Id., S. 2969, registre
et de saint Seran l. Les lettres garantissant leur authenticité lui en réservaient la garde. Depuis plus de 3o ans, le prieur les mettait luimême sur les aultiers, aux services et jours de fêtes, et les retirait ensuite, pour les renfermer sous clef. Lorsqu’elles avaient été exposées à l’église pour satisfaire la dévotion des fidèles, on était obligé de les lui rapporter. Ces reliques reposaient dans un beau vaisseau d’argent, que Jehan de Puigiraud avait payé plus de dix francs. Comme il l’observait avec justesse, si elles n’avaient pas été sa possession, il se serait bien gardé de faire cette dépense. Frère Jehan Chuppin, qui demeurait avec le prieur, avait donné les reliques à beser et fait le vinage 2. Cité d’office, pour ce fait, sur l’ordre de messire Philippe Lebeau, il en fut licencié et absous. Cet acquittement prouvait bien que les reliques appartenaient au prieur. Celui-ci avait droit à la moitié des offrandes qu’on faisait en leur honneur, et en l’honneur des reliques de saint Germain se trouvant en la chapelle de Clanay (?). Le curé Boudault et son vicaire les prirent un jour qu’elles étaient exposées sur le grand autel de l’église paroissiale. De leur autorité privée et avec irrévérance de Dieu et de ses saints, furtivement et au desceu du prieur, ils les mirent hors des chasses d’argent et celles de la chapelle de Saint-Germain de Clanay, hors des bois où elles étaient enchâssées, et les emportèrent. Jehan de Puigiraud formula une complainte judiciaire et demanda que la main du roy mise sur les reliques fut ôtée à son profit. Il réclamait aussi des dommages et intérêts. Le 5 novembre 1491» jour où il devait comparaître, Jehan Boudault vint déclarer qu’il n’était plus curé et qu’il avait pour successeur messire Marsault de la Brunye. Macé Boucher, sergent du bailliage de Naintré, adjourna celui-ci pour le i4 janvier 1492, mais il fit défaut. Il ne se présenta pas davantage 1 5 jours plus tard. Le 10 mars, la court maintint Jehan de Puigiraud en la possession des reliques et débouta de la Brunye de toute défense.
Le 12 mars, Léonart du Planche, sergent ordinaire en la sénéchaucée, en Poictou, se transporta en l’hostel et domicilie de messire Marsault de la Brunye, demorant en la paroisse de Sainct e-Triayze de Poictiers, cuidant illec le trouver et appréhender en sa personne. Ne l’ayant pas rencontré, il laissa une cédule écrite de sa main qu’il afficha contre la
1. Saint Thuriève = Thurial, Saint-Seran (un os que les cirurgiens appellent
fercula).