revenu annuel au denier vingt deux, quitte de toute charge, la somme de 7 livres, 16 sous.

Remarqué en outtre que la dite chapelle est sans baptismants, n’y vestiges.

Fait le 9 décembre 1790.

Estimation jaite le 5 janvier 17 91

Première mise aux enchères, jeudi, 17 février 1791, à neuf heures du matin.

Les enchères furent portées à 142 livres.

Deuxième adjudication, jeudi, 3 mars, 9 heures.

Il y a eu onze feux. Après l’onziesme feu, les biens sont adjugés à 715 livres, à François Doury, avoué du tribunal du district de Chatellerault, pour les sieurs Jacques René Deschamps et Jérome Roffay, perruquier, à Chatellerault 4.

On dit que la chapelle des Blondeaux s’élevait à la porte actuelle de l’église de Naintré ; elle relevait de la seigneurie de la Tour.

Admininistration spirituelle

Le prieur de Naintré avait le patronage de l’église paroissiale. Ce titre lui donnait droit à certaines redevances et prééminences honorifiques que le clergé local ne sut pas toujours reconnaître, comme nous le verrons.

Le 2a avril 1 443, messire Guillaume Moreain (?) et C. Fordegenoil (?) curé de Puisay (?), furent choisis comme arbitres et chargés de déterminer les justes prétentions du prieur et du curé de Naintré relatives aux

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