JONZAC
(Joenzac, Joenzazinsis vicaria, Joviniacum, Junctiacum,
Jonzacum). (
(Départ. Charente-Inférieure)
L’abbaye de Saint-Germain-des-Prés possédait un fief à Jonzac et aux environs. D'où lui venait cette dépendance ? M. de Cugnac, dans son étude sur Jonzac et Ozillac*, pense qu’elle faisait jadis partie du domaine de l’illustre maison de Lusignan. Un membre de cette noble famille, vraisemblablement, Hugues IV le Brun, le plus connu pour ses libéralités envers l’église, abandonna aux Bénédictins une partie de ses terres dans la haute Saintonge. Gomme M. de Cugnac ne cite aucun texte, ni aucun document pour attester ce qu’il avance, son opinion ne mérite qu’une créance limitée. Dubreul, qui écrivait à la fin du XVIe siècle, raconte qu’un abbé de Saint-Germain, Irminon, contemporain de Charlemagne, construisit l’église de Saint-Germain de Lusignan, en Saintonge, dans laquelle il enterra Gauthier de Lusignan et plusieurs autres guerriers, tués par les Sarrasins. Il ajoute que Charlemagne, pour récompenser cet acte de piété, lui donna tout le territoire situé autour de Lusignan, qui forma depuis la châtellenie de Jonzac. M. Longnon1 2 croit qu’on ne peut admettre ce récit, vu son origine suspecte. 11 est en effet emprunté à un chroniqueur Saintongeais, interpolateur du pseudo-Turpin, ou d’une histoire attribuée à Turpin, archevêque de Reims et imprimée en 1527 3.
Dubreul dit encore qu’Irminon inféoda Jonzac à son neveu, à la charge d’en faire hommage à l’abbaye et de payer à celle-ci i3 couteaux de table, sans gaine, avec une peau de cerf tannée et corroyée, pour couvrir les livres de chœur 4.
Guérard (dans ses prolégomènes, f° 918) constate que Mabillon, en ses Annales, n’a pas jugé à propos de mentionner ces faits qui, depuis,
1. Bertrand de Cugnac, Etude et Documents sur Jonzac et Ozillac, vol. in-8°. Noël Texier, La Rochelle, 29, rue des Saintes-Claires, 1893.