‹ Les dépendances de l'abbaye de Saint-Germain-des-PrésChapitre 73 sur 168 · Ibid. (1871-1873), p · texte numérisé non relu

Ibid. (1871-1873), p

3. Lalanne, t. I. Pouillé du diocèse de Poitiers, par Beauchet-Filleau, p. 3a8.

pèlerins en main, pour indiquer que le pèlerinage à son tombeau est un des plus célèbres *.

Les registres paroissiaux de Naintré, conservés à la mairie, signalent quelques événements dignes d’intérêt :

Les i5, 16, 17 et 18 d’avril i5g5, il fit un tel froid avec neige que ceux qui avaient l’âge de 80 ans s’étonnaient grandement d’autant qu’ils n’avaient jamais vu un tel temps. Le bled en souffrit et dessécha tout à coup.

Le jeudi 19 juillet 1598, sur le couché du soleil, il fit une tempeste et un orage si grand que les fruits furent gastés et les églises endommagées,

Le quinzième jour de janvier mil six cent troys fut démassonnée la grande porte de l’église de céans, laquelle avait été bouchée, en l’année mil cinq cent soixante neuf que l’armée des seigneurs conduite par Gaspard de Colligny, admirai de France, assiégea Poitiers et fut devant la dicte ville, sept semaines et n’y fit rien. Aussi, elle s’en alla et leva le siège, la vigille de la Nativité Notre-Dame, et les portes qui sont à présent ont été faites à la diligence de Gilles Dasnières, curé de la dicte église, lequel les a prys au rabays, à la somme de quinze livres et les a faict faire à Mathurin Babin.

Le k février i6o3, fust espouzé Charles Texier avec Symonne Bourreuil, en la chapelle de la Tour Savary, avec permission, à cause du froict qui estoit si grand que la rivière du Glain estoit gelé de telle façon qu’on la passait sans basteau.

Le 29 août 1596, on fondit la petite cloche qui fut baptisée le ier septembre. Elle fut appelée Marguerite. Le parrain fut Charles Levrault, écuyer, fils aîné du seigneur de Naintré, et la marraine Charlotte Berruyer.

En 1662, le curé, Claude Minot, fait faire les balustres de l’église pour 20 livres, refaire les deux degrés du grand autel.

Le tableau du grand autel a coûté 20 charretées de bois du simetière, c’est à dire : 4o livres.

Le tableau de saint Pierre et saint Paul a coûté i5 livres.

Les balustres ont coûté le même prix.

L’autel de la Vierge fut fait par données en 1666 et coûta environ 3o livres.

1. Commission des Antiquaires de l’Ouest. Revue 8, année i858.

En 1668, le même curé fit élever le grand autel de 3 pieds. Le travail fut couvert par données et coûta environ 35 livres.

De nouvelles réparations furent faites à l’église en 1724 et les années suivantes.

Le 20 septembre 1741, une sentence du lieutenant général de Châtellerault décida que tous ceux qui levaient des dîmes dans la paroisse de Naintré contribueraient aux réparations du chœur et du clocher.

Entre temps, le 21 janvier 1730, M. Patarin, curé de Naintré, délélégué à cet effet par Mgr l’évêque de Poitiers, avait béni la chapelle de de la Tour de Naintré.

Saint Vincent était le patron de l’église de Naintré; une circonstance lui adjoignit saint Germain. La peste ravageait le pays et le curé de l’ancien Saint-Germain refusa le service que son titre de pasteur le contraignait de remplir. Mercenaire, il fuit le danger. Alors, le curé de Naintré, surnommé M. Patarin, se dévoua pour un troupeau qui n’était pas le sien. En reconnaissance de cet acte de vertu, ce que l’on appelle l'ancien Saint-Germain, situé près de Ghâtellerault, à une demi-lieue de la ville, se donna à la paroisse de Naintré et fit au curé une rente de 60 boisseaux de blé, qu’on paya tant qu’on n’omit pas de célébrer la fête de saint Germain.

Le village de Salem, situé au-dessus de la paroisse de Colombiers, fut afïligé du même fléau. Comme le curé avait pris la fuite, ce village se donna à Naintré (1719-1751).

Un monsieur de la Baste demanda l’établissement d’un vicaire pour desservir la chapelle du village de Saint-Germain qui dépendait alors de Naintré. Le curé, M. Caillault, s’y opposa parce que les revenus de la cure n’auraient point suffi à l’entretien du curé et de ses deux vicaires. Il fit remarquer que Saint-Germain n’était qu’un village de dix ou douze feux dont les habitants ne souffraient guère de l’absence d’un vicaire, attendu que le curé allait y faire les catéchismes et autres instructions.

En 1742, le 27 décembre, dame Françoise-Marguerite Doux, épouse de François Courault, chevalier, seigneur des Bordes, donna à l’église de Naintré une magnifique écharpe pour les bénédictions du Saint- Sacrement. Cette donation fut consignée par le curé dans le registre des actes paroissiaux.

En 1753, Gabriel Lasseron, curé de Naintré, fit don à son église d’un tabernacle qu’il avait sculpté lui-même. On a retrouvé derrière

ce tabernacle, en 1881, une pancarte mentionnant cette donation.

On aimait à posséder un carillon à Naintré. D’abord il n’y eut qu’une cloche ou du moins on fondit une petite cloche en 1596. Le 22 décembre 1671, le curé, M. Minot, délégué par l’évêque de Poitiers, en baptisa deux autres de minimes dimensions. La plus grosse portait les noms de ses parrain et marraine : Charles Tiercelin, chevalier, marquis de la Roche du Maine, seigneur du Fou, de la Brosse, etc., et haute et puissante dame Marie-Gabrielle Bonnin de Messignac, veuve de haut et puissant seigneur François de la Braudière. La petite eut pour parrain Léon Touet, écuyer, seigneur du Feu et des Bordes, et pour marraine Marie Focon, représentée par Jeanne Ragot.

Enfin, en 1786, eut lieu un baptême de cloche. Les détails nous sont fournis par l’acte qui en fut dressé.

Il est ainsi conçu :

« L’an 1786, le ier novembre, a été bénite en cette église de Naintré, par moi, dom Augustin Mazet, religieux bénédictin de l’abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers, la troisième cloche de cette paroisse, qui a été nommée Louise, par très haut et très puissant seigneur, messire Louis Nicolas de Pérusse des Cars, marquis de Pérusse, lieutenant général des armées du Roi, et par très haute et très puissante dame Adélaïde- Louise-Félicité Chapon de Yerneniol, épouse de très haut et très puissant seigneur, messire Charles Gabriel-René Dapellevoisin, marquis de la Roche du Maine, maréchal des camps et armées du Roi, en présence de Claude Faverotte, curé de la ditte paroisse, tous soussignés avec moi. »

Nous arrivons au temps malheureux de la Révolution.

Le 2 décembre 1792, la communauté de Naintré s’assemble en l’église, renouvelle la municipalité et nomme président : le curé, citoyen Claude Faverotte. Le maire fut René Montaubin.

Le 9 pluviôse, l’an 2e de la République, le citoyen Faverotte, ci-devant curé de la commune de Naintré, déposa devant l’agent national du district de Châtellerault, les objets du culte, un calice avec sa patène, un ostensoir, un ciboire, une petite custode, le tout en argent, plus, deux croix, un encensoir, une lampe avec son chapiteau, un petit bénitier, 3 petits chandeliers, deux petites assiettes d’étain avec deux burettes et deux boîtes à huile, un crucifix en bois, le christ en cuivre, le tout provenant de la ci-devant église de Naintré. Il faut avouer que le pasteur de cette infortunée paroisse oubliait sa mission

pour livrer à des mains sacrilèges les objets précieux et cultuels qui lui étaient confiés. Nous ne savons ce que devint ce malheureux traditeur.

Prieurs de Naintré

i i5a Hécelin. — Lambert, moine de Naintré. i355 Etienne Tumbarelli.

1396 Nicolas.

i4o6 Jean Belin.

i453 Jehan de Puigiraud.

i5i3 Guillaume Guerry.

i53i Antoine Roque, prieur commendataire. i533 Guillaume Andrault, protonotaire apostolique, seigneur de Langeron.

1 545 François Ledoux.

i555 Jean de Fontenay.

1 563 Pierre de Fontenay.

i6o3 Philippe Laurent, prieur de Saint-Germain-des-Prés et de Naintré.

1617 Zacarie Corbon, procureur de Saint-Germain-des-Prés et prieur de Naintré.

1676 Robert de La Marre, prieur de Naintray *.

Curés de Naintré

F. Jamon.

Jehan Boudault.

Marsault de la Brunye.

J. Roullevin.

André Davaille.

Hilaire Dasvières ou Dasnières.

Pierre Ratault.

Pénigault.

Claude Minot.

Emmanuel Caillot.

François Patarin.

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