‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-PrésChapitre 67 sur 168 · Faire le vinage · texte numérisé non relu

Faire le vinage

porte et l’adjourna pour le 22 mars 1492, devant le juge ordinaire de Châtellerault.

Le jour suivant, i3 mars, Jehan Laurent, sergent royal, se rendit à Naintré, auprès de messire Roux Moreau, prêtre, et Guillaume Voir, procureur de la fabrique de l’eiglise paroissiale, commissaires ordonnés autrefois à garder certaines reliques. Parlant à leurs personnes, il leur fit commandement de bailler au dit de Puigiraud les reliques ou ossements qui leur avaient été confiés en garde. Le dit Roux répondit qu’il n’avait eu qu’une fois deux ossements et qu’il les rendit aussitôt au dit Voir dont il les avait reçus. Il les avait demandés pour faire du vinage (?). Le dit Voir se transporta avec le sergent à l’église de Naintré. Il dit au sergent qu’il avait deux ossements de reliques enfermés dans un coffre, qu’il ouvrit incontinent. Il voulait les prendre et les bailler audit sergent, lorsque survint messire Mathieu Richard, lequel par force print les dits ossements de reliques qui estaient enveloppés en soye de papier, oultre le gré et volunté des dits procureur et Roux, en jurant et blasphémant Dieu qu’il ne les baillerait à quelconques personnes. Il voulait les emporter par force et, de fait, il les eust emportées, nonobstant les dits commandements par le sergent à lui faits, si n’eust esté le sergent susdit et autres qui estoient présents à luy oster les ossements lesqueulx furent baillés entre les mains du dit Voir. Ce dernier les remit à Jehan de Puigiraud, auquel ils avaient esté adjugés. L’ung d’iceulx ossements avait de long ung doiz ou environ, et l’autre, trois doiz de long ou emviron. Jehan de Puigiraud les tint pour receus. Il observa aux dits Voir et Roux qu’il devait avoir trois ossements et qu’il lui en fallait encore ung.

Ceux-ci lui répondirent qu’ils n’avaient eu en veu que les dits deux ossements, que leur avait baillés messire Jehan Boudault, prestre, lors curé de la dite église de Naintré. Parmi les personnes citées comme présentes, nous remarquons les noms de Jehan Merichon (?), Guyon, de Puigiraud, de messires Olivier, Grolon et Guillaume Ysoré, prestres.

Messire Marsault de la Brunye avait été adjourné, au 22 mars, 1492, devant le juge ordinaire de Châtellerault pour entendre tauxer les despens. Bien qu’il fît défaut, il fut condamné à 8 livres, 12 sols, 9 deniers tournois.

Cette somme devait être payée au prieur de Naintré dans les huit jours suivants. Le juge ordinaire de Châtellerault commanda au pre-

mier sergent sur ce requis d’exécuter la sentence, nonobstant toute opposition, 2 4 mars 1492 *.

Mathieu Richart, vicaire de Jehan Boudault, curé de l’église Saint- Vincent et Saint-Germain de Naintré, avait causé un grand scandale. Le prieur, Jehan de Puigiraud, comme ses prédécesseurs, depuis 100 ans et ultra, jouissait du droit de prééminence pour célébrer dans l’église de Naintré. Il pouvait présider les offices, aussi souvent qu’il le voulait, les offices des saints comme des morts. Il avait dans ces cérémonies l’honneur de chanter la neuvième leçon. Le soir de la vigile des apôtres, Pierre et Paul, il s’acquittait de cette fonction, lorsque Mathieu Richart lui arracha le livre d’entre les mains et l’emporta. Il accabla le prieur d’injures et d’insolences.

Cité à comparaître devant Arthur de Vaudetar, licencié in utroque jure, doyen de la collégiale de Saint-Marcel, chantre et chanoine de l’église de Paris, vice-gérant de vénérable Père en Dieu, l’abbé de Sainte-Geneviève, de l’ordre de Saint- Augustin, juge désigné par le saint siège avec d’autres collègues pour faire réparer les injustices commises envers les religieux de Saint-Germain-des-Prés, il fut condamné à payer 5o livres d’amendes à Jehan de Puigiraud. Il avoua sa -aute et reconnut lès privilèges du prieur, qu’il promit de respecter à l'avenir (10 avril 1492)1 2.

Dans un aveu du 16 octobre 1493, nous lisons que mess ire Sigougneau, Signoureau ou Sigougneau était chapelain d'une stippendie fondée par Seguin de Puigiraud, en son vivant chevalier, seigneur de la Brosse. Il en bailla une déclaration aux commissaires des francs fiefs et nouveaulx acquetz dans le pays et conté du Poictou : Guillaume Pacy, Jacques Pasquier et Guillaume Duvergier, licenciés en loix, conseillers et maistres des requettes de l’oustel du roy.

Elle comprenait :

1 . — Une pièce de terre contenant dix boisselées de semence. Elle touchait aux terres du seigneur de la Brosse.

2. — Une autre pièce de terre de 10 boisselées tenant aux boys de Gilles de Jouy.

3. — Une pièce de vigne de huit journées d’hommes tenant à l’oustel du seigneur de la Brosse.

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