Chronique de Turpin, f. 1/4, nas. latin 7G28, f
4. Dubreul-Aimoin, édition d’Aimoin, De gestis Francorum, p. iZ’j.
ont été recueillis par Dom Bouillart*, et l’auteur de la Gallia christiana 1 2.
Si nous ne connaissons pas d’une manière certaine la provenance du fief de Jonzac, nous pouvons affirmer qu’il appartenait aux Bénédictins dès 1073, comme le montre un aveu de cette époque ainsi conçu : « Guillelmus de Rupe fecit homagium, domino Petro, abbati Sancli Germani de Pratis, de Castro Joncyaco, in presentia Philippi regis, astante Hugone Magno 3. »
Ce noble seigneur ajoutait à son nom le titre de Chandry ou Andry. S’il faut en croire un récit plus ou moins fondé, un membre de sa famille avait pris parti pour Emenon, comte d’Angoulême, dans une guerre qu’il faisait à Candericus, comte de Saintes. Ayant élevé un château fort, en 866, il le dénomma : Rupes Canderici, d’où les de la Roche Andry ou Rochandry tirèrent leur nom 4.
D’après la Gallia christiana, Guillaume Gardrade, qui fut évêque de Saintes, de 1127-1140, aurait été le fils du seigneur de Jonzac. Cette affirmation n’est pas admissible. Sans conteste, les Gardrade étaient puissants dans la contrée. Ils avaient fondé, en 1002, l’abbaye de Bassac 5 ; au XIIe siècle, ils étaient seigneurs de Mosnac et leurs possessions s’étendaient jusqu’auprès de la ville de Pons. Un d’entre eux, surnommé Barbotin le Vieux, est qualifié : « Pontensis castri miles nobilissimus », ce qui semble le désigner comme vassal du sire de Pons. Lui et ses descendants firent des libéralités à l’abbaye de Saint-Florent de Saumur, mais nulle part la châtellenie de Jonzac n’est indiquée comme ayant fait partie de leur domaine. Suivant les archives historiques de Saintonge et d’Aunis et l’abbé de Cugnac, Guillaume de la Roche, quatrième du nom, serait mort en 1275. De 1073 à cette époque, on compte 202 années révolues, et en partageant le temps également entre ces divers seigneurs, on doit conclure que chacun a gouverné son fief pendant cinquante ans, au moins. Cet exemple de longévité successive peut surprendre. N’étant pas en mesure de contrôler mathématiquement ce fait, je me contente de le signaler. On ne m’en voudra pas de suivre l’ordre indiqué par de nobles érudits vivant sur les lieux.
1. Bouillart, Histoire de V abbaye de Saint-Germain-des-Prês, f. a3.